Tous pour l’environnement

Je ne sais pas pour vous autres, mais moi, cet été, je suis plus conscient que jamais de mon empreinte écologique. Si bien, par exemple, que je me retiens de monter spontanément en solo à La Tuque à partir de Trois-Rivières avec ma voiture pour aller assister à l’un ou l’autre de ces jeudis centre-ville endiablés.

Conscient de mon empreinte ? Je vous confie que j’en viens par ailleurs à me demander pourquoi. Oui, pourquoi maintenir cette ferveur alors que des nouvelles récentes de l’actualité m’informent qu’il faut tout simplement apprendre à composer avec l’environnement pour se blanchir de le polluer.

C’est vrai. Regardez le pipeline de monsieur Justin dans l’Ouest qu’on se disculpe de devoir construire en faisant la promesse de consacrer à une hypothétique conversion énergétique pancanadienne tous les profits qui en résulteront.

Regardez le 3e lien de monsieur Bonnardel à Québec qu’on se garde bien de vouloir construire uniquement pour les véhicules polluants en faisant la promesse — bien sûr — d’y jumeler un corridor (le mot est à la mode…) pour les transports en commun. Sans quoi, on ne le faisait pas, a juré le ministre !

Et puis, ici même en ville, le candidat conservateur aux élections fédérales n’a-t-il pas simplement qu’à se montrer vaguement favorable à l’environnement pour penser qu’on le croit ? Pour penser que tout est beau ? Et que tout va très bien dans le meilleur des mondes, madame la marquise ?

En tout cas, lors du conseil général de son parti en avril dernier, voici entre autres ce qu’a dit le candidat selon le Journal de Montréal : on est tous pour l’environnement de façon intelligente, de façon logique.

Ah ! Je l’avais oubliée, cette logique si utile qui me permettrait certainement de trouver une raison rationnelle d’aller à La Tuque l’un de ces jeudis sans trop me le reprocher…

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14 commentaires
  • Clément Fontaine - Abonné 17 juillet 2019 08 h 23

    C'est pas parce qu'on en rit que c'est drôle

    En effet, il ne se passe pas une journée sans qu'on apprenne une autre mauvaise nouvelle sur le plan environnemental, alors que nos élus semblent rester de marbre - certains diront de glace. Ainsi le mercure a atteint 21 degrés Celsius dimanche à Alert, à moins de 900 km du pôle Nord. Un record absolu de chaleur pour cette station. Mais y a pas de problème, si l'ours blanc pouvait parler, qu'il soit d'allégeance conservatrice, libérale ou caquiste au provincial, il déclarerait sûrement « Tout va très bien, madame la banquise.»

  • Cyril Dionne - Abonné 17 juillet 2019 08 h 39

    Vous pouvez aller à La Tuque l’un de ces jeudis sans trop vous le reprocher

    Combien représente l’empreinte écologique de l’auteur du 0,1% produit par le Québec du total des GES mondiaux? Ridicule n’est-ce pas à moins de vouloir élever émotivement, l’écologie à une religion et non pas à la science comme le fait Québec solidaire. Il semble que les changements climatiques soient devenus un problème des riches. Tout cela pour dire que c’est la surpopulation qui est le mal du siècle.

    Justin « pipeline » Trudeau et son homologue conservateur, c’est quatre trente sous pour une piastre. Le Parti Vert veut transporter le pétrole des sables bitumineux par chemin de fer et le NPD de Rachel Notley défendait avec une ardeur incroyable, le pétrole sale de sa province. Il ne faudrait pas oublier que le Canada, malgré les sables bitumineux de l’Alberta, ne produit que 2% des GES mondiaux. En fait, l’Alberta et la Saskatchewan produisent plus de 60 fois par capita que le Québec. C’est le 98% des autres qui devrait retenir notre attention parce les GES ne connaissent pas les frontières géopolitiques.

    La réponse à la surpopulation passe par l’émancipation des femmes partout dans le monde. Mais ce sont les barrières religieuses et culturelles qui empêchent ce mouvement présentement. Que la moitié de l’humanité devienne éduquée, vous verrez rapidement que le taux de natalité baissera partout. Mais encore une fois, ce sont surtout les idéologies politico-religieuses patriarcales qui sont le cœur du problème.

    Alors M. Martin, allez à La Tuque.

    • Patrick Boulanger - Abonné 17 juillet 2019 12 h 25

      Il me semble hasardeux de se croiser les bras en se disant que nos efforts pour protéger la planète ne valent pas la peine.
      Je crois plutôt que cet enjeu est l'affaire de tous et qu'il faut tous - à l'échelle de la planète - mettre la roue à l'épaule pour tenter de renverser la vapeur. Plus qu'il y aura d'acteurs (ex. : gouvernements « verts »; organisations environnementalistes; intellectuels; militants écologistes; citoyens conscientisés; etc.) dans le monde qui poussent dans le bon sens, plus on aura de chances d'éviter le pire collectivement.

