Il est plus que temps de réglementer les activités des géants du Web

Deux nouvelles ont attiré mon attention en cette fin de juillet.

La première, les superpuissances numériques, les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), ont atteint ce mois-ci un poids gigantesque, soit 6,436 milliards de dollars en Bourse. Pourtant, au même moment, les États-Unis annoncent que le pays tombe dans une importante récession. En bref, la pandémie pèse lourd sur l’économie américaine, mais certainement pas sur les géants du Web. De fait, les superpuissances numériques sortent grandes gagnantes de la pandémie avec d’immenses bénéfices, tout cela pendant que la récession s’installe.

Ainsi, à lui seul, durant la pandémie, le géant Facebook a doublé son bénéfice net comparativement à celui de juillet 2019, atteignant, en juillet 2020, 5 milliards de dollars. Des analystes prévoient même qu’Apple pourrait devenir la première entreprise à passer la barre des 2000 milliards de dollars à la Bourse.

La deuxième nouvelle, c’est que l’Australie a annoncé le dépôt d’un projet de loi qui vise à contraindre Google et Facebook à rémunérer les médias pour leurs contenus. Très bonne nouvelle. En effet, nos médias sont toujours en difficulté, et leur situation a empiré depuis le début de la pandémie.

Ces deux nouvelles devraient interpeller au plus haut point le gouvernement canadien. D’abord, il est temps de sonner la fin de la récréation pour les superpuissances numériques. Elles ne paient toujours pas de TPS, se dérobent à leurs obligations de payer des impôts pour leurs activités au Canada et bafouent les droits d’auteur. De plus, il serait temps de leur lancer un signal clair. Les superpuissances numériques doivent accepter la réglementation des États nationaux. Point à la ligne.

Vivement que cela se fasse !

Enfin, ces superpuissances devraient être mises à contribution pour éponger les immenses dettes publiques accumulées par les États, en raison de l’actuelle pandémie. Comment les obliger à le faire ? Ce sont les États qui doivent les y obliger. Cela prendra de l’audace. À quand le tour du Canada de contraindre les géants du Web à se comporter comme des entreprises citoyennes ? Le gouvernement canadien est-il audacieux ? Le débat doit se faire, et vite.


 
7 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 4 août 2020 04 h 09

    Ces récalcitrants doivent être réglementés.

    Il n'y a pas de débat à faire. Les GAFAM doivent simplement payer leur juste part d'impôts. Cela fait des années que tous les partis pris crient qu'il faudrait mettre fin à la récréation des GAFAM. Ce n’est pas dans l'intérêt des citoyens d'avoir des sociétés qui sont plus puissantes et plus riches que les gouvernements. Il faudrait appliquer les lois antitrust pour casser cette puissance démesurée. Sinon, nous allons retourner à l'ère dorée des barons voleurs du 19e siècle.

  • Claude Bariteau - Abonné 4 août 2020 08 h 36

    Lee GAFAM se comportent, s'enrichissent et se développent comme des entreprises multinationales au-dessus des États désincarnées, voire comme des États rebelles qui se foutent des règles internationales et composent avec des États complices qui tolèrent les paradis fiscaux.

    Ces GAFAM ont tout des pirates de l'Antiquité, qui se foutaient du droit commercial et des bandits qui pillèrent les navires marchands et se créèrent des royaumes parallèles intouchables tolérés.

    Ce sont des guerriers prédateurs qui, comme la pègre, assurent leurs emprises par la terreur et des arrangements avec des gestionnaires des États qui mangent dans le creux de leurs mains.

    De fait, les GAFAM débordent les activités de l'armée américaine pour assurer l'hégémonie actuelle de ce pays sur l'économie mondiale depuis la chute du mur de Berlin.

    Leur mise au pas sonnera le glas de cette puissance comme seul maître hors frontières, ce à quoi contribuera l'entrée en scène de la Chine dans un univers de Guerre Chaude analogue à celui de la Guerre Froide.

    S'il faut saluer l'audace de l'Australie, il faudra beaucoup plus pour assujettir ces firmes qui sapent les assises démocratiques parce qu’elles vivent de leur affaiblissement, voire de leur éradication. Ce plus ne peut venir que d’une lame de fond propulsée par des États asservis dont les citoyens et les citoyennes décident de se débarrasser de ces prédateurs destructeurs en éliminent leurs sources de revenus.

  • Cyril Dionne - Abonné 4 août 2020 09 h 53

    Oui, bien d'accord

    Bien d’accord avec l’auteur. Les GAFA devraient être obligés de rémunérer les médias pour leurs contenus à partir des recettes énormes de publicité qu’ils engrangent sans rien faire. Cela en devient ridicule puisqu’ils ne contribuent en rien à la création et production de nouvelles.

    Ils devraient payer de la TPS comme tout le monde. Ils vous diront que cela ne va que reporter les coûts vers les consommateurs. Enfin, c’est une demi-vérité; oui les coûts devraient êtres assumés par les consommateurs, mais en retour, ceci leur donnera plus d’option et de compétition dans cet univers monopolisant qu’est devenu le monde numérique puisque tout le monde sera sur un même pied d’égalité. Enfin, on le sait, les Netflix, les Facebook, les Apple, les Microsoft et j’en passe ne veulent pas avoir de la compétition.

    En plus, on devrait les responsabiliser pour les contenus qui vont à l’encontre de la santé civique, démocrate, sociétale et du Code criminel canadien. Si on accepte la diffamation et l’incitation à la haine dans les médias sociaux, disons que nous ne sommes pas sortis du bois. En fin de compte, ils sont dûment responsables du contenu publié sur leurs pages parce que si vous lisez les conditions au préalable avant de vous inscrire dans n'importe lequel média social, vous allez comprendre que le contenu sur votre propre page ne vous appartient plus une fois publié sur leur plateforme.

  • Claude Gélinas - Abonné 4 août 2020 11 h 18

    Les GAFAM dictent la Loi aux États devenus impuissants.

    Menacée de la fureur du Président américain si le Canada décidait d'agir comme l'Australie en imposant aux GAFAM d'agir en bon citoyen corporatif en payant ses impôts ainsi que des redevances aux médias dont ils tirent profit, il est raisonnable de penser que sous la direction du PM jovialiste canadient, le Canada s'abstiendra d'intervenir attendant le consensus international qui n'arrivera jamais.

    Trop puissant les GAFAM sont devenus un État dans l'État.

  • Nicole Lévesque - Abonnée 4 août 2020 12 h 53

    Que pouvons-nous faire...?

    Comment doit-on se regrouper comme citoyen payeur de taxes pour faire pression ici sur notre gouv. Fédéral pour faire appliquer la loi de taxation?
    Comment le gouv. Fédéral peut négocier avec un président à la Maison Blanche qui jouie littérallement sur les PROFITS que ces Entreprises de techno. engrangent?
    Même si le reste de l'économie américaine va très mal.... Ils ont créer un DÉSÉQUILIBRE énorme au niveau de la bourse.... ET quel impact aura ce déséquilibre sur la reprise de économique des États-Unis??? Nul ne peut le prédire et Trump s'en fout!!!
    ALORS QUE PEUT-ON FAIRE??? SOMMES-NOUS PRISONNIERS DE CES GAFAM?