L’obsession de l’uniformité pour l’école

En réponse à la libre opinion de Guy Rocher,

Ce n’est pas l’État qui subventionne les écoles privées, ce sont plutôt certains parents qui sont prêts à sacrifier une part de leur revenu pour subventionner l’école privée, à hauteur de 40 %, tout en payant aussi pour l’école publique. Là où M. Rocher voit de la concurrence, ce qui n’est pas un mal en soi, je vois pour les parents une liberté de choix entre consommer davantage de biens matériels et investir davantage dans l’éducation de leurs enfants. Sur le plan des ressources matérielles, les écoles publiques n’ont rien à envier aux écoles privées. S’il faut chercher des différences, il y a plutôt lieu d’examiner les exigences de la demande, tant de la part des parents que de la part des établissements, à l’égard des élèves.


 
24 commentaires
  • Jacques-André Lambert - Abonné 21 juin 2017 03 h 06

    Monsieur Rocher a raison.

    J’ai fréquenté l’école privée. Et je connais bien le clivage social qui s’y opère.
    Avant. Pendant. Après.

    Le système privé, monsieur Rocher le reconnaîtra, a été le prix à payer par la Commission Parent aux évêques pour démocratiser l’éducation. Or, cette concession a eu l’effet contraire.
    Cet éminent intellectuel reste fidèle aux objectifs que l’État québécois poursuivait. Et qu’il a oublié depuis.

    Puisque les classes gouvernantes sont issues de cet "écrémage" social. Notre actuel ministre de l’Éducation n’y est pas étranger.

    Demander à des bas salariés des quartiers défavorisés de "consommer moins de biens matériels" pour permettre à leurs enfants d’accéder à une éducation de meilleure qualité "le privé", est troublant.

    D’une part, vous demandez à des gens qui ont peu de se priver du luxe qu’ils n’ont pas pour que leurs enfants puissent accéder à une meilleure éducation: "le privé".

    Vous dont les taxes subventionnent le système public, j’espère que vous avez un peu d’empathie pour les parents moins nantis qui subventionnent à hauteur de 70% et plus les écoles privées réservées à 25% de la population.

    J’ai fréquenté les écoles privées. Question de hasard et d’un peu de talent. Mon origine sociale, ouvrière, était une tare que j’ai longtemps portée avec mes vieux vêtements.

    Mais c’est grâce à la Commission Parent, à la démocratisation de l’éducation, que ma génération a eu accès aux études supérieures, que j’ai pu obtenir un bac et une maîtrise et que ma sœur – qui rêvait d’être coiffeuse - a décroché son MBA à l’ÉNAP.

    Monsieur Rocher a raison. Mais les privilégiers protégeront toujours leurs privilèges.

    • Jean-Henry Noël - Inscrit 21 juin 2017 11 h 14

      Monsieur Rocher, expliquez-moi pourquoi les Écoles d'éducation internationale, écoles publiques, équivalent les écoles privées. Ma fille a fréquenté celle de la Rive-Sud alors sise à Saint-Hubert (ils l'ont déplacée à Mac-Masterville) , qui drainait Varennes, Boucherville, Longueil, Saint-Hubert et qui, selon les quotations de l'Actualité, l'emportait sur Bréboeuf. Bien sûr, ces écoles font une sélection. Moi, je n'ai rien contre. Quant aux quartiers défavorisés, c'est un problème sociétal que l'école ne peut pas résoudre. Cela relève de nous, les citoyens, et de nos gouvernements. Après tout, la péréquation est accordée au Québec parce qu'elle est une province pauvre. Cet argent devrait être au service des pauvres au lieu de servir à subventionner Bombardier et autre General Electric. Ceci est un vol éhonté.

  • Jean-François Trottier - Abonné 21 juin 2017 06 h 36

    Si au moins c'était de la concurrence...

    M. Jodoin,

    En effet il n'y a pas de concurrence, ou du moins pas de concurrence loyale puisque le privé part avec 100 pas d'avance. Vous le savez, je n'en doute pas, ce qui explique probablement la courtesse de votre lettre.

    Le privé fait passer des tests d'aptitude et font de l'écrémage, pas de la concurrence.

    Il a été démontré que le financement des écoles privées par le gouvernement s'élève à 75%, pas 60. On va pas rouvrir cette histoire.
    Du 25% qui reste, combien est utilisé pour tout autre chose que l'enseignement ?
    Par exemple, représentations et publicité pour attirer la clientèle entre autres, encore de la concurrence déloyale : votre 25% ne sert pas vraiment à l'éducation de vos enfants, mais à gagner "contre" les autres institutions.

