Comment peut-on parler d’humanisation des soins?

Je travaille dans un hôpital et j’interviens auprès de personnes âgées. Plusieurs d’entre elles sont atteintes sur le plan cognitif, mais leur mémoire ancienne est toujours présente.

En plus de l’accompagnement spirituel habituel, notre service leur offre une messe hebdomadaire. Chacun participe en récitant les prières apprises. Il est impressionnant de voir le climat d’intériorité et de recueillement durant ce temps. Le personnel soignant observe souvent un apaisement chez les participants.

Ces personnes vivent des bouleversements dans leur vie (pertes d’autonomie multiples, déplacements, etc.). Pour Noël, chaque année, nous leur offrons une messe animée de beaux chants. Il est touchant de les voir chanter avec autant d’émotion. Pour les gâter, l’hôpital leur offre un gâteau et nous poursuivons la célébration en chantant avec eux.

Nous venons de vivre le réaménagement de notre système de santé orchestré par le ministère. Voilà que ce département de personnes âgées fait désormais partie du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) au niveau administratif, tout en demeurant dans un établissement du CHU de Québec-Université Laval. La complexité des dédales administratifs a fait en sorte que cette année, il n’y a pas un sou de disponible pour ces gâteries d’une valeur de 30 $.

Pourtant on ne cesse de faire des bureaux pour du personnel cadre, on déplace des murs, on coupe dans le personnel, on construira un nouvel hôpital au coût de quelques milliards, mais pour les personnes âgées, celles qui ont bâti notre société, le budget est introuvable, même pour une petite douceur à Noël.

Devant l’absurdité de cette situation, et ayant à coeur le bien-être de ces personnes, nous et des membres du personnel nous sommes cotisés pour continuer à leur offrir une fête de Noël.

Au coeur de tous ces changements, qui visent apparemment l’humanisation des soins, il faut beaucoup de foi pour y croire !


 
5 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 28 décembre 2015 08 h 08

    Croire

    Et voilà la différence entre «croire» et «voir». On peut toujours croire en ce qui «n'est pas» et plus cela «n'est pas», plus nous devons y «croire».

    L'amélioration des soins pour les personnes, vous devrez y croire encore longtemps car ceux qui «réinstallent» le système vont penser qu'ils ont «accomplit» quelque chose et ils seront «satisfaits».

    La seule amélioration possible est cette nouvelle loi sur l'aide médicale à mourir. Enfin, si les vieux ont enfin le choix de sortir de ce marasme «volontairement», ils en seront enfin «libérés».

    Je leur souhaite d'enfin «voir» ce qui en quoi ils «croient» pendant les messes. Ils ne sont plus «déçus» car... de l'autre bord, soit qu'ils aient eu raison de «croire» ou ils n'auront pas l'occasion et la possibilité d'être déçus (encore une fois).

    PL

  • Yvon Bureau - Abonné 28 décembre 2015 08 h 34

    Humanisation des soins, c'est

    se centrer sur chaque personne éclairée et libre, ou son représentant légal, se centrer sur ses valeurs, sur ses croyances, sur sa dignité, sur son sens de la vie, sur sa liberté de choix.

    Je demanderais au besoin un travaileur social ou une travailleuse sociale pour m'accompagner dans mes relations avec mes proches.

    Je me tiendrais à grande distance de tout membre de l'équipe de soins spirituels, ne connaissant pas leur formation, s'ils ont un Ordre professionnel, leurs intentions, leur agenda.

    • Michel Lebel - Abonné 28 décembre 2015 10 h 23

      Pourquoi ce refus à priori des membres de l'équipe de soins spirituel? Ce n'est est pas ainsi que l'on forme, selon moi, un société bien solidaire, mais plutôt une société de confrontation jusqu'au dernier souffle. Est-ce bien là un signe d'une société vraiment humaine?


      M.L.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 29 décembre 2015 07 h 10

      «Ce n'est est pas ainsi que l'on forme, selon moi, un société bien solidaire.»
      Ceux «qui s'en vont» n'aideront pas beaucoup ni longtemps la société «qui reste». Endurons qu'ils donnent leur propre opinion avant le grand dépard. C'est leur dernière chance de s'exprimer parmis nous. La plupard ont une grande expérience de la vie et un bilan a exposer; laissons leur la parole au lieu d'encore en mettre dans leur bouche. C'est quoi la prochaine étape après avoir contrôlé les mourants : Contrôler les morts ?

      J'aime bien votre «selon moi». Donnons l'occasion à d'autres de dire aussi «selon-moi» même s'il peut être «différent». Quand on meurt, on n'a pas à être «solidaire» avec personne; c'est un voyage qui se fait en «solitaire».

      Ceux qui ont besoin de réconfort sont ceux qui «restent», ils n'ont pas le même point de vue que celui «qui s'en va». «Ce que vous croyez», lui ou elle bientôt «le saura» et il ou elle ne fera plus «parti» de la société.

      PL

  • Nadia Alexan - Abonnée 28 décembre 2015 11 h 10

    La faille politique du ministre Barrette

    La politique du ministre Barrette envers les aînés est, à vrai dire, honteuse. Au lieu de dépenser des milliards sur les bureaux et les salaires des cadres, ou d'offrir aux aînés l'aide médicale à mourir plus vite, le ministère devrait leur assurer des soins palliatifs adéquats à fin de soulager leur souffrance.