La clé de la réussite de l’école privée: la sélection des parents

Dans une lettre aux lecteurs aux allures d’infopub, Jean-Marc St-Jacques, président de la Fédération des établissements d’enseignement privés, expliquait récemment pourquoi l’école privée était meilleure que l’école publique : « C’est parce qu’elle sélectionne son personnel et le mobilise autour d’un projet éducatif étoffé et inspirant. » Voilà : rien de moins. Les enseignants et les projets éducatifs y sont meilleurs ! Pourtant, combien de fois ai-je vu des candidats refusés à l’embauche au secteur public trouver aisément un emploi dans une école privée ? Combien d’élèves expulsés de ces milieux inspirants se sont retrouvés dans mes classes ?

À notre ministre de l’Éducation qui est actuellement en consultation afin de développer des moyens de favoriser la réussite scolaire du plus grand nombre, ne cherchez plus ! Il suffit de prendre toutes les directions et les enseignants des écoles privées et de les envoyer dans nos écoles publiques…

Non, le succès de l’école privée ne s’explique pas par la sélection des élèves qui s’y retrouvent, comme le croit M. St-Jacques, citant le très peu crédible Institut Fraser, un think tank reconnu pour ses positons de droite et favorable à la privatisation de l’éducation. Ce que ce dernier oublie de mentionner est que l’école privée opère, dans les faits, une sélection très nette basée sur le revenu des parents. Peu de familles ont les moyens de payer autant pour l’éducation de leurs enfants. Et quand on sait que le statut socio-économique d’un élève est un des principaux prédicateurs de la réussite d’un jeune à l’école, c’est comme de ne pas vouloir voir un éléphant dans une garde-robe.

20 commentaires
  • Jacques Lamarche - Inscrit 26 octobre 2016 06 h 16

    Deux mondes, deux visions de l'avenir!!

    Source de discrimiation et facteur de tensions, l'école privée subventionnée à la hauteur d'environ 50% continue de plus en plus, on le voit bien, à diviser la société québécoise et à miner sa cohésion sociale. Un véritable fléau!

    • Roxane Bertrand - Abonnée 26 octobre 2016 13 h 30

      Si le système privé prend une place de plus en plus importante c'est que le public ne rencontre plus les besoins, à l'exemple même du système de santé.

      Personnellement, je croyais au système public d'éducation et de santé, mais j'ai dû me rendre au privé pour le bien de mes enfants. J'en suis très attristée. Mon expérience me laisse au goût amer des services au public.

      Je ne pense pas que le problème soit dans l'existence du système privé (éducation et santé) mais dans l'incapacité du système public à s'organiser et se gérer.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 26 octobre 2016 13 h 30

      Je suis absolument d'accord avec M. Papineau. M. Papineau, dans la région de L'Assomption, serait dans la Commission scolaire des Affluents.

      Or, selon la dernière liste des écoles "défavorisées" produites par le Ministère, il n'y a aucune école élémentaire défavorisée dans cette Commission scolaire. Ce qui n'enlève rien au point de vue de M. Papineau, que j'entérine.

      Il faut, alors, imaginer l'enseignement dans des Commissions scolaires, notamment la CSDM, où une bonne partie des écoles sont classées défavorisées. En plus, à la CSDM, de nombreux élèves sont des fils d'immigrants...donc, problèmes de langues et autres.

  • Cyril Dionne - Abonné 26 octobre 2016 07 h 38

    Vous avez raison M. Papineau

    Le génie de l’école privée est de pratiquer la sélection naturelle dans l’expression la plus inhumaine puisque seulement ceux qui sont capables d’apprendre sans que l’État intervienne pour niveler les chances, méritent d’avoir la meilleure éducation possible. Les écoles privées, en faisant le tri des apprenants basé sur le quotient intellectuel et les facteurs socio-économiques des parents, pratiquent un darwinisme qui ne peut que conduire à des relations démocratiques malsaines entre les différentes couches sociales dans une société où tous supposément ont une chance égale.

