Une bonne idée, le vote électronique?

Le faible taux de participation aux élections municipales a relancé le débat sur le vote électronique. Voter, c’est avant tout se retirer du monde, s’isoler pour exercer son droit démocratique. Mon vote ne regarde que moi, bien sûr, mais c’est aussi et surtout sortir de chez soi, se frotter au réel, aux intempéries, aux routes mal entretenues, c’est constater que le toit de l’école où l’on vote fuit, que le gymnase est vétuste et que le stationnement est rare. C’est embrasser la plénitude des problèmes du quotidien de notre ville, sa beauté et sa laideur.

Le vote électronique nous ramènerait à ce fameux repli sur soi où l’individu déconnecté du tissu social pense agir à coups de « like » et où chaque clic équivaudrait à une mobilisation virtuelle. La pandémie nous a fait comprendre que le virtuel a ses limites et qu’un vote électronique, aussi attrayant soit-il de prime abord, ne ferait qu’engendrer une plus grande désinvolture. La citoyenneté n’est pas électronique, elle est avant tout une réflexion et une démarche. En faire l’économie dans un avenir proche ne légitimerait pas le vote sous prétexte qu’on l’exercerait dans le confort de notre salon.

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