Le «syndrome Jolin-Barrette»

Soucieux de faire sa marque comme « gouvernement qui passe à l’action », l’administration Legault nous a habitués à des dossiers mal ficelés où l’impact et les conséquences des politiques mises en place se mesurent davantage a posteriori faute d’un rigoureux travail d’analyse et de consultation en amont… Ce qu’il pourrait être convenu de désigner désormais de « syndrome Jolin-Barrette », celui-ci s’étant particulièrement distingué à cet égard.

En annonçant, en fin de point de presse sur l’élargissement de l’aide médicale à mourir, une disposition visant à appliquer l’AMM aux « personnes qui ont des troubles mentaux sévères et qui sont souvent réfractaires à tout traitement », la ministre Danielle McCann risque de créer un dangereux précédent et omet surtout de justifier une décision qui semble sortir de nulle part et qui, de surcroît, n’a aucun rapport avec ce que Mme Gladu et M. Truchon ont demandé dans leur requête en justice.

Quant à l’affirmation de la ministre que cet élargissement de l’AMM ne s’appliquerait que dans des « situations extrêmement exceptionnelles », celle-ci n’a rien de rassurant car, une fois le précédent créé, on risque de nouveau de subir les conséquences d’un dossier mal réfléchi, aux conséquences mal définies et qui, pour l’instant, est loin de faire consensus dans la population.

Au lieu de penser à offrir aux Québécois des réductions d’impôt qui se traduisent souvent par des miettes dans le compte de banque des contribuables, le gouvernement Legault gagnerait en crédibilité en réinvestissant là où les libéraux ont sauvagement sabré et, plutôt que de penser à élargir l’AMM aux personnes qui ont des troubles mentaux sévères, on aurait avantage à renforcer la qualité des services offerts à ceux qui souffrent de santé mentale et aux organismes qui leur viennent en aide.


 
4 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 24 janvier 2020 04 h 44

    Au moins, le ministre Jolin a l'humilité de s'excuser et de reviser sa politique quand il fait des erreurs.

    Je suis d'accord avec vous que le gouvernement Legault doit investir des sommes considérables dans les services publics que les gouvernements libéraux consécutifs ont appauvris avec leur politique d'austérité. Par contre, je préfère un gouvernement qui a l'humilité de s'excuser quand il fait des erreurs et de reviser ses politiques, qu'un gouvernement arrogant, comme celui de Couillard et Charest, avec leurs politiques dévastatrices, ancrées dans le béton, sans jamais ni des excuses ni des revisions.

  • Christian Montmarquette - Abonné 24 janvier 2020 07 h 35

    Mettez-en !

    « Le gouvernement Legault gagnerait en crédibilité en réinvestissant là où les libéraux ont sauvagement sabré et, plutôt que de penser à élargir l’AMM aux personnes qui ont des troubles mentaux sévères, on aurait avantage à renforcer la qualité des services offerts à ceux qui souffrent de santé mentale et aux organismes qui leur viennent en aide. » - Jean-Paul Plante

    - Mettez-en !

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 24 janvier 2020 08 h 59

    Eugénisme

    Quand j'ai entendu cette nouvelle sur les personnes atteintes de troubles mentaux en relation avec l'AMM, le mot «eugénisme» m'est venu spontanément.

    Serais-je le seul à qui c'est arrivé?

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 24 janvier 2020 15 h 12

    … ?!? …

    « Au lieu de penser à offrir aux Québécois (…), le gouvernement Legault gagnerait en crédibilité en réinvestissant là où les libéraux ont sauvagement sabré et, plutôt que de penser à élargir l’AMM aux personnes qui ont des troubles mentaux sévères, » (Jean-Paul Plante)

    Bien sûr que certes, mais, dudit syndrome, et de l’Éventuel élargissement de l’AMM aux personnes en situation de « santé mentale », on-dirait que, de la présente gouvernance (A), quelque chose cloche et sonne faux ; que ce quelque chose semble porter quelque chose d’inusité susceptible de …

    … ?!? … - 24 jan 2020 –

    A : Bien qu’elle soit populaire et nationaliste (d’obédience « fédérale »), l’actuelle Gouvernance étonne d’excuses en excuses et de situations « cocasses » (« Canadian french ») ; deux manières de faire Komme « ÇA » !?