Justice pour les lieux de culte

D’entrée de jeu, je tiens à dissiper toute ambiguïté : je ne suis pas pratiquant. Toutefois, eu égard aux nombreuses voix qui s’élèvent face aux mesures sanitaires actuellement exigées dans les lieux de culte, à savoir une capacité maximale de 10 fidèles en zone rouge, je ne peux que constater une forme d’injustice par rapport, notamment, à l’ouverture prochaine des cinémas, qui pourront accueillir jusqu’à 250 personnes.

Dans l’esprit des croyants, la satisfaction des besoins spirituels incarne la nourriture de l’âme, et particulièrement à l’approche de la fête de Pâques, qui est au cœur de la foi chrétienne en tant que symbole de la renaissance et de la résurrection du Christ. À mon sens, l’occasion serait donc idéale pour le premier ministre Legault et la Santé publique de rétablir l’équité et d’ouvrir les lieux de culte à un nombre de fidèles proportionnel à leur dimension.

On parle beaucoup, par les temps qui courent, de détresse psychologique. Peut-être serait-il temps pour les décideurs de se tourner aussi vers la détresse spirituelle, et de donner la chance aux « soignants du cœur et de l’âme » d’apporter le réconfort à leurs fidèles !

 
8 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 1 mars 2021 06 h 50

    Navrant!

    La façon dont le gouvernement Legault traite les lieux de culte révèle son indifférence, voire son hostilité, aux questions religieuses et spirituelles. Tout à fait navrant. Les médias sont en général de la même farine. Ainsi va un certain Québec.

    M.L.

  • Danièle Jeannotte - Inscrite 1 mars 2021 09 h 30

    Comptez-vous chanceux

    Je croyais que Dieu était partout et si tel est le cas, rien n'empêche les fidèles de le prier chez eux, en privé. Bien sûr, il manquerait la communion des âmes mais tout le monde est privé de quelque chose depuis le début de la pandémie. Et les groupes religieux peuvent toujours se consoler en pensant qu'ils n'ont pas besoin de payer d'impôt. En cette période de déclaration de revenus, qui peut en dire autant? Compte tenu de cette disposition fiscale qui constitue l'un des plus immenses scandales dont personne ne parle, la complainte des groupes religieux et de leurs membres me laisse complètement indifférente. Des «soignants du coeur et de l'âme»? Merci, Monsieur, vous avez réussi l'exploit de me faire rire au petit déjeuner.

    • Christian Roy - Abonné 1 mars 2021 15 h 05

      Je décode dans votre commentaire Mme Jeannotte que les questions d'argent sont au sommet de votre échelle de valeur et que l'empathie s'y trouve beaucoup plus bas - dans ce cas précis, j'imagine.

      La requête de M. Marineau visait avant tout à répondre à une détresse réelle chez des croyants sincères ayant souvent peu de cheveux ou une tignasse poivre et sel - des gens qui à mon avis ont droit à notre plus grand des respects.

      Ravisez-vous, il ne faudrait pas mésestimer les effets bénéfiques d'une pratique religieuse communautaire - et, sécuritaire selon les normes de la santé publique - sur le porte-feuille global des services gouvernementaux offerts à la population. La santé spirituelle a un impact, quoi que vous en pensiez.

    • Jeannine I. Delorme - Abonnée 1 mars 2021 15 h 49

      Après lecture de l'excellent texte de Monsieur Marineau, il est désolant de se voir catapulquer dans le domain monétaire. Fiscalité ou autre réfrigérent, vos arguments sonnent faux comparés à ceux de la belle écriture ci-haut mentionnée. Vos taxes et vos impôts ne tiennent pas la route face à la spiritualité dont parle l'auteur du texte. Cela ne se compare pas. Et une grande église peut recevoir beaucoup plus que les dix personnes que le gouvernement permet. Il y a place pour la distanciation sociale. C'est que ce dernier ne compte que les "entreprises" qui font tourner l'économie. Or, on sait tous qu'à l'heure actuelle, la foi ne rapporte pas. Je ne défends pas ici la religion mais je la respecte. Les gouvernants devraient en faire autant. Et je ne peux passer sous silence les moqueries et le sarcasme dont l'auteure use à n'en plus finir. Cela sent l'insulte et cela ne sent pas bon.

  • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 1 mars 2021 12 h 57

    Pratiquant ou pas...


    Le Québec en 2019 comptait: 2754 lieux de cultes répertoriés au Québec versus une cinquantaine de salles de cinémas. Faites le calcul.

  • Sylvain Auclair - Abonné 1 mars 2021 17 h 24

    Je vous appuie

    Et ne pas oublier nos compatriotes juifs, qui fêteront bientôt la pâque.

  • Danièle Jeannotte - Inscrite 2 mars 2021 09 h 36

    Ne pas toucher à la religion

    @Mme Delorme
    «... la foi ne rapporte pas»? Vraiment? Je vous invite à lire l'excellent article de Manon Cornelier publié dans Le Devoiir en juin dernier et à vous demander qui, des groupes religieux ou de leurs fidèles, se tireront le mieux de cette pandémie quand elle finira par finir.

    https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/556317/fiscalite-et-religion-la-neutralite-s-impose

    • Christian Roy - Abonné 2 mars 2021 16 h 28

      @ Mme Jeannotte,

      Je viens de lire l'article que vous avez donné en référence. Son argumentaire se tient très bien. Il est propice de discuter de cet aspect en cette ère de sécularisation. J'estime cependant qu'en rapport avec la lettre de M. Marineau votre commentaire nous a fait changer de registre. C'est le malaise que je voulais vous partager. Le vivre-ensemble harmonieux d'une société indubitablement pluraliste exige parfois que des mise-au-points soient faites au fur et à mesure des échanges. Ça nous rend plus humains !

      Bien à vous.