Gaz naturel renouvelable! Ben voyons donc!

Avez-vous vu la publicité « Des tiges de betteraves pour produire du gaz naturel renouvelable  ? Ça peut être vendeur pour certains, mais le gaz naturel est non renouvelable, comme le charbon et le pétrole. Une fois brûlé, il est perdu.

Je comprends qu’il s’agit d’un nouveau gaz produit par nos déchets et qu’on ne manque pas de déchets pour produire d’autre gaz, mais l’appellation gaz naturel renouvelable n’est pas bonne.

Premièrement, comme l’électricité produite avec l’eau, c’est l’eau qui est renouvelable et non l’électricité, ce sont les déchets qui sont renouvelables, pas le gaz. Deuxièmement, ce gaz n’a rien de naturel. Il est produit par des humains à partir de déchets humains. Ce qu’on appelle gaz naturel provient plutôt du sol après plusieurs années de décomposition.

Je propose alors l’appellation gaz artificiel recyclé. Le marketing devrait plutôt insister sur l’avantage qu’a toujours eu ce gaz : il produit huit fois moins de CO2 que l’essence.

11 commentaires
  • Lionel Leblanc - Abonné 25 septembre 2020 07 h 29

    Dénonciation du «gaz naturel renouvelable», enfin!

    Bravo, M. Patrick Viau, pour la précision que vous apportez quant à l’utilisation d’expressions impropres, lesquelles interfèrent avec la bonne compréhension des propos émis. Votre réflexion va beaucoup plus loin que la simple qualité de l’écriture.
    En effet, l’association de «renouvelable» avec «gaz naturel» dans le syntagme «gaz naturel renouvelable» mène à une absurdité qu’un professeur de sciences a su dénoncer même s’il n’est pas nécessairement un spécialiste de la langue.
    Dans le monde d’aujourd’hui, le discours de n’importe quel quidam est tellement farci de métaphores qu’il devient difficile d’en comprendre le sens. Certains allègueront que «tout l’monde» comprend de quoi il s’agit. Peut-être est-ce vrai, mais, assurément, il comprend «tout croche».
    J’en veux pour preuve, le déluge de reproches qui me furent adressés à la suite de mon commentaire du 17 septembre 2020 relativement aux propos de la jeune Juliette, émule de Greta. Plus précisément, ce que je dénonçais, c’est la pléthore de syntagmes du type «énergie renouvelable», «technologies propres», «justice climatique», …, mais non pas sa préoccupation de ne pas gaspiller les ressources non-renouvelables et de contribuer à la détérioration de notre milieu de vie.
    Par ailleurs, ce que mes détracteurs ont compris, à tort, c’est que j’étais un «[Z]ingénieur» opposé aux idéologies dominantes —le réchauffement climatique, la lutte contre le carbone, etc. Bref, on a confondu le fond et la forme. Ce n’est pas le fond du discours de Juliette que je dénonçais, mais bien les trop nombreux syntagmes malséants affaiblissant son argumentation.
    Par leurs critiques, mes détracteurs ont révélé ce qu’ils sont eux-mêmes dans leurs tréfonds. L’un d’eux préfère les ignorants inventifs aux «[Z]ingénieurs», un autre fait un étalage d’un savoir mal digéré visant à me discréditer alors que son discours révèle qu’il n’a rien compris ou, plus précisément, qu’il n’a pas voulu comprendre.
    Donc, bravo, Patrick Viau pour votre texte!

  • Cyril Dionne - Abonné 25 septembre 2020 07 h 40

    Bien d'accord avec M. Viau

    Il faut le dire tout de suite, le gaz naturel ou innaturel produit les deux tiers des GES du pétrole. En d’autres mots, il n’y a rien d’écologique lorsque nous brûlons le « gaz artificiel recyclé »; il produit le même nombre de GES par quantité que celui du gaz naturel. Si au Québec, nous utilisions seulement le « gaz artificiel recyclé » au lieu de l’hydroélectricité, notre facture en GES serait comparable à celle de l’Alberta et peut-être plus.

