Les laissés-pour-compte de Mme Plante

Depuis son accession à la mairie de Montréal, Valérie Plante, avec une obstination qui frôle l’inconscience et l’insensibilité, est en train de créer une crise économique, commerciale et structurelle sans précédent avec son plan de piétonnisation et de pistes cyclables, au détriment d’une partie importante de la population : les personnes âgées, à mobilité réduite, handicapées qui utilisent leur voiture par stricte nécessité, les livreurs, les ambulanciers, Urgences-santé, les pompiers, les postiers, les chauffeurs de taxi, les cars de touristes, lestravailleurs, même les commerçants.

Je fais hélas partie de ces Montréalais âgés, à mobilité réduite. Je dépends de ma voiture pour faire mon épicerie, mes courses, me rendre à mes rendez-vous médicaux, à l’église qui ouvrira bientôt ses portes, et pour sortir de mon isolement en tentant de me rendre à proximité des artères animées pour voir du monde. Pas question de prendre le métro, à cause des escaliers et des distances à parcourir à pied. Prendre le taxi ? Il m’en a coûté 75 $ pour un rendez-vous au CHUM. Le chauffeur était désolé pour moi.

Des centaines de places de stationnement et de parcomètres accessibles ont disparu des endroits névralgiques. Il manque cruellement de places réservées aux personnes handicapées. Ainsi, les laissés-pour-compte de Montréal, électeurs et contribuables, se retrouvent doublement isolés, et par la COVID-19, et par les barrages routiers imposés par l’équipe municipale qu’ils ont élue.

Si Madame la Mairesse demeure convaincue que, dans les périodes de crise, on trouve l’occasion de faire des changements « chocs » qui remportent l’adhésion populaire, elle se trompe en ce qui a trait à l’adhésion populaire. Nous l’invitons à se montrer plus attentive aux rumeurs de mécontentement populaire qui grondent de plus en plus fort.

11 commentaires
  • Simon Grenier - Abonné 29 juin 2020 06 h 12

    Le mécontentement populaire auquel on réfère ici, c'est le mécontentement automobiliste qui retentit de façon exagérée et assourdissante depuis 1908. Les laissés-pour-compte de toujours, ce sont les piétons et les cyclistes, nonobstant les frustrations automobilistes frustrés de perdre leur confort-obtenu-aux-dépens-des-autres: les riverains dont les taxes municipales sont les seules qui permettent ces destinations prisées par "les automobilistes".

    Le sort des personnes âgées et des personnes handicapées mérite certainement beaucoup plus d'attention que dans les - disons - 50 dernières années. Mais je ne comprends pas pourquoi vous blâmez la Mairesse Plante du manque de places de stationnement du CHUM. Je ne vois pas en quoi les pompiers ou les ambulanciers ne pourraient pas se garer dans un corridor cycliste lorsque la vie de gens est en danger, alors que j'y vois DES dizaines de camions de livraison, de taxis, des motocyclettes stationnées, des chars avec les feux "d'urgence", des meubles et des montagnes de sacs d'ordures TOUS. LES. JOURS.

    "Les chauffeurs de taxi, les cars de touristes, les travailleurs, même les commerçants"? Ils sont capables de marcher un coin de rue, comme les utilisateurs du transport en commun qui, eux, en marchent 30-40 chaque matin. Non?

    Vos "changements choc", ce sont d'abord et avant tout un juste retour de balancier envers TOUS les contribuables - nous sommes tous piétons mais beaucoup d'entre nous ne sont pas automobilistes... Peut-on avoir au moins UNE voie sur les 6 à 8 qui sont présentes dans une rue typique? Déneigeons les 2 trottoirs mais une seule voie sur la chaussée l'hiver prochain, voir.

    Sans la plupart des aménagements récents, il était impossible de se déplacer à pied en respectant les consignes de la santé publique. Parlez-moi de laissés-pour-compte!

    Vous avez raison de vous plaindre du traitement réservé aux personnes moins mobiles mais pour les automobilistes... vous vous trompez complètement de cible.

    • Cyril Dionne - Abonné 29 juin 2020 10 h 13

      Bon, lorsque les entrées de taxes feront défaut à Montréal justement à cause des commerces qui ne peuvent plus opérer, SVP, ne venez pas quémander de l'argent aux autres, chère ville de Montréal, la dysfonctionnelle et capitale de la COVID-19 aux cônes orange. Et après, on se demande pourquoi les enseignants, les professionnels et j'en passe font des pieds et des mains pour quitter cette ville au plus sacrant pour aller ailleurs.

      Pour les pompiers ou les ambulanciers qui ne pourront plus se garer facilement dans un corridor cycliste lorsque la vie de gens sera en danger, encore une fois, SVP, ne venez pas vous plaindre. Et ici, on ne parlera même pas du traitement réservé aux personnes à mobilité réduite.

      Valérie Plante devrait s'occuper de la pandémie qui vient juste débuter. Et si on juge les Montréalais à partir de ceux qui ont été aperçu aux chutes de Rawdon la semaine passée, disons qu'il y a beaucoup de travail à faire pour expliquer les mesures sanitaires afin que nos covidiots comprennent. Et la tempête épidémique parfaite se prépare à Montréal pour cet automne.

