REM et tramway

Lorsqu’ils commenceront à tester les voies du Réseau express métropolitain (REM) à Brossard cet automne ou l’année prochaine, nous serons plus près de voir si le REM nous aidera à réduire les émissions de GES en réduisant la congestion et en endiguant l’étalement urbain.

Nous savons que c’était la plus coûteuse des options. Mais son efficacité dans la lutte contre le changement climatique dépendra du nombre de personnes qui l’utiliseront, ce qui signifie que les mêmes mesures incitatives destinées à encourager les gens à utiliser le tramway au Québec — réduire le stationnement au centre-ville, faire payer les automobilistes pour le stationnement dans ses stations, maintenir les tarifs du REM à un faible niveau pendant les heures de pointe et taxer les émissions de carbone — seront nécessaires.

La Caisse a déjà assuré le succès financier du REM en se déchargeant de 85 % de ses coûts d’exploitation sur les contribuables, et en accueillant des immeubles commerciaux et résidentiels à proximité de ses stations. Mais son succès en matière d’environnement dépend de la capacité des forces économiques qu’elle a suscitées à s’orienter dans une direction environnementale.


 
9 commentaires
  • Simon Grenier - Abonné 4 août 2020 06 h 14

    Il est déjà pas mal établi que le REM ne réduira pratiquement pas les émissions de gaz à effets de serre, ce projet détestable n'ayant fait que cannibaliser des pans entiers de réseaux déjà existants - en plus d'en amputer d'autres, comme le train de l'Est et de rendre complètement inutile le garage flambant neuf de Pointe-Saint-Charles / Griffintown.

    Non seulement le plus coûteux et le plus laid visuellement, c'était aussi le moins intéressant car - vous l'avez dit - il a été conçu pour être profitable pour la Caisse, et seulement pour la Caisse. Que les usagers du transport en commun financent les retraites collectives (et mangent de la brioche) et qu'on pellete les fonds publics dédiés au transport en commun dans les institutions financières! C'est un beau bourbier libéral mais ce gouvernement aurait pu l'empêcher. Il a préféré se lancer dedans la tête la première. "Pragmatisme".

    • Pierre Robineault - Abonné 4 août 2020 17 h 49

      Vlan! Et merci monsieur Grenier !

  • Lionel Leblanc - Abonné 4 août 2020 06 h 49

    Réflexion sur «REM ou tramway»

    Est-il pertinent de juger de l’efficacité anticipée du prochain REM à l’aune de la réduction des GES découlant des divers mécanismes relevant de son exploitation? Depuis un certain temps déjà, on a la déplorable manie d’analyser tout phénomène complexe au moyen de quelques critères mal fondés, ignorant tout de la diversité de ses aspects.

    Il est curieux de voir des zélotes de l’environnement s’atteler au calcul des tonnes de carbone participant à l’effet de serre alors que ces mêmes individus n’ont aucune connaissance ni de la physique, ni de l’histoire climatique de la Terre. Sans une compréhension de la façon dont le soleil réchauffe la Terre, laquelle exige une connaissance fonctionnelle des lois de Képler, généralisées par la Loi de la gravitation universelle de Newton, tout individu peu formé en est réduit à se référer à de supposés experts réputés omniscients. Dans ses Lettres philosophiques, François Arouet (Voltaire), n’a-t-il pas proclamé que la réputation d’un individu est loin de constituer une preuve de la véracité de ses propos.

    On confond la pollution provoquée par l’émission de particules fines provenant des moteurs diézel, le gaspillage des combustibles fossiles, les sursauts fréquents de la météo et il n’est même plus caricatural d’expliquer la venue inopinée de toute grande vague de froid par le réchauffement du climat.

    Lorsqu’on cite que l’effet délétère des GES a été établi par un consensus de scientifiques, on confirme qu’il ne s’agit pas de «Science» mais bien de «Politique». En effet, aucune loi scientifique n’est établie par consensus. L’histoire nous apprend que la centaine de scientifiques allemands qui s’étaient entendus pour dénoncer la Loi de la relativité d’Einstein avaient tous tort.

    Le rôle des GES n’est qu’un facteur parmi des centaines d’autres qui participent aux soubresauts du climat. L’incertitude quant à son aspect quantitatif est bien trop grande pour s’y référer dans l’évaluation de tout projet (REM ou tramway).

    • Robert Mainville - Abonné 4 août 2020 10 h 23

      Mes vieux... Il y a dans ce texte de Monsieur Leblanc tellement de faussetés que cela le rend digne des pire théories conspirationnistes.

