Socialiser les pertes, privatiser les profits

Bombardier vient d’annoncer la suppression de 2500 emplois au Québec. On se souvient que Bombardier avait reçu une aide financière de 1,3 milliard de dollars de la part du gouvernement Couillard dans la CSeries, qui est maintenant la propriété d’Airbus. Même si la « restructuration » annoncée ne touche pas la CSeries, il n’en demeure pas moins que Bombardier a profité largement de l’aide financière de l’État tout au long de son histoire. Si ces suppressions de postes vont plaire aux actionnaires, elles auront des conséquences désastreuses pour les employés licenciés qui ont appris la nouvelle par un communiqué de presse laconique venant de la haute direction de l’entreprise.

Véritables « assistés sociaux » dans les moments difficiles, les dirigeants de Bombardier se sont rempli les poches aussitôt que l’entreprise a eu la tête hors de l’eau en s’octroyant des hausses salariales et des primes indécentes. Pour eux, sky is the limit… même si parfois certaines décisions concernant les grandes orientations de l’entreprise ont volé bas.

Voilà un bel exemple d’une société néolibérale où les gouvernements interviennent à même les fonds publics en socialisant les pertes des grandes entreprises dans les secteurs des banques, de l’automobile, de l’aéronautique et autres. Une fois la tempête passée, ils laissent libre cours à des stratagèmes qui visent une maximisation des profits, engraissant ainsi les portefeuilles des actionnaires avides de rendements, tout cela au détriment d’une main-d’oeuvre de plus en plus jetable.

1 commentaire
  • Sylvie Lapointe - Abonnée 10 novembre 2018 18 h 16

    Trop vrai

    Ces compagnies ont un pattern de base facile à comprendre: ce sont des capitalistes-socialistes, c'est-à-dire dont le but est de capitliser les profits et de socialiser les coûts et les pertes. Elles se sont créé des règles à l'interne qui servent strictement leurs intérêts propres. Les autres, ils sont là pour payer. Point.