Compter jusqu’à trois

Quand j’étais gamin, ma mère, qui n’a remporté aucun prix Nobel, tentait parfois de me pousser à faire un truc qui m’ennuyait, me brosser les dents par exemple, en me menaçant d’être puni et commençait à compter jusqu’à trois. Rendu à deux et voyant que je ne réagissais pas, elle passait aux fractions, deux et quart, deux et demi, et c’est là que je savais que la menace n’était pas sérieuse.

La même technique est aujourd’hui utilisée pour régler l’horloge de l’apocalypse. Rendus trop prêt de minuit sans que rien ne change vraiment, nous sommes passés aux secondes. Il aura fallu treize Prix Nobel pour y songer.

Rien ne sert de se presser, les jovialistes de l’apocalypse ont tout leur temps. Celui-ci se fractionne jusqu’à l’infini, ou du moins, jusqu’au temps de Planck, soit dix exposant -43 secondes.

1 commentaire
  • Marc Therrien - Abonné 22 février 2020 09 h 42

    Le temps sans horloge


    Et comme disait Yogi Berra, au baseball dont la durée des parties n'est pas contrôlée par l'horloge: "c'est pas fini tant que c'est pas fini".

    Marc Therrien