Pénurie d’enseignants

La rentrée des enseignants dans les écoles du Québec est commencée et, bientôt, ce sera le tour des élèves. Encore une fois cette année, on entend déjà que des élèves sont sans enseignant titulaire. Les listes sont vides.

Nous voulons le meilleur pour la relève de demain. Le cursus de cours du baccalauréat en enseignement est toujours de quatre ans. Rares sont les cours pouvant être suivis le soir, les programmes sont planifiés pour être suivis à temps plein. Il ne faut surtout pas que les étudiants en cours de qualification, qui font pour plusieurs déjà de la suppléance à la journée, aient la responsabilité d’une classe. Le milieu universitaire reste inflexible.

Je suis de celles qui croient fermement à la qualification des employés pour faire une tâche spécifique. Toutefois, je ne peux m’empêcher de penser… si l’on permettait aux gens en cours de formation de prendre un contrat pour un an ? Si l’on se donnait les outils pour s’assurer que les élèves seront avec des personnes qui ont leur brevet d’enseignement ou une personne soutenue par une équipe composée de gens qui le possède ? Ne serait-ce pas mieux que refaire face aux mêmes problèmes d’années en année ?

Entre la théorie et la pratique, il y a souvent une marge. Ici, il y en a une, et cela est un problème pour la relève de demain. On vise l’excellence, en théorie. En pratique, il faut trouver des solutions concrètes. À défaut d’avoir l’excellence, serait-ce possible d’avoir ce qu’il y a de mieux pour les élèves ?

Certaines commissions scolaires oseront embaucher des personnes non légalement qualifiées pour pourvoir les postes vacants. Il peut être insultant pour certains enseignants ayant suivi le parcours traditionnel de voir ces personnes rejoindre leurs rangs. Le personnel de l’école est appelé à combler les chaises vides, dans certains cas, sans avoir un crédit universitaire en éducation. Ne serait-ce pas mieux d’avoir des étudiants en formation dans ce cas ? Certaines écoles voient leur service d’orthopédagogie suspendu, car l’orthopédagogue se voit attribuer une classe. Il arrive qu’il en soit ainsi dans le cas de l’orthophoniste.

Je comprends bien la contradiction dans le discours des ministres entre le fait que l’éducation est importante et le peu de gestes concrets pour valoriser la profession et mettre fin au phénomène de la rentrée des classes sans enseignants. Je comprends aussi qu’user de souplesse et de créativité permet au gouvernement d’ignorer le problème. Il est géré sans son intervention, pourquoi s’en mêlerait-il donc ? Si rien n’est fait, les élèves vont en payer le prix. Peut-on vraiment laisser les enfants qui doivent être à l’école selon la loi, et ce, sans enseignants ?

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