    Ridicule n’est pas le mot exact ici. C’est tout simplement une fraude intellectuel de la part des producteurs de gaz naturel dont Energir est probablement le pire là-dedans.

    La seule énergie qui est véritablement verte et renouvelable au Québec n’est pas le solaire, l’éolien, la biomasse et encore moins le « gaz artificiel recyclé », mais bien l’hydroélectricité. Cette dernière utilise la gravité naturelle de l’eau, cette énergie potentielle qui devient cinétique lorsqu’elle tombe et qui entraîne le mouvement des turbides pour générer de l’électricité.

    • Daniel Grant - Abonné 25 septembre 2020 10 h 33

      @ C. Dionne
      Il faut avoir du culot pour dire que le soleil n’est pas renouvelable.
      La journée ou il n’y aura plus de soleil sur la planète, rien d’autre n’aura de l’importance.

      Toutes les sources d’énergie sont intermittentes.
      Oui le soleil se couche et il y a des nuages, alors on accumule cette énergie par gravité, chaleur, inertie, pompage et évidemment batteries etc.
      Même chose pour le vent.
      Pour éviter que les bassins hydrauliques se vident on utilise le solaire et le vent quand elles sont à leur maximum pour pomper l’eau dans les bassins.

      C'est mieux que de faire des trous partout sur la planète sans savoir comment nettoyer les dégâts.

      Un réservoir de pétrole qui se vide c’est de l’intermittence mais celle-ci nous mène à la guerre (la Grèce et la Turquie sont prêt à s’entretuer pour une source de gaz en Méditerranée)
      et quand vous êtes un pays producteur de pétrole c’est sûr qu’il y a une base militaire américaine pas loin pour maintenir la paix ‘clin d’oeil’,.
      Pour parer l’intermittence d’une réserve de pétrole vide, on est même prêt à mentir à toute la planète ou organiser un scandale et évidemment la corruption et collusion font partie inhérente de l’industrie fossile (Irak, Venezuela etc…)

      Un déversement d'énergie solaire ça s'appel une belle journée et c'est bourré de vitamine D.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 25 septembre 2020 13 h 12

      En effet M" Dionne, la seule source d'énergie électrique renouvelable qui est directement utilisable par les réseaux de distribution est l'hydroélectricité.

      A elle on peut ajouter la production par combustion de biomasse qui peut se moduler en fonction de la demande, comme toutes les productions de sources thermiques.

      Toutes autres sources renouvellables sont instantanés, non modulables, et a capté à l'instant ou elles se produisent de façon très alétoire. Elles sont donc beaucoup, beaucoup plus couteuses a utilisé. Et présentement on se raconte des histoires sur leur prix parce qu'on passe sous silence leur "parasitage" de notre source hydroélectrique.

    • Cyril Dionne - Abonné 25 septembre 2020 16 h 29

      Cher M. Grant,

      Les accumulateurs (batteries) ne peuvent pas retenir la charge très longtemps. Ensuite, est-ce que vous vous êtes déjà demandé l’impact écologique de ces banques d’accumulateurs connectés en série qui retournent plus souvent qu’autrement, dans l’environnement? Nous utilisions des accumulateurs pour parer à une éventualité de panne de courant à la centrale nucléaire où j’ai travaillé connectés à des génératrices au gaz naturel et ceux-ci étaient loin d’être fiables.

      Ensuite, pour parer à cette intermittence (l’éolien et le solaire produisent de l’énergie 25% du temps dans le meilleur des scénarios), on doit avoir une source d’énergie disponible en tout temps, 24 heures sur 24 et 365 jours par année qui doit être aussi capable d’alimenter tout le réseau en cas d’urgence. Plusieurs endroits utilisent des sources d’énergie fossiles pour compenser au manque d’énergie. En Californie, ils utilisent le nucléaire tout comme en Ontario. En passant, le gouvernement ontarien payait 88 cents du kWh pour un contrat éolien, item que Doug Ford s’est empressé d’annuler une fois arrivé au pouvoir.

