Le rattrapage scolaire, ce grand oublié

Bien que le plan du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, eu égard aux mesures sanitaires qui encadreront la rentrée scolaire, soit relativement bien accueilli par les principaux intervenants, force est de constater que le volet pédagogique, notamment sur le rattrapage des élèves qui ont accumulé des retards durant la période de confinement, n’a été abordé que du bout des lèvres par le ministre en glissant que « le volet pédagogique serait abordé ultérieurement ».

Il est minuit moins le quart… De nombreux intervenants pressent le ministre de faire connaître rapidement les mesures qu’il entend mettre en place pour aider les élèves à combler leur retard scolaire, plusieurs d’entre eux n’ayant pas mis les pieds à l’école depuis la mi-mars.

« On a vu un ministre de l’Éducation nous parler de mesures sanitaires, de logistique, de mesures d’aménagement, ce qui était nécessaire et urgent. Mais moi, j’attends toujours un ministre de l’Éducation qui va se préoccuper d’abord et avant tout, ou tout autant, de la santé pédagogique des élèves du Québec et qui va faire une réelle priorité du soutien aux élèves, du rattrapage. Aujourd’hui, on n’a pas entendu un mot sur le sujet », a réagi la députée péquiste Véronique Hivon.

Où sont les ressources humaines nécessaires pour venir en aide à ces élèves ? Où sont les spécialistes supplémentaires promis depuis des années pour répondre aux besoins des élèves en difficulté d’apprentissage ? Pour l’instant, c’est le silence complet sur quelque mesure prévue pour pallier ces lacunes en ressources humaines. Le rattrapage scolaire est un incontournable, à défaut de quoi le décrochage scolaire deviendra le triste héritage de ce gouvernement en éducation.
 
1 commentaire
  • Benoit Gaboury - Abonné 12 août 2020 10 h 00

    Rattrapage, bien sûr... mais de quoi?

    Quand on dit «rattrapage scolaire», de quoi parle-t-on au juste? Du fait que toutes les écoles du Québec ayant été fermées pendant les premières semaines de la pandémie, tous ces élèves ont donc eu un retard de 8 semaines par rapport à ceux des années antérieures? Mais comme tous les élèves sont dans la même situation, on peut bien dire que le tort n'est pas si grand. Sur les 12 années du préscolaire, du primaire et du secondaire, ces élèves n'auront eu que 11 et 2/3 années d'enseignement, soit 97% du temps normal.

    Mais ne veut-on pas plutôt désigner, par «rattrapage scolaire», les élèves qui ne sont pas retournés en classe lorsqu'elles ont rouvertes, leurs parents ayant choisi de les garder à la maison? Le rattrapage, dans ce cas, consisterait à faire en sorte que ces élèves reprendraient, si possible, ce que les autres ont vu pendant la fin de la session qui a duré six semaines. Mais quand?

    Enfin, troisième possibilité, parle-t-on plus spécifiquement - mais ce serait étonnant, quoique non pas à négliger -du rattrapage des élèves de Montréal, où la réouverture s'est effectuée deux semaines plus tard que partout dans la province, centre de pandémie oblige?

    Voilà déjà un joyeux casse-tête pour un Ministre que d'ajuster ces trois variables dans des directives communes. Et il y a peut-être d'autres variables auxquelles on ne songe pas encore. Par exemple, il ne faut pas oublier qu'avant la pandémie, certains élèves étaient déjà «en retard» sur d'autres, sans avoir manqué de cours, et avaient déjà du «rattrapage » à faire, pour toutes sortes de raisons qui peuvent être bonnes. Tous les spécialistes en éducation qui accompagnent les professeurs dans leur mission éducative sont là pour en témoigner. Mais cela c'est une sorte de rattrapage permanent, si l'on peut dire, en ce sens qu'il a toujours existé dans notre société.
    Et en même temps, il faut se rappeler, heureusement, que l'éducation est l'affaire de toute une vie, un processus qui va continuer.