Bravo, Canada!

Lorsque la ministre Chrystia Freeland a « fortement » appelé à la libération de Raïf et Samar Badawi, ses propos ont été jugés inacceptables par l’Arabie saoudite, qui y a vu une ingérence dans ses affaires intérieures. Dans son livre Dominer le monde ou sauver la planète (2003), Noam Chomsky cite un jugement rendu en 1986 contre le gouvernement américain au sujet du Nicaragua, dans lequel le juge affirme que toute forme d’intervention est prohibée si elle interfère avec le droit souverain de choisir un système politique, économique, social et culturel et de définir des politiques. D’autre part, lorsque des nations utilisent des méthodes de coercition comme le soutien matériel à des rebelles afin d’obtenir le départ d’un chef d’État, ou comme le lancement de deux bombes sur un bâtiment où s’abrite un chef d’État, le juge affirme que c’est une intervention illégale. Conséquemment, il pourrait conclure que la ministre Freeland s’est rendue coupable d’une intervention prohibée, mais non pas illégale. Bravo, Canada !

6 commentaires
  • Gilles Bousquet - Abonné 13 août 2018 06 h 41

    Oui, bravo ici gouverrnement Trudeau !

    Rendons à César ce qui est à César, quand même.

    • Cyril Dionne - Abonné 13 août 2018 16 h 47

      Pourquoi bravo? Si la vente de blindés en direction de l'Arabie n'a pas lieu, vous pouvez être garanti que le gouvernement de Justin dit de « Bieber » Trudeau va sacrifier la gestion de l'offre pour essayer de garder l'industrie automobile intact en Ontario. Vous savez, il a besoin des votes chez nos orangistes, surtout en région.

      La ministre Chrystia Freeland a fait ce « tweet » en pensant que personne ailleurs qu’au Canada ne le lirait. Ils s’en mordent les pouces maintenant au gouvernement qui parle de deux côtés de la bouche en même temps. On critique Donald Trump parce qu’il nous livre sa pensée à partir de ce média social et voilà qu’il y a des émules de celui-ci qui n’ont pas exactement le même succès. Trump parle aux Américains ; Freeland essayait de sauver les meubles après la débâcle de l’ALÉNA.

  • Bernard Dupuis - Abonné 13 août 2018 11 h 00

    Un bravo bien rapide

    Pour crier bravo à mon tour, il faudrait bien que le gouvernement Trudeau annule le contrat de vente de véhicules blindés à l’Arabie saoudite permettant de maintenir le peuple et les pays voisins dans la soumission la plus totale au régime. C’est un peu comme ouvrir la porte du poulailler au renard. Comment en même temps demander le respect du droit des volailles?

    En fait ce "bravo" n’en est-il pas un que de complaisance?

    Bernard Dupuis 13 août 2018

    • Gilles Bousquet - Abonné 13 août 2018 14 h 48

      Ça a plus l'air que c'est les Saoudiens qui vont annuler ce contrat, selon la déclaration de leur "chef"..

  • Jean-Charles Morin - Abonné 13 août 2018 13 h 12

    Un "bravo" bien complaisant.

    Même si elle a raison sur le fond, la ministre Freeland a agi de manière bien arrogante et irréfléchie. Il y a le fond mais il y a aussi la manière.

    À voir sa façon de se comporter, elle semble plus préoccupée à se faire du capital politique que d'aider vraiment les membres de la famille Badawi qui vont continuer de croupir en prison. Et pendant ce temps les blindés canadiens vont continuer à prendre le chemin de l'Arabie saoudite. Que voulez-vous; les affaires sont les affaires...

    Je regrette infiniment, mais il n'y a pas lieu de crier "bravo" pour ça.

  • François Beaulne - Abonné 13 août 2018 13 h 12

    Que d'hypocrisie!

    Comment peut- on dire Bravo à un gouvernement qui a signé en toute connaissance de cause un contrat de vente de $15 milliards de véhicules militaires à l'Arabie Saoudite, contrat que Justin Trudeau lui-même a défendu et dont il a minimisé la portée sur les droits de la personne lors du débat télévisé des chefs dans le contexte de la campagne électorale de 2015, en affirmant qu'il ne s'agissait que de jeeps de promenade et d'inspection.
    Contrat qui, de surcroit il n'a même pas eu le courage de signer, forçant son ministre des Affaires Étrangères, Stéphane Dion, qui était contre ce contrat, à le faire à sa place.
    Vos bravos sentent la partisanerie libérale!