Justin Trudeau et Je me souviens

Si on se fie à la mémoire abusivement sélective de Justin Trudeau, il est évident qu’il n’a rien intériorisé de la devise québécoise. N’importe quel cégépien pourrait lui expliquer la faille béante de son raisonnement concernant les CHSLD.

Si le financement fédéral des soins de santé a débuté sous Lester B. Pearson, la coupe brutale de 50 % des transferts aux provinces le fut sous Paul Martin, au point où des malades du riche Ontario ont dû aller aux frontières américaines pour des résonances magnétiques... et des Québécois ont dû s’en passer !

Si toutes les provinces — et non le Québec seul — ont des problèmes dans leurs CHSLD à cause du coronavirus, ce n’est pas par manque de connaissances, mais par manque d’argent pour former, embaucher et payer convenablement et en nombre suffisant, les personnes qui s’y dévouent. Et cela exige plus d’argent…

La tragédie consiste à savoir comment faire justice, en même temps, aux aînés, aux cancéreux, aux enfants comme aux mourants… à court de budget.

Quand on regarde comment le fédéral ne procure pas d’eau courante potable, d’électricité, d’écoles décentes aux Premières Nations, ou qu’on voit l’argent investi dans Unis, M. Trudeau devrait réfléchir avant d’insulter les gestionnaires de la santé, tous — peu de doute — plus compétents que lui en la matière, confrontés à la quadrature du cercle de par son injuste gestion même.

Le temps est peut-être venu de lui laisser beaucoup de temps pour lire Introduction à la pensée complexe d’Edgar Morin et pour y réfléchir.


10 commentaires
  • Jean Guy Nadeau - Abonné 29 septembre 2020 07 h 25

    Ah! Paul Martin

    On se souviendra aussi que Paul Martin avait abondamment pigé dans la caisse de l'Assurance chômage (à l'époque) pour renflouer ses comptes.

  • Cyril Dionne - Abonné 29 septembre 2020 08 h 21

    Ils n’enseignent pas « l’Introduction à la pensée complexe » dans les cours de théâtre

    Si quelqu’un devrait demeurer humble durant cette pandémie à cause des actions qu’ils ont ou n’ont pas posé, c’est bien le gouvernement de Justin Trudeau. En fait, qu’a fait le gouvernement fédéral à part de distribuer de l’argent emprunté que les générations qui ne sont pas encore nées devront rembourser? Rien. Pire encore, notre cher multiculturaliste a hésité bien trop longtemps avant de fermer les frontières et d’instaurer la quarantaine obligatoire aux aéroports. Que dire du chemin de Roxham où des illégaux contaminés affluaient à tous les jours en provenance de l’état de New York?

    M. Boivert a amplement raison de souligner la part du gouvernement fédéral quant au transfert aux province puisque celle-ci a diminué comme une peau de chagrin au cours des années. Le 50% original de Lester B. Pearson se situe maintenant à 22%. Ce manque à gagner des provinces représente la rondelette somme de presque 100 milliards de nos dollars collectés en impôts et taxe qui ne retournent pas à la santé. Or, il n’y pas de secret en temps de pandémie ou en temps normal; il faut de l’argent pour bien faire rouler le système de santé. Et lorsque Trudeau invoque le fait qu’il a envoyé l’armée canadienne dans les CHSLD à la demande de François Legault, eh bien, on pourrait lui rappeler que c’est nous qui payons pour ces gens à rien faire lorsqu’ils ne jouent pas au G.I. Joe. Et la cerise sur le sundae, la plupart de ces soldats ont été contaminés lorsqu’ils sont repartis et donc en fait d’expertise et de compétence, on passe.

    Enfin, notre cher Justin ne connaît pas Edgar Morin et l’acte de réfléchir pour en arriver a une pensée complexe non plus. Dans son cas, c’est la forme qui prime et non pas le contenu. Il est passé maître dans les phrases creuses remplis d’oxymores. De toute façon, il faut être intelligent pour lire un auteur comme Edgar Morin. Dans le cas de notre petit acteur de vaudeville, il aura les souvenirs qu’il mérite.

    • Marc Therrien - Abonné 29 septembre 2020 18 h 30

      Je suis bien content de lire que vous connaissez Edgar Morin et son « Introduction à la pensée complexe ». Vous la connaissez, mais je ne sais pas si vous vous efforcez de la pratiquer. Car il me semble que souvent dans vos propos par vos différents étiquetages et votre façon de simplifier la réalité en un « maître mot » vous préférez le « paradigme de distinction/conjonction/unidimensionnalisation » à celui de « distinction/conjonction » qui permet de « distinguer sans disjoindre, d’associer sans identifier ou réduire ». La pensée que vous exposez me semble bien souvent encadrée par le principe traditionnel de la dichotomie qui sépare et isole que par celui de la dialogique voire de la translogique par lequel on cherche l’intégration du tiers inclus propre à la « Logique dynamique du Contradictoire » de Stéphane Lupasco en vue de dépasser le principe du tiers exclu de la logique classique.

      Marc Therrien

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 29 septembre 2020 08 h 29

    Excellent texte

    Le fédéral est probablement le grand responsable des gros problèmes que nous traversons depuis des années dans la Santé. Si je ne me trompe pas, nous consacrons quasiment 50 % du budget de l'État à ce secteur.

  • Germain Dallaire - Abonné 29 septembre 2020 08 h 38

    Un choix délibéré et assumé!

    Et j'ajouterais à votre lettre d'un grande pertinence que ces coupures qui ont suivi le dernier référendum ont été réalisées dans le but avoué d'affaiblir le mouvement indépendantiste au Québec (http://lautjournal.info/20200619/le-cout-cache-de-

  • Pierre Desautels - Abonné 29 septembre 2020 08 h 47

    Encore, suite, et fin.


    Bon, encore la faute du fédéral. C'est parfois vrai, mais c'est un mauvais argument cette fois-ci. Les autres provinces aussi ont subi des baisses de transfert en santé, mais c'est au Québec que la Covid-19 a causé le plus de dommages dans les CHSLD.

    Les gouvernements de tous les partis au Québec qui se sont succédés n'y voyaient pas une si grande priorité comparé à d'autres dossiers. Un moment donné, il faut se regarder dans le miroir.

    • Marc Therrien - Abonné 29 septembre 2020 18 h 44

      Je ne sais pas si M. Boisvert exprime une pensée complexe quand il réduit les problèmes dans les CHSLD à ce maître mot, le « manque d’argent ».

      Marc Therrien