Dr Arruda, nous ne comprenons pas

«Profondément enracinés dans la société, les milieux culturels ont fait preuve, depuis le début de la pandémie en mars dernier, à la fois d’une immense solidarité et d’une grande résilience», estiment les auteurs.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir «Profondément enracinés dans la société, les milieux culturels ont fait preuve, depuis le début de la pandémie en mars dernier, à la fois d’une immense solidarité et d’une grande résilience», estiment les auteurs.

Lettre au docteur Horacio Arruda.

Comme vous nous l’expliquez régulièrement depuis mars dernier, il est essentiel que les recommandations de la Santé publique soient fondées, non seulement sur une analyse scientifique, mais aussi sur un raisonnement de cause à effet qui est compréhensible par les citoyennes et les citoyens. Le tout pour générer une acceptabilité sociale optimale.

Profondément enracinés dans la société, les milieux culturels ont fait preuve, depuis le début de la pandémie en mars dernier, à la fois d’une immense solidarité et d’une grande résilience.

Lorsque la propagation du virus s’est affaiblie, à la fin du printemps, ils ont compris que, pour obtenir une autorisation de réouverture, ils devaient respecter scrupuleusement vos directives. Et c’est ce qu’ils ont fait.

La diminution des jauges, la distance physique imposée entre les places, les parois de protection installées, le port du masque obligatoire, les consignes données avant les représentations de manifester sa joie en applaudissant ou en tapant du pied, sont autant de mesures auxquelles les milieux culturels se sont conformés et qui abolissent le contact prolongé.

Dans les musées, théâtres, salles de concert, cinémas et bibliothèques, il n’y a donc plus de socialisation.

Dans les musées, la durée de fréquentation et le nombre de personnes admises sont réglementés ; il faut réserver sa place ; il faut porter le masque pendant toute la visite. Les boutiques sont fermées et aucune autre activité n’est proposée.

Dans les théâtres et les cinémas, les places sont achetées à l’avance et leur nombre est restreint ; les bars et comptoirs de friandises sont fermés ; les gens doivent s’asseoir à leur place dès leur arrivée et quitter les lieux immédiatement après la fin de la représentation ; il n’y a plus d’entractes ; l’accès aux toilettes est rigoureusement réglementé.

Dans les bibliothèques, la question est réglée depuis la réouverture : la seule chose qu’on peut y faire est aller chercher un ou plusieurs livres réservés. Les salles de lecture sont fermées ; personne ne peut bouquiner dans les allées et aucune autre activité n’est autorisée, à l’instar des musées. Le maintien du service de prêt sans contact est toutefois une bonne chose, mais cela ne change rien au constat général que nous faisons.

S’il n’y a eu aucune éclosion depuis la réouverture des lieux de diffusion, ce n’est pas par chance ou par hasard. C’est que le risque d’éclosion était infinitésimal.

Les gestionnaires culturels responsables de ces établissements se sont conformés à toutes les directives de la Santé publique, même les plus pointues, pour permettre à nos créateurs, à nos artistes, à nos artisans, de reprendre progressivement contact avec leurs publics et pour éviter, justement, d’être victimes d’une nouvelle fermeture dont rien ne nous assure qu’elle ne durera qu’un mois.

Bien sûr, nous sommes placés devant un impératif difficilement contestable d’un point de vue éthique : il faut préserver des vies. Mais y a-t-il réellement plus de risques qu’ailleurs d’être contaminé dans un lieu culturel se soumettant à un strict protocole sanitaire ?

Si nous vous écrivons aujourd’hui, c’est parce que nous ne comprenons pas. C’est parce que nous n’avons pas d’explications rationnelles à fournir à ces créateurs, artistes, artisans, mais aussi à nos concitoyennes et concitoyens qui ont besoin de cette fréquentation culturelle pour garder le moral, dans une bataille qui risque d’être encore longue.

Nous avons reçu le message qu’il y aurait des compensations financières. Même si nous espérons que celles-ci seront annoncées rapidement et avec la plus grande clarté, ce n’est pas de cela qu’il est question ici.

Nous voudrions comprendre, pour expliquer. Mais nous ne comprenons pas.

41 commentaires
  • Serge Pelletier - Abonné 1 octobre 2020 04 h 40

    Hihihi....