      Pour ceux et celles qui veulent réellement comprendre l'effet des GES sur le réchauffement climatique, je suggère de regarder cette instructive petite vidéo, très bien faite, intitulée Faut-il croire au réchauffement climatique ? : https://www.youtube.com/watch?v=R6eywXdssMw

  • Bernard LEIFFET - Abonné 4 août 2020 07 h 11

    « Les petits amis d'abord », pour le reste on verra! Voilà la CAQ,le vent en poupe suivant les sondages!

    Pêndant que l'on crie à l'aide partout dans le Québec, on dépense à qui mireux mieux l'argent des Québécois, y compris celux des régions! Ceux-là ne sont pas sur la liste privilégiée de la CAQ qui est pourtant aux prises avec des conditions sanitaires déplorables! Il faut le rappeler, il y a au Québec de nombreuses municipalités, dont en Gaspésie, qui attendent des dizaines d'années de pouvoir construire un réseau d'aqueduc de d'égoûts avec une usine de transformation! Ce n'est pas l'eau qui manque! Faut-il qu'il y ait de nouveaux malades car l'eau puisée dans les puits n'est pas toujours suffisante avec les canicules et un environnement toujours pollué de produits toxiques que l'on trouve encore dans notre environnement!
    La rentabilité du REM basée sur des promesses justement pour les GES sera come d'habitude un fiasco qui sera reconnu que quelques années plus tard! Ce n'est pas de l'économie en vue mais plutôt de l'autosatisfaction du PM d'avoir pu réalisé un tel projet, si coûteux, en pleine pandémie! Bref, une drôle de gloire!

  • Louise Nepveu - Abonnée 4 août 2020 08 h 10

    On ne saurait mieux dire! C’est bien de cannibalisation qu’il est question ici puisque la ligne Montréal/Deux-Montagnes a été entièrement électrifiée il n’y a pas trente ans et que ses gares s’intégraient très bien dans le paysage urbain. On passe pour des rabat-joie lorsqu’on critique le REM mais le fait est qu’il n’apportera rien de plus aux 15 000 usagers de la ligne DM si ce n’est une fréquence accrue des trains, ce qui aurait pu être réalisé sans détruire le réseau. D’autre part, il suffit d’aller aux abords d’un des chantiers du REM pour constater les impacts environnementaux liés à ce projet. Que les sceptiques aillent jeter un oeil à proximité de la gare Du Ruisseau dans l’arrondissement Saint-Laurent! Et combien d’arbres abattus sur le seul tronçon Bois-Franc/ Deux-Montagnes? Pour ce qui est de la réduction des GES, si on tient compte des émissions émises au moment des travaux, le rapport du BAPE, tabletté par les libéraux, était sans équivoque: elle est insignifiante. M. Simon Grenier parle avec raison du «  bourbier libéral ». Il faudrait ajouter aussi l’inertie des partis d’opposition à Québec. La CAQ a été séduite par le REM et le projet du Grand déblocage proposé par le PQ est arrivé trop tard.

    • Jean Bureau - Abonné 5 août 2020 21 h 22

      Petit détail : la plupart des lignes de train de banlieue étaient électrifiées jusqu’aux années 50. Les années 60 ont vu le démantèlement de la quasi totalité des lignes électrifiées pour être remplacées par des trains au diésel polluant. Seule la ligne Deux-Montagnes est restée électrique parce qu’elle devait passer sous le Mont-Royal. Voilà le peu de vision que les responsables ont eu à l´époque de la « modernisation ».

  • Daniel Chartier - Abonné 5 août 2020 10 h 34

    Tramway de l'Est, une priorité

    La création du Tramway de l'ESt doit devenir un projet prioritaire. Ce ne serait que justice pour un territoire constamment oublié par les interventions qui améliorent la qualité de vie, mais qui est toujours en première ligne des projets les plus polluants.

    Le tramway de l'Est circulerait sur des dizaines de km d'emprises à requalifier
    - Emprise ferroviaire désaffectée du CN traversant d'immenses friches industrielles
    - Territoire abandonné à l'extrémité ouest de la voie rapide Souligny
    - Emprise gazonnée en bordure de Notre-Dame
    En complément, l'utilisation des boulevards Clémentine de la Rousselière dans l'Est ou de René-Lévesque / Viger au centre-ville, permettraient au Tramway de l'Est de relier le Train de l'Est avec la station Bonaventure métro/REM ou même de se prolonger jusqu'à Lachine.

    Des dizaines de km pour un coût plusieurs fois inférieur aux 5 km de la ligne Bleue.
    Même la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain voit dans ce projet une occasion en or de requalifier et de dynamiser le plus vaste territoire déstructuré sur l'île.

    Le contexte est idéal avec un Gouvernement qui doit marier relance économique et démonstration d'intérêt pour la population de Montréal, particulièrement dans ses fiefs de l'Est.