En politique, nul n’est prophète en sa profession

La tradition veut malheureusement que des charges de ministre soient occupées par des personnes possédant une formation professionnelle compatible avec le poste. Ainsi, un député ayant une formation en médecine se voit nommé ministre de la Santé, alors qu’aux finances le profil économique est particulièrement recherché. Cette façon de faire n’a pas toujours été heureuse; pensons aux ministres de l’ère Charest avec le docteur Couillard et à son successeur Barrette qui ont dénaturé le système de santé québécois. Mais qu’en est-il aujourd’hui ?

Voyons quelques exemples au sein du gouvernement Legault. Si le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, avec son passé d’enseignant au primaire, est loin de faire l’unanimité dans le système scolaire, il en est autrement du ministre de la Santé et de la titulaire au Conseil du trésor qui pourraient souffrir du syndrome de l’imposteur. Ainsi, loin du profil attendu au poste de présidente du Conseil du trésor, ministère traditionnellement réservé au monde des finances, l’avocate Sonia LeBel a magistralement réglé les conventions collectives du secteur public avec un doigté remarquable. Il en est de même du domaine de la santé occupé par le ministre Dubé, qui assume un leadership exemplaire dans la gestion de la pandémie, lui qui n’avait jamais baigné dans les officines du monde médical et hospitalier.

Voilà des exemples qui tendent à démontrer qu’il est parfois nécessaire d’avoir un regard neuf dans la gouvernance de nos institutions, loin des intérêts corporatistes et professionnels qui viennent souvent occulter l’intérêt général de la population.

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