Oeuvres d’art, opinion publique et politiciens

Le provincialisme québécois est de nouveau à l’honneur. Les habitants de Québec n’ayant jamais aimé la sculpture Dialogue avec l’histoire, de Raynaud, et Agora, de Charles Daudelin, étant devenu un repaire pour drogués montréalais, les maires de Québec et de Montréal ont décidé, après des années de négligence, que ces oeuvres étaient dans un tel état de dégradation qu’elles devaient être démolies (Raynaud) ou ne pouvaient être conservées intégralement (Daudelin).

Bien entendu, seules des voix provenant des milieux artistiques ont manifesté leur opposition à ces gestes d’irrespect à l’endroit d’oeuvres d’art et d’artistes. L’opinion publique, disons-le, ne s’en est pas ému outre mesure, donnant ainsi le feu vert à nos deux maires férus de culture. Cela me fait penser au sort réservé pendant longtemps à l’oeuvre d’un des plus grands sculpteurs du XXe siècle, Alexander Calder, sur le site de l’Expo 67 et au déménagement de La joute de Riopelle du Stade olympique au site soi-disant plus prestigieux du centre-ville.

Tout cela pour dire que, trop souvent, l’opinion publique dicte les choix artistiques de nos politiciens. Sont-ils des choix plus éclairés pour autant ?

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3 commentaires
  • Pierre Marcotte - Inscrit 9 juillet 2015 08 h 25

    Toute chose se passe

    J'ai commenté dans ces pages (expression vieillie) mon opinion sur la démolition des oeuvres nommées par M. Garon, à l'effet qu'il faille les démolir, ou les retourner à leur concepteur respectif. N'en croyez pas que je soies contre l'Art, ou contre la beauté, ou contre la durée d'une oeuvre dans l'espace public.
    Toute ouvre d'Art ne peut qu'être temporaire, surtout si elle est urbaine et publique. Même nos infra-structures et monuments, pourtant conçus pour des générations, doivent être mis à terre et refaits, ou faits autrement.
    On ne peut pas imposer une oeuvre dans l'environnement des gens et s'attendre à ce que la population l'aime instantanément et pour toujours. On peut s'offusquer que l'Art n'aie pas une place prépondérante dans l'esprit de nos dirigeants, mais il y a bien peu d'artistes en politique, alors ça ne risque pas de changer bientôt.
    J'espère que le snobisme artistique envers les oeuvres les plus mal-aimés pourra se calmer, et j'espère que les ambitions capitalistes de nos élus trouveront un espace pour laisser s'exprimer la beauté de notre époque.
    En attendant, cette beauté reste bien subjective et fragile.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 9 juillet 2015 14 h 07

      Devrait-on remiser dans les profondeurs d'un sous-sol ou dans les hauteurs d'un grenier quelconque certaines oeuvres d'art parce qu'il faut faire place à cet autre cercle vicieux qu'est "la mode du temps"...

      Le temporaire dans la vie, aujourd'hui, semble être le jetable à l'achat.
      Le futur serait donc destiné... à courte vie.

    • Sylvain Auclair - Abonné 9 juillet 2015 14 h 30

      Rasons les cathédrales du Moyen Âge et les pyramides d'Égypte, pendant qu'on y est.