Contre le plan Legault pour le temps des Fêtes

Le gouvernement Legault a rendu publique sa politique sur les rencontres familiales autorisées durant les Fêtes. J’ai suivi scrupuleusement toutes les consignes de santé publique jusqu’à maintenant, mais je m’oppose au plan proposé. On autorise des rassemblements d’un maximum de 10 personnes, de 3 adresses différentes, en demandant aux Québécois de se confiner dans la mesure du possible dès la fin des classes. Jusqu’ici, je suis d’accord avec la logique, même si le confinement est court.

Ce à quoi je m’oppose, c’est de limiter les rencontres à la période du 24 au 27 décembre. Mes objections sont de trois ordres :

1- Considérant que nous sommes dans un État laïque, ce ne sont pas tous les Québécois qui fêtent autour du 25 décembre, et les vacances de chacun peuvent ou non recouper ces dates.

2- Cette politique est organisée autour des enfants scolarisés et de leurs familles, alors que les ménages avec enfants au Québec représentent une minorité de la population, soit 40 %. Donc, 60 % des ménages québécois (43 % de couples sans enfants et 17 % de personnes vivant seules) n’ont pas d’enfants, mais seront assujettis à une politique basée sur les dates de scolarisation.

3- Entre le 24 et le 27 décembre, si un ménage de 3 personnes rencontre deux ménages de 3 et 4 personnes le premier jour et ainsi de suite pour 4 jours, chaque personne de ce ménage peut avoir été en contact avec 21 personnes différentes. Est-ce un risque calculé ?

Je forme avec ma famille une bulle de six personnes, et nous sommes tous sans enfants, de trois adresses différentes. Le télétravail nous permet un confinement de 14 jours avant et après une fête familiale débutant le 28 décembre. Or, même si notre réunion sera plus sécuritaire que celles qui pourront avoir lieu du 24 au 27 décembre, nous contreviendrons aux directives de santé publique en raison des dates. Je demande aux autorités de reconsidérer les dates autorisées de rassemblements et de prendre en compte les ménages sans enfants ou sans enfants d’âge scolaire qui peuvent prévoir de longs confinements et ceux pour qui la période de festivités/vacances ne tourne pas autour du 25 décembre, considérant que nous sommes dans un État laïque. Je propose qu’on nous sensibilise plutôt à limiter le nombre de personnes que nous croiserons pendant les festivités et à la durée du confinement avant et après ces rassemblements.

12 commentaires
  • Serge Pelletier - Abonné 24 novembre 2020 05 h 23

    Mme Dionne...

    Mme Dionne depuis quand les benêts et godiches du GV-Q et leurs apparatchicks et autres bénis oui-oui de service sont-ils compétents?

    Je vous rappelle qu'être compétant s'est se rendre compte que l'on est incompétant... On est très loin de ce constat avec Legault-Arruda-Roberge et clique.

    • Cyril Dionne - Abonné 24 novembre 2020 10 h 11

      Bien d’accord avec vous M. Pelletier. Ce gouvernement en fait de gestion récolte une note « F » et je suis généreux. Évidemment, pas un traite mot sur une commission d’enquête indépendante sur le génocide des CHSLD de la première vague. Nous en sommes à 810 décès par million de population au Québec nous donnant le 7e rang mondial si nous étions un pays. Montréal a déjà dépassé le cap des 2 000 et pourtant on s’apprête à augmenter le nombre avec nos mesures irresponsables pour les fêtes.

      Ceci dit, je m’oppose à ses rassemblements d’un maximum de 10 personnes, de 3 adresses différentes sachant fort bien qu’il y aura des abus et que cette politique deviendra très élastique pour plusieurs avecx l'alcool qui coulera à flots. C’est ridicule. Nous sommes pas très loin peut-être d’un vaccin à l’été ou automne 2021 et ces mesures imprudentes risques de causer un effondrement du système de santé partout au Québec durant l’hiver. Pardieu, dans la plupart des maisons la qualité de l’air n’est pas très bonne et la contagion aérienne va reprendre ses droits très rapidement lorsque les célébrations se feront à l’intérieur. Et qui blâmerons-nous lorsque le nombre de victimes va s’empiler à la vitesse grand V après les fêtes? Le directeur de la santé et le gouvernement pointent déjà leurs doigts vers les citoyens.

      Accommoder des gens avec ou sans enfant n’est pas important ici. Le confinement oui pour pouvoir reprendre le contrôle et nos vies normales après la pandémie sans que des catastrophes personnelles qui sont évitables ne pourrissent le climat de l’après pandémie. Si des grands-parents décèdent suite à nos mesures inadéquates parce qu’on voulait célébrer tous ensemble, plusieurs passeront une majeure partie de leur vie à regretter leur choix.

