Une sortie prématurée

La rentrée scolaire est à nos portes et le branle-bas de combat médiatique est commencé. Je ne vous parlerai pas des maternelles 4 ans, ni des « nouvelles belles écoles », et encore moins des élucubrations du ministre de l’Éducation. Je m’attarderai plutôt à souligner le défi de plus en plus grand que pose l’enseignement primaire et secondaire pour les enseignants et les enseignantes du secteur public québécois et le désengagement que cela provoque face à une tâche de plus en plus complexe, voire quasi impossible à réaliser pleinement dans les conditions actuelles.

Comme un artisan qui peaufine son oeuvre, l’acte pédagogique se veut l’aboutissement d’un travail de réflexions créatrices, qu’aucun artifice technologique ne pourra seul remplacer. On aura beau utiliser des tableaux interactifs, des ordinateurs, le Web ou tout autre gadget à la mode, rien ne viendra supplanter la relation privilégiée du prof avec ses élèves dans le processus d’apprentissage. La tendance vers une déprofessionnalisation du métier de l’enseignement par une multiplication des tâches à accomplir et une surveillance patronale tatillonne des gestes quotidiens au travail ont contribué à déshumaniser ce qui était pourtant simple et efficace. D’autant plus que la lourdeur de la clientèle scolaire va en augmentant et que les ressources ne suivent pas cette progression.

Il est temps que le gouvernement Legault prenne acte de ces régressions et propose des solutions réalistes au lieu de miser sur un tape-à-l’oeil qui ne règle pas le fond du problème. À cet effet, est-il normal que la classe enseignante au Québec soit la moins bien rémunérée au Canada ? La valorisation du travail des profs passe par une reconnaissance sociale de leur rôle, et le salaire en fait partie.

La CAQ a beaucoup parlé d’éducation lors de la campagne électorale et François Legault a même indiqué, lors du dernier congrès de la Commission de la relève, que l’éducation était un beau projet de société. Espérons qu’elle actualise ses promesses lors de la prochaine négociation pour le renouvellement de la convention collective des enseignants et des enseignantes. De même, les parents ne pourraient-ils pas faire une chaîne humaine autour des profs de leurs enfants pour les appuyer, afin qu’ils n’en viennent pas à quitter la profession, épuisés et désabusés ?

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