«Acta non verba»

J’en ai marre de me faire dire que c’est à moi de changer mes comportements !

Non pas que je ne veuille pas faire l’effort d’améliorer mon propre bilan carbone, mais je pose la question : à part de belles paroles, qu’ont vraiment fait les gouvernements depuis 30 ans que l’humanité court à la catastrophe, sinon encourager la croissance, soit le contraire de ce qu’ils auraient dû faire ? N’ont-ils pas, en particulier, signé des ententes aux conséquences désastreuses, faisant la part belle à des multinationales grandes émettrices de GES, désormais en mesure de contester juridiquement des décisions nuisant à leurs profits ?

Pourtant, tous les ordres de gouvernement disposaient (et disposent encore j’espère) de trois pouvoirs essentiels pour sauver la planète : pouvoir de légiférer, pouvoir de taxer et pouvoir d’emprunter. Ils auraient pu, depuis longtemps, réglementer pour induire des changements de comportements sur les importations, l’étalement urbain, l’implantation de mégacentres commerciaux, l’exploitation forestière, les codes des bâtiments, la taille des véhicules […], etc.

Ils auraient pu taxer les producteurs de combustibles fossiles (au lieu de les subventionner à coups de milliards), taxer (davantage) les combustibles fossiles, taxer les produits en fonction de leur taux d’émission de GES (de leur fabrication à leur élimination), taxer le camionnage au profit du ferroutage, taxer les produits de luxe ou inutiles, etc.

Ils auraient pu, enfin, emprunter davantage (en tout cas avant le COVID !) pour financer des projets de transport structurant et surtout la recherche et la mise en œuvre des solutions connues pour soit capter les GES, soit en limiter l’émission. Combien de ces projets dorment dans des laboratoires, faute de soutien ?

Le 22 avril, c’était le Jour de la Terre pour les gouvernements aussi ! Pour donner l’exemple, leurs actions doivent suivent leurs discours ! 

À voir en vidéo

5 commentaires
  • François Beaulé - Inscrit 28 avril 2021 10 h 08

    L'échec du libéralisme

    L'incapacité à se donner un projet collectif caractérise les politiques libérales. Il en résulte aussi une incapacité des gouvernements à planifier à moyen et à long terme. Ceux-ci se contentent de boucler le budget, de favoriser la croissance sans savoir où celle-ci nous mène et de chercher à se faire réélire en pratiquant le clientélisme. Autrement dit, les gouvernements libéraux se soumettent au marché capitaliste au lieu de le dominer.

    Plus profondément, l'adhésion à l'idéologie libérale repose sur une croyance en la liberté absolue de l'individu. Ce qui est une illusion. Devant les problèmes environnementaux qui s'aggravent et les inégalités sociales qui s'accentuent, les libéraux s'enfoncent dans leur idéologie en blâmant les individus. Suivent les incantations sur la responsabilité individuelle.

    Problèmes environnementaux qui mènent à la catastrophe et inégalités sociales criantes démontrent l'aliénation qui résulte d'une fausse croyance en la liberté individuelle. Regardez ce qui se passe actuellement dans le marché de l'habitation pour constater à quel point des millions de décisions individuelles rendent impossible la solidarité sociale. Chacun cherche son intérêt et le clivage s'accentue entre riches et pauvres.

    • Cyril Dionne - Abonné 28 avril 2021 14 h 00

      Bon, pour commencer à réduire les inégalités sociales, vous devriez donner au moins la moitié de tous vos avoirs aux gens des pays en développement tout de suite M. Beaulé. En plus, ce n'est pas tout, vous vous devez de pratiquer la simplicité volontaire de façon volontaire et non pas involontaire comme pour les deux tiers des habitants de cette planète. En passant, la simplicité volontaire implique un retour à un mode vie et aux valeurs du Moyen-âge, en tout cas, pour sa richesse. En fait, ce serait comme faire oeuvre de pauvreté et de chasteté (le dernier pour aider à réduire la population mondiale, le véritable fléau des changements climatiques) et vivre dans un monastère.

      Tout cela va à l’encontre de travailler moins pour gagner plus, plus de biens que de liens et plus aucune possession ostentatoire comme la voiture, la maison moderne, les meubles, la télévision, la 5G, les syndicats qui en veulent toujours plus pour leurs membres, les hôpitaux et les écoles tels qu’on les connaît. En bref, un pays au même niveau de développement qu’un pays du tiers monde. Là, ce serait nous qui deviendraient des migrants illégaux en terre d'Haïti. Mais ce serait difficile de trouver le chemin "Roxham" là-bas.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 28 avril 2021 10 h 34

    « Le 22 avril, c’était le Jour de la Terre pour les gouvernements aussi!» (Pierre Gastaldy)




    Oui, mais nous en sommes au 28 courant, les festivités du Jour de la Terre sont terminées; elles seront de retour l'année prochaine, en attendant nous nous attelons au développement économique

  • Cyril Dionne - Abonné 28 avril 2021 11 h 09

    Continuons de jouer à l’autruche

    C’est plus qu’une question de comportement. Sans la réduction de la population mondiale en plus d’une simplicité volontaire pratiquée pour tout et par tous, nous nous en allons tout droit vers un accroissement de la température à l’échelle de la planétaire de 3 à 4 degrés avant la fin du siècle. Les vœux pieux, soient les énergies supposément vertes (les énergies éolienne, solaire et de biomasse ont besoin des produits fossiles) ne suffiront pas, tout comme pour les marchés de carbone, de planter des arbres par milliards ainsi que pour les prières des nouveaux prophètes, Greta Thunberg et Dominic Champagne obligent.

    Ce qui n’est pas très réconfortant dans tout cela, Isaac Newton, le père du calcul intégral, du théorème du binôme, de la gravité universelle, de la théorie de la décomposition de la lumière et de la couleur, du télescope à partir de miroirs concaves et convexes et des trois lois universelle du mouvement, avait prédit la fin du monde pour 2060, ceci au 17e siècle. Les paris sont ouverts; faites vos jeux et rien ne va plus.

  • Christian Roy - Abonné 28 avril 2021 11 h 17

    Textes complémentaires

    Deux textes très intéressants font échos dans l'édition d'aujourd'hui à votre lettre M. Gastaldy: "Climat, pouvoir public et populisme" ainsi que "Il n'y aura pas de relance verte."

    Heureux de lire que Le Devoir met les préoccupations environnementales en valeur.

    Pertinent aussi l'article rapportant la course au fric des néo-investisseurs immobiliers dont l'enthousiasme a une qualité religieuse.

    L'examen de conscience en matière de viabilité de l'espèce humaine nous concernent tous, sur tous les aspects. En commençant par soi, il me semble.