      Est-ce que vous saviez aussi qu’on utilise du charbon et du quartz pour fabriquer vos panneaux solaires qui durent au maximum 15 ans? Non seulement on doit miner le quartz, mais on cuit le tout avec du charbon. Ensuite, pour vos éoliennes, pardieu, elles sont faites en plastique, donc du pétrole et elles aussi ont une durée de vie d’approximativement 15 ans. Pour la biomasse, on utilise le charbon pour augmenter la température de combustion, et souvent on y ajoute de vieux pneus déchiquetés.

      Ici, on ne parlera même pas coût de ces énergies vertes/brunes. Ils paient 50 du kWh au Danemark avec leurs moulins à vent et autres qui génèrent de l’électricité. Ici, on paie 6 cents du kWh.

    • denis deschenes - Abonné 25 septembre 2020 21 h 13

      J'aimerais vous aider avec un petit cours rapide sur l'économie verte. De nouveau.
      Le retour énergétique de la production éolienne est de 60, le solaire est aux alentour de 10 et l'hydroélectrique 100. Je vous explique de nouveau:
      L'investissement d'une unité d'énergie (souvent le pétrole) pour la construction et l'installation du solaire, d'éolien, ou de barrages, procure sur la durée de vie de l'équipement en question, un retour d'environ 60 unités d'énergie pour l'éolien, 100 unités d'énergie pour l'hydroélectricité et de 10 pour les cellules photovoltaiques.
      C'est un mensonge de proclamer que seul l'hydroélectricité est renouvellable au Québec (ou ailleurs) L'énergie éolienne l'est aussi, avec un excellent retour énergétique.

    • Cyril Dionne - Abonné 25 septembre 2020 22 h 01

      En passant, l’effet de serre du méthane (gaz naturel et « gaz artificiel recyclé ») est environ 35 fois plus puissant que celui du CO2. Oui Energir, vous êtes fantastique et malpropre.

      Misère.

    • Daniel Grant - Abonné 25 septembre 2020 22 h 38

      Monsieur Dionne, une chose à la fois,
      Il faut reconnaître que nous avons un problème de pollution et de GES d’abord
      et que pour l’éliminer il faut arriver à produire de l’énergie propre,
      et bien cet objectif premier de ZÉRO ÉMISSION a été atteint avec les énergies renouvelables (ENR) mer vent soleil.
      Comme nous avons atteint l’objectif de zéro-émission avec les VE.

      Pourquoi est-ce que le cycle de vie des appareils qui ont permis d’atteindre cet objectif vous indigne?
      Ce n’est qu’une distraction colportée par les marchands de doute pour dédouaner les vrais pollueurs comme l’énergie fossile avec leurs raffineries qui sont plus polluantes que les américaines et les mines canadiennes qui ont une réputation assez gênant au travers le monde concernant les droits humains.

      N’est-il pas curieux qu’avant la venu du VE et des ENR qui pouvait bien se préoccuper du cycle de vie des choses au point d’en faire un obstacle à l’évolution et à l’adoption de la mobilité électrique et des ENR?

      La façon dont les appareils sont construit, leur cycle de vie et leur alimentation en énergie sont des problèmes à résoudre qui appartiennent aux fournisseurs, et non pas aux utilisateurs comme les hôpitaux qui utilisent ces appareils et des batteries pour sauver des vies et vous et moi.

      La première batterie Lithium que le prix Nobel de chimie (2019) a conçue il y a 35 ans fonctionne encore aujourd’hui. Peut-être que vous vous débarrassez de vos vielles batteries dans l’environnement mais Tesla recycle ses vieilles batteries pour réduire la nécessité de creuser des mines.

