Acheter encore un « Quartalbo » cette année ?

Les livres gagnants ne sont pas nécessairement les meilleurs, tant s’en faut.

On l’a souvent dit, le pouvoir est plus à nu dans le monde des arts qu’en politique, plus sauvage, plus cruel, plus insensible. Les montées d’orgueil emportent la mise, les réputations se font et se défont selon les alliances souterraines, les réseaux complices. L’évaluation par les pairs a un effet pervers : les chapelles, les clans jouent des coudes et c’est au plus fort la poche.

La nomination des jurés est un moment clé. Dans le passé, on a trop souvent eu tendance à inviter comme jurés pour l’attribution des prix d’anciens lauréats, créant ainsi un système de retours d’ascenseur et d’échanges de bons procédés, ce qui explique en partie les résultats de la compilation du Devoir.

Le régime des bourses est plus juste, relativement il va sans dire. Ces programmes ont la bonne idée de se constituer des banques diversifiées de jurés qui, par leur éventail, permettent à plus de jurés indépendants d’accorder leurs votes avec moins de contraintes, échappant un peu à la peur de représailles d’un éditeur ou d’un écrivain connu.

Pour les jurys de prix, il faudrait établir une rotation parmi les 160 maisons d’édition pour une sélection plus objective. Le lectorat ne pourrait qu’y gagner, et les auteurs aussi.

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