  • Mathieu St-Onge - Inscrit 29 juin 2020 08 h 14

    M. Bisaillon, vous avez résumé en quelques mots la frustration de milliers de Montréalais avec cette administration, qui se plie aux demandes de sa base et oublie l'ensemble de la population qu'elle a le devoir de servir. La mairesse aurait pu profiter de la présente crise pour montrer un peu de grandeur... Rien à faire. Pour elle, Montréal doit être gérée comme un village. Et elle peut compter sur une poignée d'intégristes du vélo pour l'appuyer dans chacune de ses initiatives, aussi bêtes et incohérentes soient-elles pour la majorité des citoyens. Vivement son expulsion de la mairie en novembre 2021!

    • Madeleine LaRoche - Abonnée 29 juin 2020 17 h 05

      Pour qu'il y ait expulsion, il faudrait qu'il y ait mobilisation. Personne ne parle. Et surtout, moins de 45% des Montréalaises et des Montréalais se lèvent le popotin pour se rendre aux élections municipales qui ont lieu un dimanche d'automne. Il y a même un vote anticipé... Moins de 45% !

  • Michel Dion - Abonné 29 juin 2020 08 h 22

    Oui, monsieur Grenier, la question est très grave, cruelle même.

    Oui, monsieur Grenier, les aînés et personnes à mobilité réduite (le plus souvent les mêmes)
    sont dans le moment extrêmement laissés pour compte.
    Devant chez-moi, sur Rachel est, à la piste cyclable à double sens existante s'est ajoutée une autre piste cyclable à double sens. Je puis affirmer (sous serment, si vous le désirez) qu'elles sont extrêmement sous-utilisées. Et sur aucune d'elles, n'ai-je vu ce cauchemar de congestion dont vous parlez, non plus que les montagnes de meubles etc.

    Ce que j'ai vu, cependant, c'est une ambulance et un camion de déménagement coincés sur les petites voies réservées aux automobiles pendant un très bon moment.

    Ce que je vois aussi, quotidiennement, c'est une nouvelle voie piétonne de l'autre côté de la rue, COMPLÈTEMENT INUTILISÉE par lesdits piétons, qui continuent d'utiliser (comme partout ailleurs, semble-t-il, j'ai pu le constater sur le chemin Côte-des-Neiges) les trottoirs.

    Et il va sans dire que dans tout ce réaménagement "choc", l'AUTOBUS, est également appelé à disparaître. Tous les arrêts sont déplacés on ne sait trop où. La navette or destinés aux aînés est ÉLIMINÉE.

    Il y a quelque temps, le fauteuil roulant qui me véhiculait a failli être renversé sur la fameuse voie piétonne orpheline par une voiture qui
    tournait d'une petite rue adjacente. Même le véhicule de transport adapté ne peut accéder à l'immeuble que j'habite.

    Je peux vous assurer que, hormis la COVID, le seul sujet de conversation des aînés dans le hall de mon immeuble, à défaut de sortir à l'extérieur pour "se déconfiner", est bien celui dont je vous parle. Plusieurs, par ailleurs, avaient en outre vraiment besoin d'un espace de stationnement dont ils sont maintenant privés.

    Je ne sais si l'ombudsman qui a été saisi de ce problème de rupture d'accès à l'universalité des transports, s'est déjà prononcé. Il s'est en tout cas déclaré fort préoccupé par la question.

  • Sylvain Patenaude - Inscrit 29 juin 2020 09 h 17

    Les oubliés de l'urbanisme «tactique»

    Bien d'accord avec votre lettre qui reflète très justement les multiples effets de cette stratégie idéologique qui se fait au détriment de beaucoup de citoyens. Nous y ajouterions également les usagers du transport en commun car les circuits d'autobus détournés par exemple des rues Rachel et Mont-Royal et les nombreuses entraves à la circulation pénalisent des citoyens. La priorité devrait être de faciliter l'accessibilité pour tous. L'avenue Mont-Royal fermée quelques jours peut s'avérer un lieu attirant et profitable mais le faire sur plusieurs semaines crée des dommages collatéraux pour un grand nombre de montréalais et plusieurs commerces ont besoin d'une densité importante de clients pour survivre.
    En prétendant vouloir aider les commerçants et attirer les visiteurs, l'administration Plante incite plutôt les résidents des autres régions à éviter Montréal en créant des labyrinthes et des détours, et en réduisant le stationnement disponible.
    Un grand nombre de citoyens sont de plus en plus mécontents et si la mairesse de réjouit de réinventer et d'avancer, elle avance avec de moins en moins d'adeptes.

  • Luc Le Blanc - Abonné 29 juin 2020 09 h 30

    Erreur sur la cible

    S'il n'y avait que des automobilistes obligés de l'être dans nos rues, vous auriez raison de vous plaindre si l'administration municipale réduisait l'espace de circulation ou de stationnement automobile en-deça du minimum requis. Mais hélas, nos rues et places de stationnement au centre sont plutôt majoritairement encombrées de véhicules qui n'ont aucune raison d'y être, conduits par des gens pas vieux, handicapés ou surchargés, mais qui n'ont juste aucune envie de changer de mode de transport, même pour une courte distance, et dont la croissance du taux de motorisation exige toujours davantage d'espace. C'est à eux qu'il faut s'en prendre.

    À méditer: selon Statistiques Canada, en 2016, la moitié des travailleurs (i.e. la médiane) parcouraient moins de 7,7 km pour se rendre au travail. Soit 20' à vélo... Alors de grâce ne généralisez pas le cas du parent qui conduit ses trois marmots à la garderie ou du citoyen qui ramène 50 livres de patates du marché ou un 4x8' de la quincaillerie.