«Vocation» ou endoctrinement?

Dans notre journal Le Devoir du 10, 11 et 12 août dernier, trois articles portent sur le retour des nouvelles communautés religieuses de style traditionnel : messe en latin, voeux et non-acceptation de l’homosexualité ! Un seul texte aurait suffi.

La présentation semble donner ces jeunes élus en modèles. Certains d’entre eux, cherchant un sens à leur vie vers le ciel, feront voeu d’obéissance. Par ce voeu, ils renoncent à se prendre en main, ils dépendront de la communauté et des supérieurs. N’est-ce pas une fuite d’eux-mêmes et de la société ? Chercher un sens à sa vie, en dehors de la réalité d’une vie normale et adaptée à la nature des humains, par la renonciation au mariage dans un engagement célibataire et chaste, n’est-ce pas un non-sens ?

Je souhaite qu’il y ait des maisons de jeunes pour les aider à découvrir la vie qui, en elle-même, est pleine de sens. Des discussions avec des adultes matures et sains pourraient les aider à s’adapter pour devenir des citoyennes et citoyens laïques engagés pour leur propre épanouissement et celui de la société. Ce sera ainsi les maintenir dans la réalité plutôt que dans l’illusion. Il vaut mieux qu’ils découvrent maintenant, plutôt qu’à l’âge de 40 ans, que les religions ne viennent pas de Dieu mais des hommes et qu’on peut avoir une spiritualité et des valeurs en dehors des religions inventées qui vont toujours à l’encontre du progrès.


 
21 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 14 août 2015 04 h 28

    Le monde quelle affaire

    Sans doute un peu des deux, apres plusieurs sciecles de traditions, il était surprenant que ce soit tout a fait disparues, ce qui fascinant c'est que ces gens insistent pour que ce soit fait en latin, une langue morte qui fait office de mantras, par lesquels l'imaginaire peut se greffer facilement, au Québec on a toujours aimé l'apparat, il serait intéressant de savoir ce qu'en pense le pape francois, qui prône une approche plus contemporaine, n'y a -t-il pas derrière ca un peu du théologien monseigneur Lefèvre que le vatican a du rappeler a l'ordre et aussi de notre ex-délégué apostolique, enfin l'avenir nous le dira, le monde quelle affaire

  • Michel Lebel - Abonné 14 août 2015 07 h 06

    La salut laïque!


    J'en apprends une bonne, ce matin: toutes les personnes qui adhèrent à une religion seraient dans l'illusion et dans l'anti-progès. En dehors du laïcisme, point de salut! Il y aurait donc des milliards d'"illusionnés" dans le monde. Je suis fort heureux et à l'aise d'en faire partie!

    Michel Lebel

    • Sylvain Auclair - Abonné 14 août 2015 09 h 18

      Vous confondez laïcisme et athéisme, monsieur Lebel.

    • Léonel Plasse - Abonné 14 août 2015 11 h 36

      Vous avez vu juste.

    • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 14 août 2015 12 h 12

      La spiritualité ( la réflexion de l'esprit ), la morale, l'éthique, existent sans la présence d'un dieu. Ce sont des valeurs universelles qui se retrouvent dans les religions, dans le laïcisme et dans l'athéisme.

      Mais du coté des religions il y apresque toujours un dieu ou des dieux, avec leurs histoires de paradis dans un au-delà, un enfer, des révélations apparemment divines et incontestables, des miracles. Tout ceci est tellement difficle à croire que les patrons des religions appellent à une foi aveugle, croire tout simplement, sans douter ni argumenter.

      Dans ce deuxième point résident anthropomorphismes et illusions, mais que le temps effacent indubitablement devant la réalité de l'observation humaine neutre, qu'on nomme science.

      Eh oui il y a tellement d'illusionnés des religions dans le monde, que les plus grands fléaux de l'humanité sont les guerres de religions. Des millions de morts sous le regard désintéressé et le laisser-faire de dieu? Serait-ce possible de la part d'un être infiniment bon et tout-puissant?

  • Jean-François Trottier - Abonné 14 août 2015 07 h 28

    Ce besoin d'emplir le vide....

    Lao-Tseu a clairement dit que le vide est l'élément le plus important de la condition humaine.

    Sartre parlait de l'absurdité de l'existence, les religions en provenance du Moyen-Orient en font un manque à combler, Kant a tenté de le réduire via une approche d'une logique impressionnante.
    Thomas d'Aquin à la suite d'Aristote parlait de Moteur premier pour bien arrimer l'humain à une réalité tout de même peu tangible (c'est le moins qu'on puisse dire).

    Fraçois d'Assise vouait au sentiment de vide une grande importance, puisque la position d'orant permettait, je le dis de mémoire, de "s'emplir de Dieu". Assez bien, mais encore...

    Bouddha suggérait à chacun de se libérer des désirs pour atteindre le nirvana, un état de liberté sans heurt qui ressemble étonnament au vide.

    Au passage, Bouddah et Lao-Tseu se sont toujours tenus loin de toute religion "morale", n'ont jamais promulgué de rites ou d'actes obligés chez l'humain.

    Eh, vais-je défendre le Tao ou le bouddhisme ? Jamais! Cette simple idée est sans intérêt.

    Je dis simplement que ce besoin de combler ce vide extrêmement identitaire mène à tous les excès.

    C'est à la base la grande tare des religions judéo-christo-islamiques. C'est une négation grave de l'essence de l'humain, un rejet tel que l'adhérent ne peut en toute conscience s'aimer, ni surtout accepter ce qui est en-soi.

    Je sais, c'est terrible.

    Ceci dit, il me semble clair que la prégnance des religions sur l'humain est beaucoup trop profonde pour simplement en faire l'exérèse.
    L'acceptation des autres passe par l'acceptation de leur manque et leur démarche. S'ils ont besoin de le remplir pour se le cacher, qu'y puis-je, bout de pistolet ?

  • Yvon Bureau - Abonné 14 août 2015 08 h 56

    Merci pour ce texte

    si nécessaire et si fort à point.

    Votre texte tire richesse dans votre énorme expérience en milieu religieux.

    Que votre sagesse et que votre expertise éclairent ces jeunes, même les guident dans la recherche du sens de la vie. Vrai : la vie est ici, maintenant, avec son sens, pleine de vie et débordante de vivants, et si vivante depuis si longtemps.

    Loin de la vie, point de salut!!!

  • Johanne St-Amour - Inscrite 14 août 2015 08 h 59

    Focaliser sur des religions misogynes!

    Merci de ce commentaire Mme Richard.

    Pour ma part, le premier article m'a laissée pantoise: on parle de jeunes hommes deviennent ou vont devenir prêtre. Et alors, fait-on l'apologie de la misogynie de l'église (et des autres religions), car on sait que nulle femme ne pourra devenir prêtre, évêque, cardinal ou même pape. En ce pays du Vatican où nulle femme n'a le droit de vote.

    C'est tout un contraste dans une société où depuis plusieurs années nous tentons d'éliminer les obstacles qui se dressent devant les femmes qui désirent occuper des emplois non-traditionnels!

    Je suis aussi d'accord avec vous, Mme Richard, concernant la pratique de la spiritualité. Il est question ici d'un dieu créé par des humains, d'une divinité qui repose sur l'égo, qui fait preuve de favoritisme, qui exige des dogmes, des lieux, des vêtements et des objets de cultes ostentatoires. Un dieux qui impose sa loi face aux femmes. Mais comment se fait-il qu'en 2015 Le Devoir n'ait pas trouver de façon de parler de spiritualité autrement que par des religions misogynes et sexistes!