    Il sert aussi à faire rédiger les devoirs directement à l'école, ce qui fait que les parents n'ont pas à suivre aussi attentivement leurs enfants. Les moins riches n'ont pas cette possibilité et sont, souvent, moins éduqués, d'où encore une concurrence déloyale, mais entre enfants cette fois-ci puisque ceci jouera directement sur l'acceptation aux études post-secondaires.
    Donc une partie de ce 25% sert très souvent à payer la démission des parents qui le peuvent face à leurs obligations de suivre leurs enfants.

    En tant que "payeurs", je n'ai jamais vu de parents dont les enfants sont au privé se présenter à une réunion au public. Peut-être les exigences deviendraient supérieures s'ils s'y présentaient ?
    Ils n'iront pas, évidemment... à moins bien sûr que leurs enfants y soient. Votre argument démontrerait plutôt ce pourquoi le privé occupe une place beaucoup trop grande au Québec.

    En résumé on ne parle pas de concurrence mais de "concurrence déloyale", tant du côté des écoles que des enfants et des parents.
    Appelez les choses par leur nom.

    Ceci dit, si votre "liberté" exige que vous choisissiez seul, alors je vous en prie, payez seul. 100%, ça vous dit ?

  • François Beaulé - Inscrit 21 juin 2017 07 h 07

    La réalité est différente de votre perception

    Quand on examine les revenus des parents qui choisissent l'école privée, on constate que la plupart d'entre eux ont des revenus supérieurs à la moyenne. Les enfants des gens ayant des revenus inférieurs à la moyenne sont très peu présents à l'école privée.

    Les subventions à l'école privée avantagent donc surtout les plus fortunés. L'État favorise de la sorte la séparation des élèves selon le revenu familial ou selon la religion pratiquée. Alors qu'au contraire, l'État devrait favoriser le vivre-ensemble. En Ontario, les écoles privées ne sont pas subventionnées et la proportion des élèves qui les fréquentent est minime. Au Québec, la séparation des élèves est manifeste dans les régions de Montréal et de Québec, beaucoup moins dans le reste de la province. Il est plus que temps de mettre fin à ces discriminations.

    • Claude Bernard - Abonné 21 juin 2017 16 h 24

      Les subventions devraient être modulées en fonction du revenu des parents.
      De 100% à 0%, ainsi nous mettrons fin à l'aide aux riches et permettrons à la classe moyenne inférieure, dont les revenus ne suffisent pas, de profiter des avantages des écoles privées.
      À cela ajouter des bourses pour ceux qui en ont besoin et qui ont la capacité de suivre les cours, cela serait encore mieux.

  • Sylvain Auclair - Abonné 21 juin 2017 07 h 25

    Le problème, c'est la sélection...

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 21 juin 2017 20 h 26

      J'ai vu dans une meme famille a l'aise des enfants acceptés au privé et d'autres non a cause de cet écrémage qui bannit les moins doués.
      Comme en Ontario les écoles privés ici devrait etre a 100% a la charge des Parents.Meme chose dans lavie civile,le gouv.actuel engraisse les riches et plume ceux qui ont besoin d'aide pour la bonne raison que les pauvres est une clientele captive qui vote pour leur misere,un espec de syndrome de Stockholm :désolant et pénible.

    • Marc Therrien - Abonné 21 juin 2017 20 h 45

      Pour ces pauvres humains condamnés à pouvoir choisir parce que libres qui en grand nombre aimeraient mieux parfois être condamnés à ne pas avoir le choix ou à tout le moins, s'en servir comme excuse. C'est ce que Sartre appelait la mauvaise foi, je crois.

      Marc Therrien

  • Jean Lapointe - Abonné 21 juin 2017 07 h 34

    Ce n'est pas qu'une question de coûts

    Faut être joliment borné pour penser que le problème ce n'est qu'une question de coûts.

    C' est comme si, pour ce monsieur, les parents ne devaient se soucier de l'éducation que de leurs enfants sans tenir compte des autres.

    Il n'a pas l'air de savoir que l'éducation des enfants c'est une responsabilité collective parce que c'est l'avenir de tous les enfants qui est en jeu pas seulement celui de quelques uns d'entre eux et que c'est l'avenir de la société elle-même dont ils font partie qui est aussi en jeu.

    Nous ne sommes pas que des consommateurs.

    Quand on vit en société on doit se préoccuper des problèmes de toute la société et non pas seulement de ses propres problèmes à soi.

    Autrement ce serait l'anarchie.