Lendemain de veille au Parti québécois

Eh bien, voilà : le Parti québécois est revenu à sa taille d’origine, mais en bien plus mauvais état. Comme ses deux chefs précédents ne parlaient presque plus de l’indépendance (la raison d’être du parti), l’idée s’est évaporée dans les esprits et le PQ ressemble aujourd’hui à un squelette dont on entend cliqueter les os, musique fort attristante. Réussira-t-on un jour à lui remettre un peu de chair ? Rien n’est moins sûr.

Jean-François Lisée avait cru pouvoir réaliser un coup fumant en s’abstenant de parler d’un sujet aussi effrayant que la liberté d’un peuple. Cela lui aurait permis, pensait-il, de se faire élire pour un premier mandat au cours duquel il aurait ébloui tout le monde par ses somptueuses réalisations. Les électeurs lui en auraient alors accordé un second, et le Québec serait devenu un pays.

La modeste intelligence de ces électeurs, hélas, n’atteint pas la subtilité de l’astucieux chef de parti. Son projet a fait patate et nous voici maintenant gouvernés par le chef de la CAQ, François Legault, ancien souverainiste qui a décidé de se tourner vers les vraies affaires. On entend déjà le bruit de ses gros sabots.

Nous entrons dans une nouvelle ère politico-sociale, celle de l’environnement, un thème qui, à juste titre, mobilise de plus en plus les esprits. Le projet de pays est-il mort ? Je ne le sais pas plus que vous. Mais la protection de l’environnement s’impose comme une urgence. Les éléments identitaires et culturels vont alors passer à l’arrière-plan. Or, comme on peut respirer aussi bien en anglais qu’en français et qu’il faut absolument respirer pour vivre, il y a fort à parier que les indépendantistes risquent de se donner un tour de reins en tentant de remonter la côte et de retrouver la cote.

Comme quoi la simplicité et la franchise, en politique comme en bien d’autres domaines, restent la meilleure base de stratégie.

9 commentaires
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 12 octobre 2018 07 h 13

    Bref !

    « Or, comme on peut respirer aussi bien en anglais qu’en français et qu’il faut absolument respirer pour vivre, il y a fort à parier que les indépendantistes » (Yves Beauchemin, Écrivain)

    Possible, mais ce doute :

    Si, du PQ et de QS, ces « indépendantistes » se reconnaissent dans un éventuel PAYS, laïque et francophone, la séparation du Québec du Canada (Ce pays si loin et si proche de nulle part) adviendra en temps et lieu !

    Bref ! - 12 oct 2018 –

    Ps. : Outre QS, lorsque les autorités du PQ se sont retirées de l’article 1 pour gagner des élections, elles se sont « enfargées dans la bouette » ! Vive la fierté québécoise ?!?

  • Marc Therrien - Abonné 12 octobre 2018 07 h 26

    Pour le PQ déboussolé, retrouver le nord

    L’élection de Méganne Perry-Mélançon après un recomptage dans la circonscription de Gaspé est peut-être le signe que le PQ attendait pour reprendre espoir. Il n’y a pas de petite victoire sur le chemin des victoires. René Lévesque a grandi en Gaspésie. Comme on peut le faire avec une boussole lorsqu’on est égaré, c’est par le nord que l’on peut retrouver son chemin. On remet le compteur à zéro et c’est par le nord qu’on recommence à rêver au pays.

    Marc Therrien

  • Gilles Bousquet - Abonné 12 octobre 2018 07 h 51

    M. Lisée a voulu, comme les mutins du Bloc québécois, améliorer le Québec...DANS LE CANADA

    Les efforts du Bloc et du PQ, pour améliorer (défendre) le Québec dans le Canada, quand ça réussit, renforce la fédération canadienne.

    Un parti indépendantiste doit avoir, comme objectif, de SORTIR LE QUÉBEC DU CANADA, au plus coupant, pas d'en améliorer la place DANS LE CANADA, pendant 4 ans, une affaire fédéraliste. M. Parizeau l'avait bien compris, principalement en 1 994 et Mme Ouellet en 2017 mais des raisons électoralistes et carriéristes ont brouillé les idées de trop de députés.indépendantistes de ces 2 partis.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 12 octobre 2018 22 h 42

      L'Indépendance: SORTIR LE CANADA DU QUÉBEC (sic)

  • Bernard LEIFFET - Inscrit 12 octobre 2018 09 h 57

    Un Québec déboussolé!

    Comme bien des Québécois en région, particulièrement en Gaspésie, je pense que tous les partis politiques ont un devoir primordial, celui de vivre dans un pays qui les rassemble et non pas dans un pays où le multicultarisme, par sa nature, n'est probablement pas pour le bien de chacun. Loin de moi de repousser la venue d'immigrants qui sont en quête d'un pays démocratique, encore faut-il qu'ils adoptent nos us et coutumes, comme la langue et la laïcité. Bref, ils devront s'intégrer normalement sans opprimer ni critiquer ceux dont les ancêtres francophones ont fondé ce coin de pays en terre d'Amérique. Maître chez nous! En résumé, l'union fait la force contre l'adversité, sous toutes ses formes (orales,écrites et imagées) qui est toujours prête à dénigrer l'option nationaliste québécoise et encore bien plus l'option indépendandiste! Il fallait chasser le Parti Libéral du Québec, comme le fut le Parti Conservateur du fédéral. Qu'en sera-t-il du nouveau gouvernement dans quelques années après le retour au bercail des brebis égarées?

  • Bernard Terreault - Abonné 12 octobre 2018 11 h 35

    Je peux te comprendre

    Sympathique voisin, tu permets que je te tutoie en public? Je peux comprendre ta déception, que je partage. Comme toi, je n'arrive pas à déterminer si la jeune génération, une fois passée la mode anglicisante actuelle, va de nouveau vouloir vivre en français et aussi en continuité avec la touche sociale-démocrate qui a distingué le Québec au sein de l'Amérique depuis 50 ans. Peut-être que Trump & Cie vont, paradoxalement, nous y aider! Je connais quelques personnes qui commencent à bouder les ÉU, L'Alberta et même l'Ontario de Ford.