Les lunettes roses

Dans sa très bonne chronique du 4 avril 2020 dans Le Devoir, Normand Baillargeon expliquait que le stoïcisme pouvait être d’une grande utilité pour faire face à la pandémie. Ce courant philosophique, qui était populaire dans le monde gréco-romain et qui revient en force depuis quelques années, n’est en effet pas qu’un ensemble d’idées abstraites.Il conduit à des exercices concrets pouvant aider à mieux faire face aux situations. L’un de ces exercices consiste à se projeter dans l’avenir et à imaginer les événements négatifs pouvant survenir. On est alors mieux préparé si ces événements surviennent effectivement.

Nos dirigeants devraient lire ou relire les stoïciens. Fin novembre dernier, des cas d’infections au variant Omicron étaient détectés un peu partout. En Afrique du Sud, le virus avait montré sa capacité à devenir dominant. Le dirigeant stoïcien se serait alors demandé ce que le nouveau variant pouvait impliquer pour sa société et aurait été plus à même de prendre les mesures préventives nécessaires. Au lieu de cela, nos dirigeants ont mis leurs lunettes roses et se sont mis à rêver à des festivités de Noël à 25 personnes. Ils n’ont pas cru bon d’accélérer la vaccination ni d’adopter des mesures susceptibles de limiter les
contacts entre personnes.

La suite, ce sont les événements dramatiques que nous vivons. Les stoïciens nous rappellent que le passé fait partie des choses qui ne dépendent pas de nous et qu’il faut donc accepter. Nous pouvons, en revanche, en tirer de bonnes leçons et aller de l’avant mieux préparés. Malheureusement, les événements des dernières semaines ressemblent trop à ceux des mois de février et mars 2020. Les lunettes roses sont restées à la mode au Québec.

À voir en vidéo