Oubliez-moi pendant les Fêtes

Lorsque les Fêtes sont proches, comme psychologue organisationnel, j’ai l’habitude de dire aux personnes que j’accompagne : « Oubliez-moi pendant les Fêtes. » Cela n’est pas dit en déconsidérant mon travail avec eux. Mais l’expérience m’a appris que les problèmes complexes, préoccupants ou douloureux ont parfois besoin de rester dans l’oubli pour que jaillissent leurs solutions.

Qui n’a pas vécu cette désagréable impression de pensées tournant en rond, revenant sans fin au même point ? Peut-être avez-vous plutôt vécu cette variation prenant la forme d’impulsions d’action, qui une fois assouvies, laissent vide d’énergie et toujours à ce même point ?

Dans ces circonstances, le client a souvent besoin d’une boussole capable de lui montrer son nord. C’est-à-dire cette direction référence ayant trait à ses valeurs importantes, à ses besoins fondamentaux, à ses rêves essentiels ou à ses plaisirs nourriciers. Mais encore, il ne suffit pas de pointer vers son propre nord, il importe de s’y diriger d’une manière convenant au voyageur.

Il arrive aux humains de tellement travailler à la résolution de leurs problèmes qu’ils en oublient la finalité ou qu’ils la travestissent en leurre. D’autres fois, l’absence de solutions et la présence de découragement indiquent un manque de réelle volonté, car la réussite maintiendrait sur le même chemin de déviation, parsemé des mêmes embûches. Encore plus souvent, des personnes ne se reconnaissent plus à la suite de leurs choix de moyens inadéquats pour atteindre leurs buts. Comment alors avoir de l’énergie lorsqu’on ne marche plus sur un bon chemin pour soi ?

« Oubliez-moi pendant les Fêtes » signifie pour mon client qu’il a fait d’importants efforts de réflexion, que de nombreux facteurs ont déjà été soupesés, que les pour et les contre ont été additionnés, mais que le brouillard cache encore le choix assuré. Le temps des Fêtes est un moment indiqué pour prendre du temps afin de faire ce que l’on apprécie et de se rebrancher sur l’essentiel. J’aime souvent citer faussement l’ancien premier ministre Robert Bourassa en disant « qu’il est urgent de ne rien décider ». Les vacances des Fêtes, c’est souvent le moment de ne rien décider, afin de choisir plus tard avec assurance et tranquillité d’esprit.

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1 commentaire
  • Céline Gauthier - Abonnée 1 janvier 2019 11 h 36

    Une boussole pour retrouver son nord

    Votre commentaire est d'une grande sagesse. Dans le tourbillon effréné de nos vies et les épreuves humaines qui ne manquent pas, parfois, comme vous le soulignez avec justesse, "il est urgent de ne rien décider". On n'essaie pas d'ouvrir tous les pots en même temps. Il faut se donner un temps propice pour se déposer, pour tenter de retrouver le sens, l'essence aussi, et veiller pour l'arrivée de son kaïros, ce moment d'opportunité à saisir, une occasion dont on ne sait jamais quand elle survient... Et en attendant, baisser le feu et refermer le couvercle doucement, pour mijoter. Bonne année!