Lettre - Des bêtises autour de la Grande Noirceur

L’Institut économique de Montréal vient de publier un texte disant que la Grande Noirceur (1945-1960) a été une période fructueuse sur le plan économique et que notre rattrapage en éducation s’est amorcé sous Duplessis. Cité par La Presse, Vincent Geloso de l’IEDM affirme « pour ce qui est du retard des francophones en éducation, qui explique essentiellement leurs plus faibles revenus, la différence a commencé à s’amenuiser à partir du début des années 50 ».


C’est absolument faux. Au début des années 1960, 13 % des francophones terminaient leur 11e année. En 1975-1976, le taux d’obtention du diplôme d’études secondaires était passé à 57 % et en 2009-2010, il atteignait 94 %.


Au début des années 1960, seulement 3 % des francophones et 11 % des anglophones de 20 à 24 ans fréquentaient l’université. En 1976, le taux d’obtention du baccalauréat était de 14,9 %, la maîtrise de 2,7 % et le doctorat de 0,4 %.


En 2009, le taux d’obtention du baccalauréat, de la maîtrise et du doctorat s’élevait à 32,8 %, à 9,3 % et à 1,5 % respectivement.


Comme à leur habitude, les gens de l’IEDM publient des bêtises.


***

Sylvain Sauvé - Québec, le 15 janvier 2013

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15 commentaires
  • André - Inscrit 17 janvier 2013 02 h 08

    Gênant

    Et dire que ces gens se prennent au sérieux et qu’ils veulent faire notre éducation.

    Les laisser-faire et ils réécriraient l'histoire. Duplessis doit surement être leur modèle préféré, leur grand héros. Il défendait toutes les valeurs que ces gens promeuvent.

  • Gilles Bousquet - Abonné 17 janvier 2013 07 h 19

    Fait que, la grande noirceur...va demeurer noire

    En 1960, le Québec n'avait pas de dettes mais les Québécois francophones étaient généralement pauvres, peu éduqués et en bas de l'échelle sociale canadienne.


    En 2013, le Québec est full-endetté mais les Québécois francophones sont généralement en bonne situation financière et beaucoup mieux éduqués, égaux aux autres Canadiens, il me semble.

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 17 janvier 2013 09 h 23

    L'avant et l'après

    C'est vrai, et c'est faux. La fréquentation des francophones était faible, mais la croissance s'est véritablement amorcée dans les années d'après-guerre de même que chez les anglophones. Quand je suis entré à Polytechnique en 1959, l'École était déjà très fréquentée. Il en était de même des Hautes Études Commerciales. La commission Parent s'est penchée sur l'éducation à la fin des années cinquante, bien consciente de la poussée démographique en cours. Nos révolutionnaires tranquilles n'ont fait que prendre le relais.
    La révolution tranquille est la résultante de ce qu'on appelle le dividende démographique de l'après-guerre, et non pas d'une pseudo-élite éclairée qui soudainement aurait pris les choses en main. D'ailleurs, cette pseudo-élite nouvelle et sortie de la cuisse de Jupiter avait ses prédécesseurs, Édouard Montpetit, Adélard Godbout, Paul Sauvé, Léon Dion....la liste est longue. Cette nouvelle élite, bureaucratique surtout, ne fit que rejoindre les élites anglophones par sa nouvelle capacité de dépenser (points d'impôt non utilisés en réserve à Ottawa, dette inexistante grâce au travail de l'Église en éducation, santé et services sociaux et à l'esprit de marguillier économe de Duplessis). Cette génération de la révolution tranquille n'en finit d'ailleurs plus de dépenser, n'ayant jamais appris à compter du côté des revenus mais seulement des dépenses.

    • Raymond Turgeon - Inscrit 17 janvier 2013 14 h 55

      ''Nos révolutionnaires tranquilles'', comme vous dites, ont construit les balises qui ont orienté cette croissance afin qu'elle nous profite (vous et vos descendants en avez certainement bénéficié), ce qui constitue beaucoup plus une appropriation qu'une simple prise, ne vous en déplaise.

      Raymond Turgeon

    • Raymond Turgeon - Inscrit 17 janvier 2013 15 h 06

      Sous Duplessis, on pouvait retirer un enfant de l'école pour le forcer à travailler. Mon père, qui aurait désiré devenir architecte, a du travailler après avoir complété sa septième année. Il possédait l'intelligence,la soif d'apprendre, la curiosité intellectuelle et les aptitudes pour devenir ingénieur, comptable ou économiste.

      Raymond Turgeon jr

    • Djosef Bouteu - Inscrit 18 janvier 2013 03 h 49

      La Révolution tranquille, ce grand vent de progrès social, de développement, d'émancipation et de laicisation qui anima et façonna le Québec, ne peut être réduit à une simple suite logique de l'après-guerre. Ce serait méconnaître totalement le contexte social sous-jacent.

      L'Amérique anglo-saxonne n'a pas du tout connu les mêmes transformations sociales à cette époque.

      L'élite francophonne issue de la Révolution tranquille n'alla pas rejoindre l'élite anglophonne. Il se forma un nouveau pan à l'élite francophonne à l'époque où les Québécois cessèrent de confondre avancement social et assimilation à l'anglais.

      La «peudo-élite éclairée», comme vous les dénigrez, a permi le développement de l'hydro-électricité au profit des Québécois. Le Québec s'est réellement pris en main à cette époque ; «maîtres chez nous». C'est un fait historique incontestable.

      Prétendre que les élites québécoises n'ont rien fait d'éclairé et de grandiose est une affirmation tout simplement insoutenable.

  • Marie-France Legault - Inscrit 17 janvier 2013 09 h 34

    À ce que je constate, il y a aussi

    une grande noirceur aujourd'hui...L'institut économique de Montréal en est la preuve...Monsieur Vincent Geloso était sans doute absent du Québec. Il regardait de "loin" ce qui se passait...J'ai vécu l'époque duplessiste et je peux vous dire que la noirceur était présente partout dans l'éducation (dépt instr. pub) dans les affaires (faire de l'argent était démoniaque)le pouvoir était lié avec la religion catholique...ce qui ne doit pas être...Monsieur Duplessis accusait le Fédéral de tous nos malheurs ça lui donnait des votes pendant 16 ans de son règne...alors revenons aux faits et n'essayons pas de noyer le poisson,de banaliser cette époque qui nous tenait à l'écart du modernisme. Le P.Q. s'inspire encore de Duplessis lorsqu'il accuse le Fédéral, mais ça ne pogne plus.

    • Djosef Bouteu - Inscrit 18 janvier 2013 03 h 51

      Le Parti québécois inspiré du Duplessisme ; il fallait oser pour dire une telle énormité.

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 17 janvier 2013 10 h 05

    Problème

    Attribuer à Duplessis tous les problèmes de cette époque soulève un difficile problème : Duplessis était élu par la population. Si l'on affirme qu'il «achetait» ses élections, on affirme aussi que la majorité des électeurs vendaient leur vote. Mais pourquoi, dès lors, auraient-ils cessé d'en faire autant sous Lesage?

    Simplifier les choses ne produit souvent que des solutions simplistes.

    Desrosiers
    Val David

    Desrosiers
    Val David