Le président de la FTQ répond aux arguments tendancieux du patronat sur la réforme de la Loi sur la santé et la sécurité du travail

Le mardi 25 février, le Conseil du patronat, la Fédération des chambres de commerce du Québec et la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante ont, dans une lettre ouverte, plaidé pour la modernisation de la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Pour une rare fois, nous sommes d’accord avec le patronat, mais pas pour les mêmes raisons. Ça fait 40 ans que la FTQ demande aux gouvernements qui se sont succédé de mieux protéger les travailleurs et travailleuses avec, entre autres, des représentants en prévention dans tous les milieux de travail, ce à quoi s’oppose en passant le patronat.

Dans leur lettre ouverte, les associations patronales se plaignent des réclamations en surdité acceptées et des coûts qui y sont associés, réclamations qui en 2018 ont été deux fois plus nombreuses au Québec qu’en Ontario. Cependant, elles oublient de dire que la norme d’exposition maximale au bruit est de 90 décibels (dba) au Québec et de 85 en Ontario. Les patrons du Québec font des choix d’économie de bouts de chandelle en refusant d’ajouter des dispositifs antibruit sur leurs machines. Donc, le Québec produit des sourds parce que le patronat ne réduit pas le bruit à la source.

Les patrons se plaignent également de la paperasse que nos médecins doivent remplir pour le suivi des cas de santé et sécurité du travail. Une fois de plus, ils passent sous silence le fait qu’en 2018, 71 % des contestations au Bureau d’évaluation médicale provenaient des employeurs, qui sont donc les premiers responsables des délais de traitement qui mènent à l’accumulation de la paperasse à remplir.

Ce que refuse de comprendre le patronat, c’est que plus il y a de la prévention, moins il y a d’accidents de travail et de maladies professionnelles.

Au lieu de s’apitoyer constamment sur son sort sans rien proposer de constructif, le patronat devrait se concerter pour faire en sorte que nos travailleurs et travailleuses puissent pratiquer leur métier en toute sécurité et sans craindre d’être victimes d’accidents de travail ou de maladie professionnelle. Pourtant, les patrons ne sont pas sans savoir que chaque dollar investi en prévention permet d’économiser jusqu’à 10 $ en indemnisation, en réadaptation et en perte de productivité.

La FTQ attend avec impatience le projet de loi sur la modernisation de la Loi sur la santé et la sécurité du travail que le ministre Jean Boulet a promis de déposer. L’an dernier, ce sont plus de 100 000 travailleurs et travailleuses qui ont subi une lésion professionnelle. Et chaque année, ce sont plus de 200 travailleurs et travailleuses qui décèdent, victimes d’accident de travail ou de maladie professionnelle. Ça ne peut plus être toléré, il faut que ça cesse ! Comme le dit si bien le patronat dans sa lettre, « nous méritons un régime plus efficace et plus responsable ».


 
2 commentaires
  • Yves Corbeil - Inscrit 26 février 2020 07 h 55

    Quoi de neuf sous le soleil avec les «petits» patroneux dire qu'il y en a qui croit que l'esclavage est terminé

    Pas le même genre d'esclavage bien sûr mais tout aussi inhumain pour la santé de l'humain exploité.

    Quel est le but sinon le désengagement de ceux-ci quand ils supplient le gouvernement de faire entrer des immigrants au Québec. Du cheap labor malléable à souhait, non syndiqué et soumis comme ils les aiment. Oui plus ça change plus c'est pareils avec ces exploiteurs de la misère du monde.

    Et vous les syndicats, qu'attendez-vous pour soulever la population contre le démantèlement de la sociale démocratie qu'on s'est tué dans les années soixante, soixante-dix à implanter pour le bien-être des québécois, québécoises. Maudit qu'on fait dur assis à regarder cela se passer sans réagir à la même ampleur que les dégâts que cela cause dans notre société.

    «Wake-up men» le combat n'est pas terminer contre les exploiteurs plus raffinés d'aujourd'hui, vous avez cette responsabilité de «shaker» le pommier de Legault, Trudeau et n'importe qui d'autre qui prendra le pouvoir.

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 27 février 2020 10 h 09

    À chaque fois

    que les fameuses "Chambres de Commerces" se mèlent de parler de la protection des travailleurs sont anti-syndicales et veulent plus d'

    étrangers comme "cheap labour". Ce casi-esclavage est une aberration qui me choque.Ces gens-là se croient supérieurs......

    en exploitant les autres.