    Mais Mesdames et Messieurs signataires, l'individu du nom d'ARRUDA est un "scientifique" qui n'en a que pour la science exacte, et il faut que la science soit très très précise et sans aucun doute raisonnable possible pour que le ARRUDA dise un petit "ouais ça doit être peut-être vrai". Et son suprême boss du nom de Legault n'est guère mieux, car lui il s'inspire de romans pour la gestion des affaires de l'État (ça c'est lui-même qui s'en vente dans les quotidiens nationnaux - Le Devoir inclus).

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 1 octobre 2020 12 h 45

      Moi, les gérants d'estrade me font toujours rire... C'est fou, comme dans notre monde, ceux qui sont compétents en la matière se sentent incompétents face à un nouveau virus et préfèrent se taire, alors que ceux qui sont manifestement incompétents sur ce sujet se comportent comme s'ils en étaient des experts nous abreuvant de leur "savoir".
      https://www.facebook.com/watch/?v=596321301040796

    • Serge Pelletier - Abonné 2 octobre 2020 17 h 43

      M. Cotnoir, ce type de virus n'a de nouveau que le nom. Sa méthode de contamination est exactement la même que pour la grippe dite "espagnole", que la peste blanche (tuberculose), et autres virus se propageant par aérosol (ce qui inclus le "simple" rhume). Son temps de survie hors d'un organisme humain ou animal est similaire quoi que dans le cas particulier de ce virus le temps exact n'est pas encore défini avec exactitude, mais elle est là survie et les possibles contaminations par celui-ci.

      Quant aux dictats en ma matière (tout comme dans moult autres) du gouvernement Legault, ils sont ridicules et en retard de plusieurs siècles, et le fameux Arruda est un bonimenteur manipulateur de première classe.

      On est dans la propagande avec le gouvernement Legault, gouvernement qui tente par tous les moyens possibles et imaginables de se déculper de son manque crasse de prévoyance sous de fumeux arguties, d'une part, et d'autre part, de l'ineptie béate de son administration.

  • Cyril Dionne - Abonné 1 octobre 2020 08 h 10

    La langue de bois de la CAQ et la Santé publique

    Vous n’avez pas compris la politique de la Santé publique et surtout celle du gouvernement Legault. Ils annulent toutes les activités qui sont courues par les gens d’un certain âge afin d’avoir le moins de décès possibles par février 2021. Pardieu, 98% des gens qui sont décédés au Québec et partout sur la planète après avoir contracté la COVID-19 avaient plus de 60 ans.

    Qui pensez-vous vont surtout dans les musées, les théâtres et les salles de concert? Posez la question, c’est y répondre. Pour les salles de cinémas, c’est vrai qu’il y a des jeunes, mais il y a aussi beaucoup d’aînés aussi, ceci, tout dépendant du film en question. De toute façon, c’est la seule activité sociale qu’on enlève aux jeunes. Ceci n’a rien à voir avec la distance physique imposée entre les places, les parois de protection installées, le port du masque obligatoire, les consignes données avant les représentations de manifester sa joie en applaudissant ou en tapant du pied. Rien. En fait, ce qu’ils redoutent le plus sans le dire, c’est la contamination aérienne dans des espaces ou la ventilation n’est pas à son meilleur.

    Que voulez-vous, la CAQ veut se faire réélire en 2022 et leur bilan présentement avec le coronavirus est l’un des pire de la planète. Les gens se souviendront qu’ils n’ont pas pu faire des adieux convenables à leurs proches qui sont décédés et faire leur deuil, que ce soit leurs grands-parents ou leur parents. Les gens se souviendront des mesures économiques imposées où la plupart des PME auront fait faillite.

    Alors, le gouvernement de la CAQ, veut essayer de préserver l’économie parce que le choc de l’après-pandémie sera terrible. Les caisses du gouvernement sont vides présentement et la dette du gouvernement québécois est encore aussi omniprésente. Pire encore sera le choc économique qui viendra du gouvernement fédéral.

    • Serge Pelletier - Abonné 2 octobre 2020 03 h 54

      Et oui. Mais cette situation catastrophique est uniquement et exclusivement de la faute de ces deux premier minitres là. Ils ont fait tout pour ne pas prendre leurs responsabilités dès le départ.

