Les preneurs d’otages de millions de citoyens

Brian Myles, directeur du Devoir, termine son éditorial du 29 décembre par une constatation juste et lapidaire : « Ceux qui refusent la vaccination […] devraient être amenés à assumer les pleines conséquences de leur décision. » Or, dans les faits, quelques milliers de personnes irresponsables ont pris en otages des millions de leurs concitoyens et sont insensibles aux appels à la vaccination. Rien à faire : ils triomphent. Pour plusieurs d’entre eux, il semble que ce soit la première fois de leur vie qu’ils ont une forme d’autorité — celle de refuser un vaccin — et ils ont décidé de l’exercer quelles que soient les conséquences. Que faire ?

Les autorités devraient peut-être consulter les policiers spécialisés dans les prises d’otages. Ils savent comment négocier, laisser traîner les solutions, souffler le chaud et le froid, affamer ces forçats et les contraindre à se rendre, morts ou vivants. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a affirmé le 28 décembre que ces non-vaccinés seraient sans doute contaminés par le virus de la COVID-19 dans les trois prochains mois. Lors d’une prise d’otage traditionnelle, il est rare qu’on accepte de laisser durer aussi longtemps l’événement.

Quelles sont donc ces « décisions très graves » auxquelles le ministre faisait allusion en indiquant qu’il fallait passer à l’action ? Imposer des frais d’hospitalisation aux non-vaccinés malades ? Rendre la vaccination obligatoire pour tous ?

À long terme, une solution me semble évidente : il faut une meilleure éducation et une meilleure information. Mais, à court terme, il faut trancher. J’imagine que les éditorialistes de notre presse nationale sauront suggérer des solutions.

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