Le vacarme des souffleurs à feuilles

Qui n’a pas cherché à savoir d’où venait ce bruit intermittent et infernal, lors d’une simple promenade ? Pour ensuite découvrir qu’il provenait d’une seule petite machine qui se fait entendre dans tout le quartier : le souffleur à feuilles !

Bien sûr, nous sommes habitués à subir tous les bruits de la ville, la construction, les rénovations et les réparations. Ces travaux sont nécessaires mais habituellement temporaires. Mais devons-nous subir pendant pratiquement huit mois, semaine après semaine, année après année, un engin mal conçu qui pose des risques pour la santé en causant une nuisance sonore insupportable, sans compter la pollution qu’il génère ? En plein été, lorsqu’il n’y a que quelques feuilles au sol, on l’utilise pour nettoyer les allées, ce qui ne génère finalement qu’un nuage de poussière dans l’environnement à la manière d’un aspirateur utilisé à l’envers !

À Outremont, où j’habite, j’essaie, depuis quatre ans, de convaincre l’administration de réglementer son utilisation. À ce jour, rien n’a encore bougé.

Il existe bien un règlement qui, en principe, limite le bruit généré, mais la ville ne l’applique pas.

Un communiqué de la ville de Beaconsfield, en date du 3 juillet 2018, résume bien la situation :

« Les deux types de souffleurs (électriques et à essence) engendrent des niveaux de décibels bien supérieurs aux limites recommandées (55 décibels) par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Département de santé publique de Montréal (DSP). Les souffleurs à feuilles électriques génèrent en moyenne 80 décibels et ceux à essence, jusqu’à 115 décibels. À 15 mètres (49 pieds) d’un souffleur en usage, les niveaux varient de 62 à 75 décibels.

Leur soufflerie projette l’air à des vitesses variant de 240 à 450 kilomètres à l’heure. Ces jets d’air puissants et concentrés propulsent des particules jusqu’à dix fois plus fines que les seuils de 2,5 micromètres établis par l’OMS à partir desquels elles provoquent des maladies cardiovasculaires, respiratoires et des cancers. Ces particules ultrafines sont composées de matières fécales, de pollens, de spores de moisissures et de substances chimiques diverses (insecticides, herbicides, fertilisants, etc.). »

Qu’attendons-nous pour interdire ces appareils, ou du moins en limiter l’utilisation à certaines périodes de l’année, comme l’ont fait plusieurs municipalités ?

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