Le bon intervenant

En tant que médecin retraitée ayant œuvré en gériatrie entre autres, je ne peux qu’être entièrement d’accord avec les opinions des Drs Zhang et Gaillardetz. En résumé, les soins appropriés dans l’intérêt supérieur du patient, au bon moment, au bon endroit et par le bon intervenant. En ce qui concerne le « bon intervenant », il s’agit de l’intervenant le plus significatif pour le patient et dont le champ de compétence est approprié, l’intervenant pouvant collaborer avec un autre intervenant au besoin pour prendre la meilleure décision. Pourquoi n’est-il pas envisageable que des infirmières praticiennes régulières et permanentes (attribuées à ces établissements en nombre suffisant) fassent un suivi étroit des patients âgés des RPA, RI, CHSLD et même des patients dans les maisons de soins palliatifs et qu’au besoin, elles consultent un médecin rattaché à ces établissements qui pourrait intervenir si leur champ de compétence est dépassé ou des décisions difficiles sont à prendre pour le traitement le plus approprié. Cela nécessiterait une collaboration étroite entre ces deux soignants, mais éviterait qu’un patient se retrouve inutilement à l’urgence traité par un médecin qui ne le connaît pas et qui bien souvent dispose de peu d’information pertinente sur le patient envoyé. L’infirmière praticienne serait la personne la plus significative pour le patient et assurerait une permanence constante et continue auprès de celui-ci. Y a-t-il des infirmières praticiennes permanentes dans ces résidences actuellement ? Je pose la question.

2 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 22 janvier 2021 09 h 12

    Eh non....

    Je ne suis pas spécialiste. Je n'ai jamais travaillé dans le domaine de la santé.

    Je veux d'abord vous féliciter pour votre confiance envers les infirmières (rare cas où le féminin englobe les deux genres), qui la plupart du temps sont traitées comme de simples exécutantes.
    Elle y sont tellement habituées d'ailleurs que certaines en perdent tout sens de l'initiative! J'en suis navré chaque fois que je le constate.

    D'autre part, la pénurie est grande dans leur domaine. Je ne crois pas qu'elles puissent jouer un rôle aussi grand et général que vous le souhaitez, même si dans les faits elles en ont la capacité.
    C'est dans les urgences, et précisément aux centre de tri que le besoin est le plus criant, sans vouloir amoindrir ce qu'elles pourraient faire dans des conditions moins urgentes.
    Que chaque centre de tri ait une IPS capable de diagnostiquer immédiatement certains cas serait une vraie bénédiction. Pourquoi voir un médecin pour une otite, que je diagnostiquais moi-même avant les 3 heures d'attente obligées pour enfin recevoir la "permission" d'acheter l'antibiotique que savais être la conclusion?
    Je connais des infirmières qui le pourraient mais.... elles n'ont pas le titre pour prescrire. Je ne suggère pas qu'elles le puissent, mais je dis que l'on devrait mettre la pression nécessaire, i.e. la paye, pour qu'elles se décident à retourner aux études et soient enfin reconnues pour leurs immenses qualités.

    Praticiennes, praticiennes spécialisées, au bout de quelques années leur expérience et leur sens du travail d'équipe est la vraie base du système.
    Mise à part l'actuelle période de crise, on doit trouver le moyen de ne plus leur imposer de temps supplémentaire au dernier moment sans égard pour leur vie personnelle.
    Il est urgent de redorer leur profession, par l'argent et surtoui par la reconnaissance dans le milieu... et au syndicat, pas le plus efficace que j'aie vu, de loin.

    Alors, merci encore.

  • Serge Pelletier - Abonné 22 janvier 2021 12 h 46

    Exact M. Trottier.

    Mais l'un des grands poblèmes des urgences se porte précisémment la bureaucratie qui a fait apparition, exemple: 1) salle d'attente, 2) enregistrement au guichet, 3) salle d'atente, 4) appel au "comptoir" de l'infirmière qui juge si tout est inscrit sur le formulaire, 5) salle d'attente, ou retour au guichet - étape 2, 6) salle d"attente, 7) appel au "comptoir" de l'infirmière qui juge si tout est inscrit sur le formulaire, 8) salle d'attente, 9) appel pour se diriger à la salle d'attente #2, 10) salle d'attente #2, 11) appel de l'infirmière de trige de la salle #2, 12) revérification du formulaire - si ok . Petite question "c'est pour quoi que vous êtes ici". si non conformne on recommence le processus à l'étape 1, 13) si OK - évaluation si oui ou non rencontre le médecin Ici (il faut noter que certains hopitaux en sont rendues à 3 salles d'attente). Si OK pour le médecin - direction pour l'autre salle d'attente "cubicule" et attendre patiemment l'arrivée du médecin... La suite vous la connaissez: regard rapide du médecin: prescription = max 5 minutes / cas plus difficle 10 minutes / cas nécessitant hospitalisation = brancardier - direction l'autre urgfence à lits dans les rideaux... Mais pas plus de médecin présent...
    En fait, le médecin de l'urgence (sans arrivée en ambulance) est un médecin généralement le "stagiaire" en assignation 24/24 dans tout l'hôpital, et il doit courrir partout. mais c'est le seul qui est autorisé (non par la loi comme telle, mais par "chicane" corporative à émettre une prescription "Aspirine@" pour un "maux de tête".
    Étrangement, j'ai assisté (plusieurs fois) à des urgences super "full" (environ 150 à 200 personnes en attente)... et qu'une foir le médecin est arrivé tout était vide en 30/45 minutes... (encore plus rapide quand ils arrivent à 2 ou 3 MD).
    Donc, des attentes qui servent réellement à quoi? Facile, uniquement a justifié la bureaucratie. Et les arguments: manques de médecins trop $, infirmières pas qualifiées, etc. = FAUX