    Prenons le climat qui existe et qui persiste présentement dans les salles de classe des écoles publiques au Québec. Les malaises ressentis par plusieurs professionnels en éducation semblent s’avérer plutôt une réflexion sociétale de la collectivité québécoise. Ceci n’est pas sans dire qu’avec l’intégration des élèves en difficulté dans les salles de classe, des curriculums qui ne reflètent pas une réalité éducative et un financement souvent inégal, tout ceci aide à amplifier le malaise pressenti par les enseignants de l’école publique. Les écoles privées n’ont pas ce fardeau; ceux qui ne peuvent pas suivre vont tout simplement être mis de côté et les sources de financement sont souvent inépuisables. Et c’est facile pour les écoles privées de se débarrasser des élèves sous-performant et exhibant des difficultés d’apprentissage et comportementale; ils n’ont qu’à inventer n’importe laquelle des excuses pour les renvoyer.

    La déresponsabilisation des principaux acteurs dans ce scénario pédagogique nous a amené à la présente réalité, et les écoles privées subventionnées à 60 % par l’État, contribuent à creuser le fossé entre ceux qui n’ont pas et ne peuvent pas et ceux qui peuvent et qui veulent tout garder. Cet élitisme, composé de parents parvenus et de nouveaux riches, contrarie directement les bases de la social-démocratie et mine la valeur de l’école publique au sein de la société.

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 octobre 2016 09 h 12

      À Cyril Dionne,

      "Cet élitisme, composé de parents parvenus et de nouveaux riches, contrarie directement les bases de la social-démocratie et mine la valeur de l’école publique au sein de la société." - Cyril Dionne

      M. Dionne,

      - Saviez-vous que le PQ que vous défendez allègrement sur toutes les tribunes a toujours été en faveur de l'école privée alors que Québec Solidaire que vous vous plaisez à attaquer est le seul parti qui veut que l'État cesse de subventionner l'école privée?

      C'est une véritable énigme de Sphinx que d'essayer de comprendre comment les péquistes font pour concilier leurs positions avec les positions de leur parti.

      Christian Montmarquette

    • Serge Morin - Inscrit 26 octobre 2016 14 h 00

      À M.Montmarquette
      Quand vous serez au pouvoir, essayez donc de le faire.
      Votre gouvernement durera encore moins longtemps que celui de la malhabile Mme Marois.
      l
      L'énigme, c'est vous.

    • Christian Montmarquette - Abonné 26 octobre 2016 15 h 07

      À Serge Morin,

      "Quand vous serez au pouvoir, essayez donc de le faire. Votre gouvernement durera encore moins longtemps que celui de la malhabile Mme Marois." - Serge Morin

      - Qu'est-ce qui aurait bien pu empêcher le PQ de mettre un terme au financement des écoles privées au Québec?

      - RIEN, sauf évidemment, ses éternelles attaques néolibérales aux services publics pour favoriser leur privatisation excatement comme le PQ et le PLQ l'ont aussi fait en santé.

      Quand on parle de politique, les péquistes vous répondent en nous parlant d'élections, de votes et de pouvoir.

      Les péquistes sont des souverainistes sans référendum et des gauchistes du libre-échange. - N'importe quoi ou ça, c'est pareil !

      Quand à votre très savante et très scientifique prédiction.. Je vous laisse sur cette citation d'un comique américain qui n'avait heureusement rien de commun avec nos humoristes du PQ.

      « On peut tout prévoir sauf l'avenir » - Groucho Marx

      Christian Montmarquette

    • Cyril Dionne - Abonné 26 octobre 2016 18 h 20

      M. Montmarquette,

      Saviez-vous que le garçon de Françoise David est allé à l'école privée ? Saviez-vous que le p'tit Nadeau est un produit des écoles privées ? En fait, tous les chefs étudiants aux carrés rouges étaient des produits de l'école privée.

