Raisons sociales et pandémie

La pandémie vient de révéler un fait malheureux, à part les décès causés par la COVID-19 : il semble que la loi 101 a été abrogée sans que les Québécois en aient été informés.

Voyez le nom du bar de Brossard mis en vedette par la pandémie : Mile Public House. Comment se fait-il que l’Office québécois de la langue française [OQLF] laisse des entreprises choisir des raisons sociales anglaises au Québec ? Il me semble que ce serait normal d’intervenir. Ce fait révèle une autre pandémie galopante, soit l’anglicisation du Québec.

Mile Public House ! Personne au Dix-30 ou à Brossard n’a protesté ? Ces raisons sociales sont normales, naturelles et ordinaires au Québec ? Pourtant le visage français du Québec peut consti-tuer un attrait touristique important pour les étrangers. Que fait l’OQLF, le gouvernement, que font les municipalités ? Plus aucunetrace de fierté ? C’est le laisser-aller général ?

Le Québec semble incapable de s’affranchir de la dictature de l’anglomanie qui sévit dans la francophonie. Et ça se traduit par une épidémie de complaisance au Québec au sujet de l’anglais dans l’espace public. Qui pourra mettre fin à cette épidémie ?

9 commentaires
  • Jacques Maurais - Abonné 13 juillet 2020 07 h 16

    Faut-il encore s'étonner?

    Lisez le nouveau réglement sur l'affichage des noms d'entreprise et des marques de commerce: on n'y exige plus qu'une présence minimale du français sur l'ensemble de la façade (même plus la nette prédominance de l'époque de Claude Ryan!). La CAQ a promis une nouvelle loi sur la langue: espérons que le gouvernement actuel sera moins veule que ses prédécesseurs. Mme Samson (CAQ), quand elle était porte-parole de l'Opposition dans ce dossier, avait proposé quelques pistes intéressantes mais je ne me rappelle pas qu'elle abordait de front la question de l'affichage des marques de commerce. Il faut dire que la marge de manoeuvre est bien mince: il suffit que quelqu'un dépose le nom de son entreprise comme marque de commerce uniquement en anglais à Ottawa pour qu'il puisse l'afficher uniquement en anglais au Québec. Si l'entreprise dépose un nom bilingue, elle est obligée d'afficher la version française au Québec. Peut-on obliger le dépôt d'une marque bilingue? La Colombie s'y était essayée il y a quelques décennies en obligeant d'avoir des «marcas vinculadas» (marques en espagnol «liées» aux marques en langues étrangères) mais elle a fini par y renoncer.

  • François Beaulé - Inscrit 13 juillet 2020 07 h 49

    Et le « Royalmount », bordel !

    Le promoteur du Dix-30 n'en a rien à cirer des raisons sociales françaises. Ni pour ce bar ni pour son projet mégalomane à Ville Mont-Royal.

  • Robert Mainville - Abonné 13 juillet 2020 08 h 40

    C'est le free for all

    Une nouvelle chaîne d'ateliers d'entretien mécanique vient de s'établir au Québec. Son nom : Bumper to Bumper.

    La société aérienne Nolinor, 100% Québécoise, vient de lancer une filliale dédiée aux voyages dans le sud. Son nom : Off We Go (OWG). Quand je leur ai écrit pour signifier mon agacement, on m'a répondu que OWG pouvait aussi dire Oh Wow Ginette. Ça ne s'invente pas.

    Si jeter un simple coup d'oeil aux noms des boutiques du centre commercial Le Carrefour à Laval ne vous convainc pas que l'anglicisation du Québec est un fait avéré, rien n'y fera.

    14 ans de gouvernance ininterrompue (ou presque) du PLQ, ça laisse des traces.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 13 juillet 2020 08 h 48

    Greater Montreal

    La région métropolitaine bilingue de Montreal fait dorénavant davantage partie de l'ensemble anglo-américain-coast-to-coast (ad mare usque ad mare) que du Québec. Ses habitants s'en indiffèrent parce que notre volonté politique s'en balancent éperdument. Ce sont, disent-ils, des vieilles chicanes. La mondialisation a vaincu la diversité culturelle.

    Le reste du Québec finira bien par suivre. C'est tellement plus cool en anglais, même quand on ne comprend pas un mot de leur machouillage ... du moment que la mélodie accroche.

  • Mélissa Basora - Abonnée 13 juillet 2020 09 h 42

    Changer le monde, une plainte à la fois!

    Honnêtement, je pense que la responsabilité doit être partagée. C’est pas seulement à l’OLFQ de trancher, tout le monde doit faire des plaintes si on veut que ça change! Écrire un article dans un journal, c’est bien, mais porter plainte directement à l’OFLQ et à l’organisation, c’est encore mieux! Force est de constater que c’est seulement la force du nombre fera changer les choses, l’indignation...c’est pas suffisant.

    • Pierre Desautels - Abonné 13 juillet 2020 11 h 16


      Porter plainte à l'OQLF pour les raisons sociales, c'est tout un travail, rempli d'embûches. Les pauvres fonctionnaires chargés des enquêtes vont presque vous souhaiter bonne chance! La loi est pleine de trous.
      S'il s'agit d'une chaine restaurants ou de vêtements, par exemple, la loi ne s'applique pas. Mais il semble que même pour un commerce indépendant, on laisse passer et le temps fait son oeuvre.
      Le problème est un manque de volonté politique de tous les partis au pouvoir depuis fort longtemps. La langue de travail pour les petites entreprises, comme ce dossier des raisons sociales, sont pas mal plus importants que de déployer des ressources pour surveiller les menus bilingues dans les restaurants.