Mettre un point aux armes de poing

Il serait plus important de connaître les causes réelles de la hausse de la criminalité à Montréal dans certains quartiers, plutôt que d’apprendre par les médias que la présence policière sera augmentée, dans ces mêmes quartiers, pour assurer la sûreté des rues. Pour le citoyen lambda dont je suis, ce n’est pas très rassurant.

Les images honteuses, voire dégradantes, de l’intervention des policiers de Québec, le week-end dernier, n’ont rien de rassurant. Au contraire, elles sont dévastatrices sur le plan de la confiance des individus envers les forces de l’ordre. Non, je ne suis pas un expert en la matière, mais je pense sincèrement que ce n’est pas en augmentant la présence policière dans un quartier chaud qu’on résoudra le problème des violences armées, mais plutôt l’inverse. Cette violence augmentera dramatiquement, exponentiellement même avec le nombre d’agents présents sur le terrain. Ici, Paris, Toronto, Bruxelles en sont de parfaits exemples. Là où les forces policières gagnent en visibilité, ces mêmes violences armées prennent du terrain et étendent leur territoire à d’autres lieux.

On le sait, le dossier du contrôle des armes de poing est un sujet sensible dont aucun ordre de gouvernement ne semble vouloir s’occuper présentement. Pour quelle raison ? Le lobby des armes à feu est puissant. Récemment, on apprenait que plusieurs armes fantômes en circulation, dont le numéro de série a été limé, provenaient d’un réseau de contrebande des Forces armées américaines. Comment transitent-elles jusqu’ici ? Cette question de la circulation des armes à feu illégales dans les milieux criminalisés locaux est fondamentale. S’en procurer une semble aujourd’hui plus facile à obtenir qu’un rendez-vous avec son coiffeur. C’est à la source même qu’il faut identifier le problème, non pas quand un adolescent gît au sol victime d’une balle meurtrière tirée au hasard.

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