Le gouvernement doit prendre ses responsabilités envers les victimes d’agressions sexuelles

Les procès très médiatisés de Gilbert Rozon et Éric Salvail nous ont démontré que les victimes rencontrent de nombreux obstacles au sein de l’appareil judiciaire.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Les procès très médiatisés de Gilbert Rozon et Éric Salvail nous ont démontré que les victimes rencontrent de nombreux obstacles au sein de l’appareil judiciaire.

Les derniers mois ont été particulièrement difficiles pour les victimes d’agressions à caractère sexuel et de violences conjugales. Cet été, nous avons été témoins d’une importante vague de dénonciations sur les réseaux sociaux. Cette vague démontre que le système de justice est inadéquat et qu’il existe des freins importants pour porter plainte aux autorités. Selon les plus récentes statistiques, seulement 5 % des agressions à caractère sexuel sont dénoncées à la police.

Le mois dernier, Gilbert Rozon et Éric Salvail ont été acquittés respectivement de viol et d’attentat à la pudeur, et de harcèlement criminel, de séquestration et d’agression sexuelle. Ces deux procès très médiatisés nous ont démontré que les victimes rencontrent aussi de nombreux obstacles au sein de l’appareil judiciaire. Parmi les 5 % de dénonciations faites à la police, seulement 3 plaintes sur 1000 se concluent par une condamnation.

S’ajoutent à cela dans l’actualité récente l’augmentation dramatique des cas de violences conjugales depuis le début de la pandémie, l’enquête sur les stérilisations forcées des femmes autochtones et l’arrestation arbitraire de deux « collereuses » du collectif Collages féminicides Montréal.

Le silence a assez duré. Nous n’acceptons plus de vivre dans ce climat de peur ! Le gouvernement doit prendre ses responsabilités envers les victimes.

Le 15 décembre dernier, le Comité d’experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale a déposé un rapport consultatif intitulé Rebâtir la confiance contenant 190 recommandations. Le gouvernement n’a aucune excuse pour ne pas les mettre en application. Il doit répondre à l’appel.

Nous, signataires, demandons au gouvernement du Québec d’appliquer ces 190 recommandations dans les plus brefs délais.

Aux victimes, aux survivants et survivantes, vous êtes aussi forts que courageux. La lutte est certes périlleuse, mais ne baissons pas les bras. Des ressources existent. Vous n’êtes pas seuls.

* Avec le soutien de (en ordre alphabétique) :

Julie Artacho, photographe et militante féministe

Juliette Bélanger-Carpentier, étudiante en victimologie et criminologie

Amylie Boisclair, autrice-compositrice-interprète

Stéphanie Boulay, autrice-compositrice-interprète

Gabrielle Boulianne-Tremblay, actrice, écrivaine, conférencière et porte-parole d’Interligne

La Bronze (Nadia Essadiqi), chanteuse, autrice, compositrice et musicienne

Catherine Brunet, comédienne

Cassandra Cacheiro, photographe et cofondatrice de The Womanhood Project

CALACS d’Abitibi

CALACS Baie-Comeau (Lumière boréale)

CALACS de Charlevoix

CALACS Coup de cœur

CALACS Entraid’Action de Shawinigan

CALACS La maison d’ISA

CALACS L’espoir des Îles

CALACS L’étoile du Nord

CALACS de l’Outaouais

CALACS La Passerelle

CALACS Trêves-Pour-Elles

CALACS de Trois-Rivières

Carrefour pour elle, maison d’hébergement

Annick Charette, secrétaire générale de la Fédération nationale des communications et de la culture (FNCC)

Collages féminicides Montréal, collectif féministe

Collages féministes Québec, collectif féministe

Gabrielle Lisa Collard, journaliste, autrice et militante anti-grossophobie

Collectif M, collectif féministe d’art engagé

Sabrina Comeau, étudiante et militante

Comité féministe d’Amos, collectif féministe

Martine Delvaux, écrivaine

Valérie Deschamps, animatrice, chroniqueuse et historienne

India Desjardins, autrice

Ariane Dion Deslauriers, autrice-compositrice-interprète

L’Élan-CALACS

Ingrid Falaise, autrice, comédienne, animatrice, conférencière et chroniqueuse

Les Folies passagères, créations visuelles et littéraires féministes et queers

Catherine Fournier, députée de Marie-Victorin

Christle Gourdet, étudiante en communication et militante

Sarah Hini, photographe et cofondatrice de The Womanhood Project

Caroline Huard, cheffe, autrice et chroniqueuse

Natasha Kanapé Fontaine, écrivaine, poète multidisciplinaire, éditrice

Laurence Lafond Beaulne, autrice-compositrice-interprète

Émilie Laforest, directrice artistique et chanteuse

Hélène Langevin, directrice générale, maison d’hébergement Simonne-Monet-Chartrand

Maipoils, collectif féministe

Mariannick Mercure, conseillère municipale, Trois-Rivières, district des Forges

Alice Paquet, étudiante et autrice

Camille Perreault, artiste tatoueur.e et créateur.e de contenu

Rosemarie Perreault, comédienne

Plurielles, collectif féministe

Point d’appui, centre d’aide et de prévention des agressions à caractère sexuel de Rouyn-Noranda

Véronique Pronovost, doctorante en sociologie à l’UQAM

Naïla Rabel, actrice

Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS)

Chloé Savoie-Bernard, autrice

Lise Setlakwe, directrice générale, CALACS Unies-Vers-Elles

Rose-Aimée Automne T. Morin, autrice et chroniqueuse

Carole Tremblay, directrice générale, maison d’hébergement Le Rivage

Rosalie Vaillancourt, humoriste

Marianne Verville, comédienne

Monique Villeneuve, directrice générale, Centre de prévention et d’intervention pour victimes d’agression sexuelle (CPIVAS)

Wake Up Calice, collectif féministe

Suzanne Zaccour, autrice féministe et chercheuse en droit