L’AMM n’est pas un suicide assisté

Je suis outré par la lettre du docteur Mathieu Brouillet parue le 30 mai, qui amalgame l’aide médicale à mourir et le suicide (« Du suicide assisté », Le Devoir). L’AMM est un soin qui permet à une personne de mettre fin à ses souffrances quand la médecine est impuissante à les soulager. Pour y avoir droit, une minutieuse évaluation est faite.

J’aurais apprécié que le Dr Brouillet mentionne ses solutions pour redonner de l’espoir lorsqu’il n’y en a plus depuis un bon bout de temps. Ses solutions, en alternative à l’abandon, sont probablement chimiques, donnant de faux espoirs et rendant les gens zombies. J’ai une grande admiration pour les médecins qui prodiguent avec humanité et compassion l’AMM.

Je vis depuis 25 ans avec une forme progressive de sclérose en plaques. On s’est avec le temps apprivoisés, tous les deux. J’espère ne jamais devoir recourir à l’AMM, car ça voudrait dire que je serais dans un état déplorable. Je me souhaiterais alors d’être bien entouré et soutenu par une équipe multidisciplinaire dévouée et déterminée à respecter mes dernières volontés. Je n’ose imaginer ce que le Dr Brouillet pourrait m’offrir.

Que dire à une personne souffrante qui, après une longue lutte et de nombreux revers, épuisée, a senti la détresse morale s’installer à demeure ? Une détresse profonde à l’âme. Que faire devant cette personne, sinon entendre sa demande et la respecter ? Les mots perdent leur sens, désorientés devant l’insolence. La vie s’est depuis longtemps enfuie. Cette personne réclame notre humanité.

À voir en vidéo