      Vous faites des déclarations à propos des ENR qui auraient passées il y a dix ans mais nous sommes en 2020 et de toute évidence vous n’avez pas suivi l’évolution voir IRENA.ORG, https://www.tesla.com/fr_ca/energy et
      https://www.ledevoir.com/economie/580067/environnement-les-energies-renouvelables-moins-cheres-que-tout-autre-carburant-fossile

    • Jean-Yves Arès - Abonné 26 septembre 2020 00 h 44

      @ Deschenes, le mensonge c'est de présenter des sources d'électricité aléatoire comme si ces sources pouvaient répondre à l'alimentation d'un réseaux de distribution. Toute production intermittente est inutilisable comme telle. Tous ont besoin d'une production autre disponible en tout temps et de même puissance. Ou alors d'un système complexe de transfert de forme (ou d'état), d'accumulation, et restitution de l'énergie restante (pour cause de perte a chaque transfert) pour pouvoir répondre aux besoin d'une distribution qui se doit d'être disponible en tout temps.

      Hors quand on donne le prix de l'électricité qui sort des fils d'un panneau solaire, ou au pied d'une éolienne on ne donne absolument pas le coût du service de production d'électricité qui peut répondre au besoin d'un distributeur comme le fait l'hydroélectrique ou les productions thermiques qui sont tous deux modulable en fonction des besoins.

      Pour indiquer le prix réel d'une méthode de production électrique qui doit servir a alimenter un réseaux de distribution vous devez fournir le plan de l'ensemble de la structure qui fournira le service et prendre en compte le coût qui découle de tout l'ensemble, y compris le coût de la sous utilisation des équipements qui éliminent l'intermitense de disponibilité.

      Mondialement depuis toujours le socle de la production d'électricité renouvelable c'est hydroélectricité. Et les autres méthodes auront beau la dépasser un jour en terme de puissance installée elles seront encore loin de livrer un volume d'énergie semblable.

  • Daniel Grant - Abonné 25 septembre 2020 09 h 54

    Oui mon ti-loup! en t’appelant Energir t’a l’air d’un agneau maintenant

    Et ceux qui se laissent berner par ton apparence croiront aussi que le gaz de coeur de pomme n’a rien à voir avec le gaz de fracturation et que c’est tellement de l’énergie douce que personne pensera aux dégâts sur la santé et l’environnement
    et qui pourrait croire que c’est dangereux avec ton petit air mignon que Ricardo fait flamber à touts les jours?
    https://cleantechnica.com/2020/09/24/the-growing-danger-from-gas-pipelines/

  • Jean-Yves Arès - Abonné 25 septembre 2020 12 h 58

    Mais oui monsieur Viau, le gaz naturel est le plus souvent de nature renouvelable pour peu que l'on considère que celui issu de l'agriculture est qualifiable de source naturelle.

    Du moins c'est ce qui se voit dans le "Global methane budget" 2003-2012.
    http://img115.xooimage.com/files/2/2/a/global-meth

    18.8% produit par l'industrie de l'énergie, 33,7% par l'agriculture et les déchets, 47.5% pour les émissions naturelles (incluant la biomasse qui elle peut-être en petite partie anthropique).

    La plus grande part vient de sources tout ce qu'il y a de plus naturelles.

    Mais pas celui que l'on retrouve dans les gazoduc. Ou alors en quantité homéopathique...

    C'est que la biométhanisation vient a la rescousse de l'image de l'utilisation domestique de cette source d'énergie.
    Mais ce n'est demain la veille qu'il sera de source bio en proportion notable avec les coûts qui sont associés a une production en mode business.
    Une étude de 2013 donnait un support étatique à la biométhanisation en Europe qui vont de 0.32$ à 0.49$ du KWh.
    (mais n'est pas spécifié s'il s'agit d'un équivalant énergétique ou d'une production électrique a base de ce gaz)

    http://img114.xooimage.com/files/c/8/d/co-t-de-la-

    https://www.aqper.com/images/files/colloque/Atelier.biogaz.1L.Perspectives.developpement.biomethanisation.ferme.Quebec.D.Bernier.Fev.2013.pdf

    En effet il faut se méfier de ces vertnissement, si l'on peut dire, que l'on va aussi retrouver bientôt dans le carburant d'aviation, qui eux aussi ont grand soucie de leur image. D'autant que l'utilisation de leurs oiseaux de 300 tonnes fait parti de la consommation discrétionnaire, et donc, contrairement au gaz, pas du tout essentielle.