Apprendre à vivre avec les virus

« Si cette pandémie peut finir ! » C’est un souhait, un soupir et un cri qui se font entendre de plus en plus souvent, de plus en plus fort, pendant que la pandémie entre bientôt dans sa deuxième année. Les vaccins ont été conçus et fabriqués à une vitesse record. Avec eux apparaît, selon l’expression consacrée, « la lumière au bout du tunnel ». Toutefois, au-delà de ce tunnel, les mauvaises surprises peuvent surgir. Déjà, certaines mutations se sont produites chez le SRAS-CoV-2, le virus qui cause la COVID-19. Ces variants sont plus contagieux et possiblement plus virulents. En quelque sorte, nous assistons à l’émergence de la COVID-21…

Par ailleurs, d’autres zoonoses — maladies transmissibles des animaux aux humains — se manifesteront à cause de la proximité croissante des animaux et des gens. L’OMS estime qu’à l’échelle mondiale, les zoonoses représentent environ 60 % des maladies transmissibles à l’humain et 75 % des infections émergentes.

Il ne sert à rien d’attendre la fin de cette pandémie-ci. Il faut apprendre à vivre avec les virus : maintenir la distanciation physique, observer une hygiène stricte, porter le masque, protéger les plus vulnérables. Il faut cesser de se raconter des histoires : « ça va bien aller » ou « tout reviendra bientôt à la normale ».

Si on admet que les virus sont là pour de bon, il faut ouvrir prudemment et graduellement les endroits fermés en ce moment. Non seulement les mesures draconiennes causent des dommages psychologiques bien connus, mais elles engendrent une fatigue de la population suivie du rejet global des restrictions. On pourrait envisager, par exemple, d’ouvrir les musées et les bibliothèques et observer l’évolution du nombre de contaminations pendant trois ou quatre semaines. Si le taux de positivité ne change pas, on ouvre d’autres lieux, les gyms ou les salons de coiffure. Puis, on rouvre avec toutes les précautions nécessaires les autres endroits maintenant fermés.

La Santé publique sait quels sont les endroits les moins à risque de propagation des virus et quelles mesures prendre pour réduire le plus possible la contagion.

Non, nous ne sommes pas pessimistes, mais réalistes. Ce n’est qu’en regardant la réalité telle qu’elle est qu’on va s’en sortir et reprendre une vie plus normale et agréable.

14 commentaires
  • Serge Lamarche - Abonné 27 janvier 2021 04 h 33

    Chats et chiens

    Il ne manque plus que les chats et les chiens nous passent des maladies. Ce serait la cerise sur le gâteau. Je crois que les chats peuvent en passer une.

    • Louise Melançon - Abonnée 27 janvier 2021 09 h 02

      Je comprends que ce sont les animaux sauvages dont il s'agit...et non les chiens et les chats qui sont domestiqués....

  • Jean-François Fisicaro - Abonné 27 janvier 2021 06 h 11

    Je ne saurais mieux dire ! Merci !

  • Cyril Dionne - Abonné 27 janvier 2021 07 h 16

    Le monde a changé en mars 2020

    C’est la lettre la plus intelligente et objective que j’ai lu sur la crise sanitaire.

    Oui, beaucoup pense qu’avec les vaccins, tout va bien aller et tout redeviendra normal. Ce qui faisait le plus peur dans cette pandémie, c’était le risque de mutations qui résulteraient en une variante encore plus contagieuse et virulente. Eh bien, on en dénote présentement trois de ce type dans le monde. Alors pour l’immunité collective, le Saint Graal des vaccins, il ne faut pas retenir sa respiration. En plus, l’immunité que nous procure les vaccins durera combien de temps? Est-ce que le tout sera saisonnier et qu’on devra se faire vacciner à tous les ans? Les pharmaceutique$ $alivent déjà à cette réalité.

    Oui pour la distanciation physique, le lavage des mains fréquent, porter le masque et surtout, protéger les plus vulnérables et ceux qui ont des comorbidités ou maladies secondaires. Le monde a changé en mars 2020. Ceci, pour le meilleur ou pour le pire.

  • Pierre Samuel - Abonné 27 janvier 2021 07 h 38

    Jusqu'à la lie ...

    Dre. Havrankova, Dr. Duplessis :

    Merci pour cette mise au point tout à fait lucide et honnête des phénomènes pandémiques avec lesquels nous devrons désormais évoluer sans infantiliser les citoyens avec des slogans vides de sens.

    Pourtant nul besoin d'être surinformé à l'excès pour réaliser que que la globalisation du système dans lequel nous évoluons bon gré mal gré est la cause principale de cet état de fait : surpopulation, changements climatiques, déforestation, surconsommation et tutti quanti...

    Malheureusement, la responsabilisation collective ne s'apprend guère lorsque la bête en elle-même doit survivre de ses propres excès !

  • Robert Bernier - Abonné 27 janvier 2021 08 h 11

    Enfin

    Les auteurs écrivent: "Il faut apprendre à vivre avec les virus". J'ajouterais "à vivre et à mourir". On ne peut pas indéfiniment et impunément mettre toute une société et son économie en confinement. Ils ajoutent: "maintenir la distanciation physique, observer une hygiène stricte, porter le masque, protéger les plus vulnérables". C'est ce qu'il faudra apprendre à faire, en individus responsables que nous sommes censés être, du moins à partir d'un certain âge mental.

    Plusieurs -ceux qui n'ont pas perdu leur job et leur salaire- ne comprennent peut-être pas ce que vivent les autres. Les spécialistes qui veulent tout fermer n'ont probablement rien perdu à part un peu de liberté. Mais plusieurs propriétaires de petits commerces sont à l'agonie. Les soutenir pendant 10-20 ans coûtera beaucoup plus que d'installer des hôpitaux sous tente avec les respirateurs inutilisés à Ottawa.

    Nos sociétés -c'est-à-dire nos populations- devront apprendre à vivre dans une pensée de "gestion du risque". En particulier, ça voudra dire que les avocats trop prompts à lancer des requêtes collectives à propos de tout et de rien devront s'attendre à rencontrer un mur d'avocats gouvernementaux qui leur expliqueront que la vie est une maladie mortelle.