Une vision juste de l’école

Quelle bouffée d’air frais que vos propos rapportés dans Le Devoir de ce matin !

Pour avoir vécu et analysé l’école secondaire publique depuis 1968 jusqu’à ce jour, je partage pleinement votre vision actuelle et l’ensemble des améliorations urgentes à apporter à notre système scolaire québécois :

Priorisons l’équité du système d’enseignement primaire et secondaire : arrêter la dérive de l’école publique au profit de l’école privée. L’école publique doit se contenter de plus en plus d’élèves de familles pauvres ou immigrantes (à Montréal notamment), laissant la porte ouverte à l’école privée de choisir et de faire le plein d’une clientèle provenant de familles aisées et moyennes. Ce choix de l’école privée par 30 à 40 % des parents s’explique, sans contredit, par la qualité de la clientèle de l’école privée en général ; pour avoir enseigné jadis, je sais que les bons élèves font généralement les bons enseignants !

Et j’ajoute que le plus souvent, ce choix de l’école privée par les parents est guidé par l’encadrement et le suivi des élèves qui y est pratiqué en général.

Enfin le financement public des écoles privées, à hauteur de 60 % je crois, n’est pas étranger à la grande popularité des écoles privées.

Aussi, dans les circonstances, ne faut-il pas s’étonner que de 30 à 40 % de la clientèle scolaire déserte l’école publique, notamment au secondaire, privant ainsi celle-ci d’une variété d’élèves (forts, moyens, faibles) avec lesquels l’organisation scolaire de l’école pourrait créer des groupes d’élèves équilibrés et stables (groupe d’appartenance) avec enseignant titulaire responsable. Bien sûr, ce dernier point va exiger une réforme en profondeur de l’organisation scolaire de l’école secondaire publique… et pourquoi pas ?

Arrêtons de chercher la pierre philosophale et d’inventer toutes sortes de recettes plus ou moins heureuses.

Revenons à la base, cette base que les écoles privées, d’ailleurs, n’ont jamais délaissée, c.-à-d. créons ce fameux groupe d’appartenance, si important pour l’adolescent(e), la « gang » comme ils disent, car c’est dans ce groupe de base que l’adolescent(e) se trouvera à l’aise, et la dynamique de ce groupe l’aidera à se motiver, à travailler et à étudier.

Le chantier de l’Éducation est ouvert… Merci Monsieur Lessard de nous y convier.