Chicago et Montréal, ou comment deux centres-villes mènent le bal

Le centre-ville de Chicago se positionne aujourd’hui comme étant celui qui présente la plus forte croissance résidentielle aux États-Unis.
Photo: Pawel Gaul Getty Images Le centre-ville de Chicago se positionne aujourd’hui comme étant celui qui présente la plus forte croissance résidentielle aux États-Unis.

De prime abord, on pourrait croire qu’un monde sépare les centres-villes de Chicago et de Montréal en raison de ce qui les distingue l’un de l’autre. Mais la pandémie a fait ressortir ce qu’ont en commun le deuxième quartier des affaires en importance aux États-Unis, le Loop, et le deuxième pôle financier en importance au Canada.

Nos deux centres-villes empruntent aujourd’hui une trajectoire similaire face à la sortie de crise et s’affichent en peloton de tête parmi les plus dynamiques, tout en restant prudemment optimistes. Ils connaissent une évolution teintée de défis, de plusieurs victoires et d’une même ambition : mettre de la vie au milieu des gratte-ciel.

Cet été, tous deux ont vécu une saison estivale exceptionnelle et un regain spectaculaire d’affluence. Malgré un retour plus lent des travailleurs, nos centres-villes ont connu une forte reprise du tourisme et de l’activité commerciale, alors que l’achalandage, le taux d’occupation des hôtels et les dépenses chez les commerçants frôlaient les chiffres prépandémiques. Ils ont renoué avec tous leurs événements majeurs, en plus d’offrir une programmation diversifiée et accessible, invitant les touristes et les résidents à redécouvrir leurs nombreux attraits et à en profiter comme jamais.

Tous deux bénéficient d’une importante hausse de la population qui choisit d’y habiter. En 2021, plus de 42 000 personnes habitaient le Loop, ce qui correspond au plus haut taux jamais enregistré dans son histoire. Le centre-ville de Chicago se positionne aujourd’hui comme étant celui qui présente la plus forte croissance résidentielle aux États-Unis. Quant au centre-ville de Montréal, sa population a crû de 40 % depuis 2016, la deuxième croissance démographique en importance au Canada. Un plaisir d’y vivre qui rend d’autant plus nécessaires le rehaussement et la diversification d’une animation culturelle, commerciale et festive quatre saisons.

Les centres-villes de Montréal et de Chicago continuent de rayonner internationalement malgré un long épisode marqué par l’absence de visiteurs et de grands événements. Chicago s’est hissée au deuxième rang du classement des meilleures villes au monde en 2022. Tandis que Montréal est la seule ville du continent qui figure parmi les 10 villes ayant accueilli le plus d’événements internationaux en 2021, ce qui consolide son positionnement à titre de capitale nord-américaine des événements internationaux.

En dépit des défis auxquels ils font face, tous deux n’ont jamais cessé d’attirer jeunes talents, investissements privés et nouvelles entreprises interpellés par leurs écosystèmes foisonnants. Google a choisi de renforcer sa présence à Montréal comme à Chicago en inaugurant de nouveaux bureaux, un symbole du dynamisme que connaissent nos centres-villes.

Les deux villes ont joué la carte de la diversité des clientèles pour redonner vie à leurs centres-villes. Montréal avait déjà une longueur d’avance, à la fois le pôle économique et culturel du Québec où convergent près de 130 000 étudiants. Tout comme le Loop, déjà réputé pour ses nombreux attraits, dont son art public de calibre mondial et ses prestigieux établissements d’enseignement supérieur, et qui est devenu une référence pendant cette crise pour sa capacité à réinventer son quartier des affaires en offrant une panoplie d’expériences mémorables et rassembleuses.

La pandémie nous a rappelé que le monde est en changement. Et les centres-villes, loin d’être asphyxiés, suivent eux aussi cette tendance pour faire face aux défis qui se posent à eux.

Alors que la saison estivale cède le pas au tourisme d’affaires et que des milliers d’étudiants sont de retour sur les campus, ces deux destinations restent parmi les plus prisées en Amérique du Nord.

Et c’est à coups de nouveaux événements, d’art urbain, d’animations et d’actions déployés pour embellir les locaux vacants, dynamiser nos artères commerciales et rehausser l’accessibilité, la propreté et le sentiment de sécurité que nous poursuivrons le développement d’un environnement exceptionnel où vivre, étudier, travailler et nous rassembler.

Il est encore trop tôt pour crier victoire, mais les sceptiques seront confondus. Montréal et Chicago font route ensemble.

 

* À noter que Michael Edwards et Glenn Castanheira seront panélistes à C2 Montréal dans le cadre de la conférence « Investir dans des quartiers d’affaires dynamiques pour favoriser la croissance sociale », qui aura lieu le 27 septembre à 9 h.

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