      M. Dionne, par ailleurs, pourquoi vous vous en prenez à M. Trudeau, M. Scheer, le Parti vert et le NPD... albertain si, selon vous, le Canada « ne produit que 2% des GES mondiaux »?

    • Patrick Boulanger - Abonné 17 juillet 2019 13 h 36

      Il me semble hasardeux de se croiser les bras en se disant que nos efforts pour protéger la planète ne valent pas la peine.
      Je crois plutôt que cet enjeu est l'affaire de tous et qu'il faut tous - à l'échelle de la planète - mettre la roue à l'épaule pour tenter de renverser la vapeur. Plus qu'il y aura de structures et d'acteurs (ex. : gouvernements « verts »; organisations environnementalistes; intellectuels; militants écologistes; citoyens conscientisés; etc.) dans le monde qui poussent dans le bon sens, plus on aura de chances d'éviter le pire collectivement.

      M. Dionne, par ailleurs, pourquoi vous vous en prenez à M. « pipeline » Trudeau, M. Scheer, le Parti vert et le NPD... albertain si, selon vous, le Canada « ne produit que 2% des GES mondiaux »?

  • Patrick Boulanger - Abonné 17 juillet 2019 09 h 34

    Pour que la protection de l'environnement deviennent une priorité, nous pourrions commencer par élire des députés issus de formations qui placent la protection de l'environnement dans leurs priorités. Par exemple, l'Île-du-Prince-Édouard vient de donner au Parti vert l'opposition officielle dans son parlement.

  • Danièle Jeannotte - Abonnée 17 juillet 2019 10 h 03

    Du moment que ça coûte pas trop cher...

    Oui, M. Martin, vous avez raison. Tous pour l'environnement, pourvu que l'essence ne coûte pas trop cher, qu'on puisse se payer la grosse baraque en banlieue avec piscine et garage triple, qu'on puisse s'acheter tous les gugusses qu'on veut fabriqués en Chine, en Inde ou au Pakistan,qu'on puisse aller dans le Sud 2 fois par année, bref, pourvu qu'on ne soit pas dérangés dans nos habitudes. Dans ce contexte, je ne vois pas pourquoi vous vous empêcheriez d'aller à La Tuque en voiture si ça vous tente.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 17 juillet 2019 10 h 05

    Gazoduq

    Regardez le gazoduq-GNL-Saguenay... et vous ne verrez rien car la pollution énorme qui en ressortira ( s'il est accepté) est absolument invisible! Y fait chaud au Nord, y fait chaud au Sud ( nouvelle chanson!), pis les climatosceptiques nous enfoncent dans la gorge que c'est passager et normal.

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 17 juillet 2019 10 h 12

      J'oubliais que nous les anciens porteurs d'eau porteront désormais le gazz, avec le souhait de monsieur Legault, en échange de quelques emplois payants et peut-être d'un contrat de vente d'électricité.
      Puis, le G Mob nous dit que la pollution de ce gazoduq ( 50 millions de tonnes de GES annuellement pendant 25 ans,OUF), ANNULERA TOUT CE QUE NOUS AVONS FAIT PORU ÉLIMINER LES ges DEPUIS 1990. Zut!

      https://www.groupmobilisation.com/a-propos
      Tenons nos tuques!

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 17 juillet 2019 12 h 33

      D'ailleurs, aprè une relecture du Plaidoyer pour l'altruisme de Matthier Ricard, ( page 836), le gazoduq ne tiendrait pas le coup de l'acceptation si au lieu du PIB on le mesurait à un " indicateur de véritable progrès: IVP, ou encore à un " indice de bien-être économique durable" IBDE, ou encore au bonheur national brut et ses six principes..

    • Cyril Dionne - Abonné 17 juillet 2019 13 h 03

      Oui M. Saint-Jarre, même si je ne suis pas d'accord avec ce projet. 50 Mt pour le gazoduq-GNL-Saguenay contre 13 000 Mt pour la Chine annuellement. Bientôt, ce sera 16 000 Mt en 2030. Il y a de quoi s'énerver au Québec. Vous savez, les GES chinois ne connaissent pas les frontières géopolitiques.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 17 juillet 2019 13 h 14

      Tournez les choses comme vous le voudrez, les GES sont produits à la consommation, et pour la consommation.

      Limiter ou bloquer une production ici et là ne change rien quand le marché est libre et mondiale.