      Et je dois le dire, je n’ai aucun lien de parenté avec Mme Ginette Dionne même si nous portons le même nom de famille.

  • Simon Grenier - Abonné 24 novembre 2020 05 h 28

    Considérant que les consignes du gouvernement sont d'abord et avant tout destinées au citoyen lambda - réputé pour être empiriquement et indubitablement pas trop smarrte, ici comme ailleurs - et que vos propositions visent votre situation multiplement anecdotique et très spécifique (tout comme la mienne, d'ailleurs), je vous propose de tout simplement procédér dans l'illégalité le 28 décembre, en toute sécurité. Et bien évidemment, d'assumer les contraventions qui pourraient vous tomber dessus, tout aussi injustes seront-elles.

    Ce n'est pas une question de nombres et de proportion de la population qui soit sans jeunes enfants. Il s'agit de constater que la COVID-19 a rendu la vie de ces gens bien plus bordélique, compliquée et épuisante que la vôtre et la mienne. Et combien leur réalité peut mettre bien plus de gens en danger que les nôtres, consciemment ou non.

    Les décideurs gèrent la vie de 8 millions de personnes; vous et moi, respectivement: une et une. Vous êtes de toute évidence une femme réfléchie - à tout le moins éduquée jusqu'au Ph. D., soulignez-vous: agissez de façon sécuritaire sans vous offenser que l'État se refuse à semer la pagaille dans les chaumières. Vous avez vu, comme moi, tout ce qui s'est mobilisé dans les jours précédant l'annonce du "plan" pour les Fêtes, non?

    Par ailleurs, laissons la laïcité de côté pour ce débat, le caractère religieux de Noël me semblant bien révolu quand je me promène dans un centre d'achats. On est devant un congé férié chômé, tout ce qu'il y a de civil et légal, bien avant d'être spirituel. Si tous ne le "célèbrent" pas, tous ont congé (ou sont compensés) - qu'ils aient "pris des vacances" ou pas. N'oubliez pas qu'historiquement, c'est le solstice d'hiver qu'on souligne...

    Je ne vous apprend pas que ce gouvernement ne réfléchit pas dans les hautes sphères existentielles mais bien au ras des pragmatiques pâquerettes. Faisons de même, vous et moi, et je parie que nous n'aurons - ni ne causerons - aucun problème.

  • Serge Lamarche - Abonné 24 novembre 2020 05 h 49

    Laïcité frappe encore

    Les laïques ne devraient pas avoir de dates du tout voyons! Pas de rencontres familiales pour vous!

    • Christian Roy - Abonné 24 novembre 2020 13 h 11

      Pour contrer le Plan Legault: Tout le monde dans le Sud durant le temps des Fêtes !

      - Pas de contravention... et grandes parades d'antimasques sur les plages ensoleillées !

  • François Beaulé - Inscrit 24 novembre 2020 07 h 56

    Fausse évaluation

    Mme Ginette Dionne, professeure titulaire et Ph.D., éprouve de grandes difficultés à interpréter des statistiques. C'est inquiétant que cette personne enseigne dans une université québécoise.

    Elle affirme que « les ménages avec enfants au Québec représentent une minorité de la population, soit 40 % », ce qui est faux. Selon l'Institut de la statistique du Québec, en 2016, 40,2% des familles comptent un couple avec enfants et 16,8% des familles sont monoparentales. Puisque ces ménages comportent plus de personnes que les couples sans enfant et les personnes vivant seules, ils rassemblent une très nette majorité de la population québécoise, soit plus de 5 millions de personnes sur les 8,4 millions habitant le Québec en 2016.

    Référence : https://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/profils/panorama-regions-2018.pdf#page=27
    et autres pages du même document.

    • Simon Grenier - Abonné 24 novembre 2020 11 h 41

      Je me suis aussi demandé où étaient les familles monoparentales dans le calcul de Madame, ces enfants affectant possiblement deux "personnes seules" chacun plutôt que zéro, dépendant des statistiques que l'on choisit d'inclure ou d'ignorer...

  • Louise Melançon - Abonnée 24 novembre 2020 09 h 52

    Noël, enfants et famille

    Mme Dionne, je comprends votre point de vue... mais en même temps, le choix fait par le gouvernement est raisonnable. Noël n'est pas choisi pour la fête religieuse. C'est une fête culturelle, sécularisée, la fête de la famille... Même quand nous n'avons pas d'enfants, nous avons des parents... nous sommes des fils et filles... Nous nous faisons des cadeaux... même si nous n'avons plus nos parents... Et cette année, en temps de restrictions, on peut fêter en même temps l'annėe qui vient... en souhaitant que les Fêtes de 2021 soient plus normales pour tous et toute.