La démographie, plus forte que la Constitution

Les Québécois sont nombreux à se demander pourquoi, malgré la loi qui fait du français l’une des deux langues officielles du Canada, les autorités fédérales ne semblent guère enclines à exiger des candidats aux plus hautes fonctions du pays qu’ils soient bilingues. […]

L’explication est simple. Comme se plaît à répéter mon perspicace confrère Dave Foot, de l’Université de Toronto : « La démographie explique les deux tiers de n’importe quoi. » Au Canada, hors du Québec et de l’Acadie, il n’y avait en 2016 que 1,3 % des jeunes adultes de 25 à 34 ans (la génération de l’avenir) qui parlaient français régulièrement à la maison. En Ontario, c’était moins de 2 %. Les Canadiens étaient plus nombreux à parler, par exemple, le tagalog, le pendjabi ou le mandarin.

Le rêve d’un pays bilingue caressé par le premier ministre Trudeau père a beau avoir été formalisé par sa Loi sur les langues officielles, il s’avère complètement déconnecté de la réalité concrètement perçue par la population canadienne vivant hors du Québec et de l’Acadie. La population francophone du Canada est microscopique et, par conséquent, son influence politique et médiatique y est… microscopique.

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