      Et avant que vous m'accusiez d'être péquiste, je suis Franco-Ontarien. Ceci étant dit, nous avons d'excellentes écoles publiques en Ontario. Il n'y a presque pas d'écoles privées puisque celles-ci ne reçoivent aucune subvention gouvernementale. La crème étudiante se retrouve dans les écoles publiques. Les excellentes universités ontariennes qui comptent plusieurs facultés de génie et qui produisent les leaders de demain, Queen's, Ottawa, Waterloo et Toronto obligent, viennent chercher les élèves des écoles publiques.

      Le modèle ontarien en est un à s'approprier. Il n'y a pas de système à deux vitesses en Ontario, que ce soit en éducation ou en santé.

      En passant, les francophones hors Québec ne prennent pas au sérieux un groupuscule de parti comme Québec solidaire qui carbure à une idéologie issue du 19e siècle. Désolé, mais c'est un fait.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 26 octobre 2016 18 h 22

      @serge Morin,j'abonde dans votre sens ,l'énigme c'est le QS qui seul possede la Vérité ou qui seul a le pas dans la parade

    • Sylvain Auclair - Abonné 26 octobre 2016 21 h 06

      Monsieur Montmarquette,
      Le PQ était minoritaire sous Pauline Marois. Qui aurait appuyé cette décision? Le PLQ ou la CAQÉFL?

  • Jacques Morissette - Inscrit 26 octobre 2016 07 h 59

    Il n'y a pas que le statut socio-économique, bien que très important, il y a aussi, là encore plus important, la motivation des parents à encourager, motiver leurs enfants à la réussite scolaire. Des parents qui n'auraient été qu'ambitieux de leurs statuts socio-économiques pourraient être un peu moins ambitieux de motiver leurs enfants à bien réussir à l'école. Il y a des parents qui pourraient jouer sur la corde sensible des apparences au nom de leurs ambitions personnelles. On peut être bien habillé, avoir de l'argent aussi et n'avoir rien dans la tête. Vous voulez des noms?

    • Sylvain Auclair - Abonné 26 octobre 2016 10 h 12

      En effet. Quand on parle des parents qui se saignent à blanc pour envoyer leurs enfants au privé, c'est ça.

    • Raynald Richer - Abonné 26 octobre 2016 11 h 48


      Effectivement, la motivation des parents et l’importance qu’il accorde à l’éducation sont primordiales. Il y a en un certain nombre qui aime mieux s’acheter un 4 roues, motoneiges, des voyages… que de payer des études à leurs enfants. Il y en a d’autres qui n’ont pas d’argent, mais qui sont convaincus qu’une bonne éducation est primordiale.

      Je me souviens d’un jeune élève très brillant que l’on avait sélectionné pour être inscrit gratuitement dans une classe d’excellence. Il provenait d’un milieu socio-économique difficile, il n’a pas pu y aller, sa mère ayant répondu que ces classes-là ce n’est pas pour nous (donc pour lui). Triste histoire.

      Bref, croire en la valeur de l’éducation est une très bonne base pour la réussite.

  • Christian Montmarquette - Abonné 26 octobre 2016 08 h 34

    Mieux vaut être riche et... bien éduqué..


    Je suis entièrement d'accord avec cette lettre aussi éclairante que pertinente de Luc Papineau; et particulièrement quand il affirme que:

    "L’école privée opère, dans les faits, une sélection très nette basée sur le revenu des parents." - Luc Papineau

    Ici comme ailleurs, il serait plus que temps qu'on se réveille et qu'on s'aperçoive qu'autant en Santé, qu'en Éducation, l'élimination de la pauvreté devraient constituer un des premiers objectifs que nos gouvernement devraient de donner s'ils sont le moindrement sérieux dans leur volonté de faire progresser le Québec.

    Pour paraphraser Yvon Deschamps..

    Mieux vaut être riche, en santé et... bien éduqué..

    Christian Montmarquette

  • Bernard Terreault - Abonné 26 octobre 2016 08 h 57

    Mais...

    Essentiellement d'accord, mais l'école publique doit aussi devenir plus exigeante et rigoureuse, et elle ne le deviendra que si les parents et l'ensemble de la société, y compris les politiciens, les syndicalistes, les gens d'affaires, l'exigent.