Lettre - Sacro-sainte objectivité

Le dossier de l’enseignement de l’histoire au Québec semble toujours soulever le même tollé qu’il y a plusieurs années. Toujours le même débat : subjectivité contre objectivité. Bien entendu, du côté de l’opposition, on s’offusque au nom de la sacro-sainte objectivité qu’une réforme de l’enseignement au primaire et au secondaire de l’histoire du Québec puisse se mettre en marche. On dit trouver inacceptable d’endoctriner la population en usant de pouvoir politique. Si, bien sûr, l’opposition avait pris le temps de s’y attarder, elle se serait aperçue que, d’entrée de jeu, l’histoire n’a en soi rien de très objectif et qu’elle raconte la plupart du temps celle du vainqueur. Elle aurait ensuite compris qu’il s’agissait de choisir l’histoire de quel peuple nous souhaitons transmettre aux prochaines générations, elle aurait dû dès lors avouer que c’est celle des Canadiens français, donc des Québécois, étant donné le caractère indéniablement différent de ce peuple. À la toute fin, elle aurait bien été obligée d’admettre que, dans un souci de véracité, l’histoire est ce qu’elle est et que, par conséquent, les arnaques politiques que ce peuple a dû subir depuis la conquête existent bel et bien.


Vouloir renier nos ancêtres qui se sont battus pour des valeurs telles que l’égalité, la liberté et la démocratie sous prétexte que le Canada offre une stabilité économique a en soi quelque chose d’extrêmement puéril.



Frédérick Desbiens - Montréal, le 24 mai 2013

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4 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 28 mai 2013 07 h 46

    Excellent texte M. Desbiens.

  • Jean Brunet - Inscrit 28 mai 2013 08 h 23

    Erreur

    Canadien-français et québécois sont explicatifs mais non synonyme. Un peu réducteur il me semble.

    • Frédérick Desbiens - Inscrit 28 mai 2013 09 h 15

      Il s'agit d'un point de vu historique. L'idée était de faire ressortir nos origines et, du même coup, d'inclure les patriotes s'étant rebeller en 1837-1838.

  • Marie-France Legault - Inscrit 28 mai 2013 13 h 46

    objectivité vs impartialité?

    L'objectivité est-elle possible et envisageable dans un enseignement de l'histoire?
    Il faudrait être apatride, athée, sans aucune appartenance à une race, à une nation, à une langue.
    Est-ce possible, cela voudrait dire "être désincarné"...
    Personnellement j'admire mes ancêtres et leur courage...en arrivant ici, il fallait tout faire: défricher, construire, lutter contre le climat rigoureux etc...
    Mais je n'ai aucune admiration pour l'intendant Bigot, ce profiteur, ce manipulateur, ce magouilleur...il fêtait sans cesse et exploitait les paysans et...c'était un français...Pas besoin des anglais pour nous arnaquer...et cela dès les débuts de la colonie...