Attention à la dépense

Il y a quelques années, le gouvernement Couillard a avancé 1,3 milliard de dollars pour sauver Bombardier section aviation d’une situation financière plus que fragile. Comme Bombardier représentait un fleuron de notre savoir-faire québécois, le bon peuple a accepté cette situation sans faire trop de bruit.

Voilà maintenant que c’est le Cirque du Soleil qui nous demande des centaines de millions afin de l’aider à se soustraire d’une situation financière délicate. Quand nos avoirs collectifs cesseront-ils de dépanner des compagnies ayant mal géré leur entreprise ? Il n’y a aucune raison qu’un seul sou de nos avoirs collectifs serve à sauver des entreprises privées. Oui aux besoins en santé ou en éducation, mais non aux fabricants d’avions et aux amuseurs publics.
 


 
1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 3 juillet 2020 10 h 31

    Nuances

    « Il n’y a aucune raison qu’un seul sou de nos avoirs collectifs serve à sauver des entreprises privées. Oui aux besoins en santé ou en éducation, mais non aux fabricants d’avions et aux amuseurs publics. »

    Vous semblez oublier que les besoins en santé et en éducation sont en grande partie comblés par des entreprises privées, directement ou indirectement. Comment tranche-t-on ? La plus grande réserve qu'on peut avoir face à Bombardier et au Cirque du Soleil, c'est qu'il s'agit de deux multi-nationales. On peut leur verser des M$ pour apprendre trois jours plus tard que la production (d'avions dans un cas, de spectacles dans l'autre) sera délocalisée, ce qui veut le plus souvent dire « sortie du Québec pour aller vers des endroits où les coûts de production sont moins élevés ».

    La covid serait-elle l'occasion de remettre en question la pertinence de soutenir l'industrie aéronautique ? Dans ce cas, il va falloir remettre en question l'existence de nos écoles aéronautiques (les programmes d'aérospatiale à l'ÉTS, le CQFA au Saguenay, l'ÉNA à Saint-Hubert et l'École des métiers de l'aérospatiale de Montréal).

    Autre point : les amuseurs publics. Bien qu'on en parle souvent avec condescendance, ceux-ci font partie de la culture de nos sociétés. La question qu'il fallait se poser était la suivante : le Cirque du Soleil est-il un amuseur public ? La réponse est non. C'est un amuseur privé dont les spectacles, de grande qualité, ne sont pas du tout accessibles à tout le monde. Or, une société doit soutenir sa culture et elle doit le faire pour que cette culture soit accessible.