Une société d’État pour la Santé?

M. David a écrit en conclusion de sa chronique du 26 mai : « Fau-drait-il confier la gestion du réseau à une société d’État indépendante du ministre, comme l’avait jadis proposé Philippe Couillard ? »

Cette formule de société d’État, un Santé-Québec (genre Hydro-Québec), a déjà été proposée par un autre docteur, alors président du Collège des médecins (Y. Lamontagne). Elle s’inscrit dans la logique de la Nouvelle Gestion publique, qui a prétendu pouvoir faire sortir la politique partisane de la gouvernance des grands appareils de services publics en la confiant à des administrateurs indépendants, supposément experts. Les expériences menées ailleurs depuis les années 1980 selon cette formule n’ont pas réussi à supporter ces prétentions. Les « services à l’humain », surtout ceux de proximité, sont par définition en très grande partie de nature relationnelle et appuyés sur des choix de valeur, ne peuvent se déterminer et se mesurer uniquement par des indices basés sur des données probantes, des procédés techniques et des cibles budgétaires déterminés par la mesure comptable. Si les citoyens, usagers, personnel et communautés locales ne peuvent en être parties prenantes, c’est les ramener au niveau d’un réseau d’électricité ou d’un réseau d’usines manufacturières. Donc, à accentuer encore plus leur déshumanisation, comme l’a fait la réforme Barrette.

 
1 commentaire
  • Claude Bariteau - Abonné 30 mai 2020 08 h 40

    Le problème n'est pas uniquement la gestion par un appareil bureaucratique. Il découle d'uen gestion bureaucratiuqe sujette aux aléas des prises de pouvoir dans un système qui confond le législatif et l'exécutif de telle sorte que le conseil des ministres, avec une majorité d'élus du même parti, n'a quasi aucun compte à rendre aux élus puisqu'il existe grâce à une majorité d'entre eux.

    Une séparation claire entre le législatif et l'exécutif oblige l'exécutif à rendre des comptes aux législateurs et les rerspensables de l,exécution peuvent être démis de leur fonction. C'est aussi le cas des personnes à la tête des sociétés d'État.

    Nous n'opérons pas au Québec dans un tel système. Là où il existe, c'est surtout dans les républiques instituées par choix de la part des citoyens et es citoyennes, ce qui pourrait être le cas avec la création d'un État indépendant au sein duquel les citoyens et les citoyennes auront leur mot à dire autrement qu'en négociant des conditions de travail et en dénonçant les dérives.