De révolution à souveraineté moins tranquille?

Depuis quelques années, il y a une affirmation nationale au Québec qui se traduit en une quête accrue de champs de compétence. Devrions-nous mieux la comprendre, sinon nous en inquiéter ? Plusieurs s’interrogent sur ce paradoxe du cumul des champs de compétence qui, en voulant nous affranchir, nous asservit à une bureaucratie centralisée à Québec de plus en plus envahissante et inefficace.

Oui, le diable est souvent dans le détail administratif, et le Québec n’en a pas le monopole dans sa relation avec Ottawa. Bien qu’il ne semble pas y avoir de complot fédéral pour nous empêcher de bien fonctionner, comment expliquer que tout aille mieux ailleurs au pays avec le pouvoir central, alors que tout va de mal en pis ici, dans nos champs de compétence les plus importants ? Ce ne sont pourtant pas nos fonctionnaires qui manquent, et ils pourraient bientôt comprendre le tiers des travail-leurs québécois. Alors que les systèmes fédératifs dans le monde établissent des liens de partage et des mécanismes pour assurer le bien commun, nous ne cessons d’y voir un empiétement, parfois même maléfique, sur nos champs de compétence traditionnels ou même futurs. À titre d’exemple, on assiste déjà à une forte mainmise étatique en santé, allant de la procréation à la fin de vie assistées, pourtant notre gestion publique n’a jamais été aussi malade, surtout dans ce champ à frais partagés énormes où les chevauchements et les dédoublements sont devenus la norme. Alors que nous voulons nous affirmer à tout prix et tout régir, la surbureaucratisation
serait-elle devenue un handicap qui nous appauvrit et tel qu’il met en péril toute velléité future de souveraineté ?

Comme Israël grignote le territoire palestinien depuis 70 ans et s’apprête à nous mettre devant un fait accompli, une stra-tégie visant à miner le pouvoir fédéral de dépenser s’avérerait gagnante si elle n’entraînait pas un coût économique et humain aussi déstabilisant et incapacitant. L’ennemi déjà entre nos murs, craindrait-on moins la souveraineté au Québec si la péréquation devenait un de ses champs de compétence ?

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