Le «pacte de Noël»

L’annonce du contrat moral que le gouvernement Legault propose aux Québécois et aux Québécoises me laisse perplexe. Je l’ai sur le bout de la langue… Cette proposition a un air de déjà-vu, de déjà lu.

Il faut pourtant se rendre à l’évidence, la situation est unique. Du jamais vu depuis, peut-être, la grande épidémie de la grippe espagnole, et encore, la médiatisation en moins. Reste que toute cette histoire rappelle quelque chose. Un « pacte », le temps des Fêtes, le respect de certaines conditions sous réserve de punition. Ça ne vous dit rien ?

Souvenez-vous. Des hommes isolés loin des leurs dans un chantier de bûcherons situé « en haut de la Gatineau » s’ennuient à tel point qu’ils sont prêts, au risque de périr dans les flammes de l’enfer, à signer un pacte avec le diable pour passer une soirée avec leurs femmes, leurs enfants, se payer un gros party et boire un bon coup. Bien sûr, c’est la légende de la chasse-galerie ! Mais attention ! Le pacte comprenait quelques conditions, écrites en petits caractères sans doute, que les malheureux n’ont peut-être pas très bien saisies.

Honoré Beaugrand a couché sur papier cette histoire issue de la tradition orale, en 1892. De nombreux artistes, peintres, cinéastes, s’en sont inspirés, Claude Dubois, Mes Aïeux, la Bottine Souriante l’ont également popularisée dans des chansons. Nul doute que messieurs Legault et Arruda ne l’ont pas fait consciemment, mais il n’en demeure pas moins que la trame est étrangement similaire et que certaines clauses du contrat posent déjà problème à plusieurs !

Et si le diable était dans les détails ?