Mieux justifier les directives du confinement

Au début du mois d’octobre, le gouvernement a fermé les restaurants, bibliothèques, musées, cinémas, théâtres, bars. Il a décrété qu’il fallait réduire le nombre d’amis et de membres d’une famille lors des rencontres.

Confrontée à ces mesures, la population a réagi avec une certaine incompréhension : souvent, les fermetures annoncées ne correspondaient pas aux foyers d’éclosion. Les gens, pour la plupart, se sont résignés à suivre ces directives d’autant que pour les fermetures, ils n’avaient pas le choix.

Nous cheminons vers le 28 octobre, date à laquelle ce confinement est censé d’être réévalué. Jour après jour, on enregistre environ 1000 cas de contamination, une quarantaine de nouvelles hospitalisations par jour avec une dizaine aux soins intensifs. Le nombre de tests effectués a doublé, sinon triplé, en comparaison avec le début de la pandémie, ce qui explique en partie l’augmentation du nombre de personnes déclarées positives au coronavirus. Ces personnes peuvent être malades à divers degrés ou complètement asymptomatiques.

Au début de la pandémie, les autorités sanitaires et gouvernementales pouvaient à juste titre plaider l’ignorance du comportement du virus SRAS-CoV-2, la cause de la COVID-19. Après sept mois en compagnie de ce virus, certains constats s’imposent. Environ 92 % des décès surviennent chez les personnes de plus de 70 ans ; c’est le seul groupe qui a enregistré une surmortalité au plus fort de la COVID-19 en avril et en mai 2020. Par ailleurs, environ 84 % de ces décès surviennent chez les personnes en CHSLD et en résidences pour personnes âgées (RPA). Malgré une plus grande prévalence récente des cas de contamination chez les jeunes, ces pourcentages restent stables.

Donc, ce sont les personnes âgées vivant dans les foyers pour aînés qu’il faut protéger avant tout, mais pas au prix de leur santé mentale. Il convient de permettre les visites tout en protégeant les visiteurs et les pensionnaires, ainsi que le personnel.

Pour les personnes âgées vivant en dehors de ces foyers, il faudrait admettre qu’en général elles ont atteint un niveau de maturité qui leur permet de suivre les consignes de la Santé publique bien étayées, comme la distanciation physique, le port du masque et le lavage des mains. Les lieux de rencontres, qui ont été abusivement restreints autant à l’extérieur qu’intérieur, sont importants pour la santé mentale de tous, mais spécialement pour les personnes âgées, dont environ 25 % vivent seules. Déjà, les autorités sanitaires rapportent une augmentation de la détresse psychologique et de l’utilisation des antidépresseurs. Sans doute, les aînés veulent survivre, mais aussi vivre !

Il serait pertinent que la Santé publique et le gouvernement préparent leur plan de match pour expliquer et justifier à la population les mesures qui seront prises après le 28 octobre. Sans cela, les directives risquent d’être moins bien suivies par les jeunes et les moins jeunes.

5 commentaires
  • Jean Lacoursière - Abonné 22 octobre 2020 05 h 30

    En date du 20 octobre à 16 h


    26,5% des hospitalisés en cours ont moins de 70 ans.

    36,2% des hospitalisés en cours aux soins intensifs ont moins de 70 ans.

    [Source: https://www.inspq.qc.ca/covid-19/donnees/age-sexe]

  • François Beaulé - Inscrit 22 octobre 2020 08 h 30

    Mieux définir l'objectif et mieux justifier les mesures

    D'abord, il faut saisir que la quasi stabilité du nombre de nouveaux cas par jour est un équilibre instable. Tout relâchement dans la distanciation ou le lavage des mains ou l'augmentation du nombre de personnes réunies dans des lieux mal ventilés risquent de faire augmenter la transmission. Dans la plupart des pays, dans la plupart des périodes, le nombre de cas augmente ou diminue.

    Donc la stabilisation du nombre de cas par jour n'est pas un objectif suffisant. L'objectif doit être une diminution du nombre de nouveaux cas.

    On peut tout de même questionner la pertinence des mesures actuelles. La transmission du virus n'est-elle pas souvent le fait de gens qui ne respectent pas les mesures de distanciation et hygiène des mains ou se réunissent à plusieurs à l'intérieur de bâtiments insuffisamment ventilés ? N'est-ce pas la difficulté d'imposer les bons comportements à tous qui fait subir à la majorité des limitations excessives à sa liberté et à ses relations ? La majorité subit excessivement les conséquences de l'indiscipline et de l'insouciance d'un minorité.

    Voilà ce qui explique que des mesures plus contraignantes imposées aux Québécois donnent de moins bons résultats que celles qui sont suggérées par la direction de la santé publique en Suède.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 22 octobre 2020 09 h 44

    Bien dit

    Madame.

  • Cyril Dionne - Abonné 22 octobre 2020 10 h 38

    En attendant pour Godot ou bien le vaccin miracle

    Au Québec, nous avons un gouvernement qui est réactionnaire et non pas un qui va au-devant des crises à l’instar d’à peu près tous les autres au Canada. Ce qui est clair et limpide puisque nous en savons beaucoup maintenant sur ce fameux coronavirus, eh bien, il n’est pas appliqué au Québec. On fait de la petite politique sur la vie des gens. Il est où le directeur de la Santé publique au Québec? Il est où? On pourrait dire de même du gouvernement de Justin Trudeau. Ils sont où nos 12 milliards du manque à gagner de votre part du 50% que vous deviez verser au Québec selon l’accord original et qu’il s’agit en plus de notre argent? Ils sont où ces 12 milliards?

    On le sait aujourd’hui que ce virus frappe très fort les gens qui sont en fin de vie. Pardieu, 98% de toutes les victimes de ce fléau au Québec avaient plus de 60 ans. 92% des morts sont venus de la tranche d’âge de ceux de plus de 70 ans. Misère, seulement 0,1% des victimes décédées avait 40 ans ou moins mais représentent près de la moitié des personnes contaminés. Pour les moins de 30 ans, c’est zéro. Est-ce qu’on a besoin d’un dessin pour nous expliquer qu’ils faut protéger les plus vulnérables et on sait qui ils sont? Pardieu, nous avons connu une embellie cet été pour le faire et se préparer en conséquences. Les gestionnaires de la CAQ ne « gestionnent » pas trop fort.

    Tout cela pour dire que probablement, nous en avons des années avant que celui-ci disparaisse de lui-même. Attendre pour les vaccins efficaces, aussi bien attendre pour Godot. Dire qu’en Suède avec un gouvernement occidental démocratique à gauche du nôtre, eh bien, ils nous disent pandémie, quelle pandémie?

  • Eric Ste-Marie - Abonné 22 octobre 2020 10 h 51

    Le système de santé devrait être au coeur des décisions

    Le plus important est de préserver le système de santé. Le nombre d'hospitalisations, incluant aux soins intensifs, doivent être au coeur des décisions relatives au confinement. C'est un jeu de balance. Fermer juste assez pour être capable de maintenir un niveau de soins acceptable. Ce qu'on ne voudrait pas c'est que le système, ses infirmière, ses préposés, ses médecins, s'écroulent sous la charge de travail et qu'on voit des gens mourrir dans les corridors sans que le système ait la capacité de les prendre en charge.

    Des gens mourront; il faut malehureusement l'accepter. On doit toutefois faire de son mieux pour préserver le système de santé et surtout son personnel.