      Trudeau était "caché sous le lit", se refusant à ordonner la fermeture des frontières pour tous non résidant ou citoyen canadien, refusant d'imposer une mise en quarantaine obligatoire avec non respect d'une peine d'emprisonnement et d'une amende salée... Et pour mettre tous les GV-provinciaux sur un même pied d'égalité, l'imposition immédiate de la Loi fédérale sur la Santé publique/urgence. Loi qui peut être appliquée en tout ou partiellement selon les circonstances. Pour faire oublier son incurie, il joue au père noël... mais aux frais de tous, et plus particilièrement des jeunes générations.

      Legault, et sa gang et plus particulièrement Arruda, aimaient bien jouer la reprise "Bouchard-Caillé"... Malheureusement, ce n'était pas le moment. Ces piètres personnes ont tellement "niaisé" avec la rondelle, ont tellement manipulé et menti à la population - cela continue de plus belle - que même une chatte ne reconnait pas ses propres chatons. Pire, ces énergumènes là traitaient toute personne mettant en doute ce qu'ils avançaient de menteuse - et cela continue de plus bel - et toujours la faute aux autres, toujours la faute à n'importe quoi... Mais jamais à eux-même. Disons qu'un premier ministre - Legault - qui est tout fier de spécifier en pleine page du quotidien national "Le Devoir" qu'il puise son inspiration pour la gestion des affaires de l'État dans les romans, cela fait très particulier comme "sources" d'inspiration.

      Plusieurs ouvrages de littérature me viennent en mémoire lorsque je constate les faits et agissements de ces deux premiers ministres. L'un des livres qui s'applique à merveille à la situation actuelle est de Lionel Richard, intitulé "Malheureux le pays qui a besoin d'un héros". Il ne s'agit que de changer les noms des personnages historiques.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 1 octobre 2020 08 h 24

    Le pire

    Le pire de mon point de vue ça été: non et oui au masque, pour lle désert d'explications..

    • Serge Pelletier - Abonné 1 octobre 2020 08 h 47

      Et ce n'est encore rien... Selon ces chers, qui sont entourés d'obséquieux compulsifs - ceux des cabinets politiques que l'on ne voit jamais, il n'y a aucun problème dans les écoles avec les élèves sans masque...Ouais.

      Car selon eux, les enfants ne sont que des porteurs n'étant pas significativement malades... ou avec un grand nombre de décès parmis eux... Ouais.

      Et les parents eux... qu'est-ce qu'ils font quand ti-mousse de 8 ans est retourné à la maison pour cause de contamination... Bof! qu'ils disent alors, ce n'est pas de nos troubles à nous autres, c'est la faute des enfants...

      Tout explose partout, des demi-mesures de protection/sécurité partout, mais avec toujours la faute de leur propre incurie qui est portée sur les autres et toutes les bébelles possibles...

    • Patrick Dolmaire - Abonné 1 octobre 2020 14 h 13

      Est-ce que l'on essaie de protéger certaines populations tout en laissant une certaine circulation pour permettre de faire les tests de phase 3? Peut-être verra-t-on bientôt cet appel à des volontaires québécois ... en attendant les écoles en France seraient devenues les premières sources de propagation devant les entreprises ...

      «Pour le Covid-19, aucun essai de phase 3 n’a encore été réalisé en France, car quand les laboratoires étaient prêts, la circulation du virus n’était pas suffisante. La situation est en train de changer ... »

      https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/10/01/quelque-25-000-volontaires-francais-sont-appeles-a-tester-les-vaccins-contre-le-covid-19_6054356_3244.html

  • Louise Collette - Abonnée 1 octobre 2020 08 h 59

    Une gaffe

    De la part du gouvernement. Insensé d'avoir <<condamné>> les lieux de culture.

    Facile à comprendre, nous avons affaire à des incultes.
    La culture, les arts, ça vient toujours en dernier, quand il reste du temps et de l'argent et encore, pas toujours.....

    Pour être allée au cinéma et au musée, à mon avis c'est moins risqué que d'aller à l'épicerie ou à la pharmacie.

    Mardi, je me suis précipitée dans une librairie, juste au cas un illuminé affirmerait que bouquiner c'est dangereux. J'ai fait des <<provisions>> C'est bien beau l'épicerie la pharmacie mais il faut nourrir l'esprit.
    Je bouquine en respectant le deux mètres, avec un masque il va sans dire, dans les règles de l'art.

    Et la ministre de la culture, elle est où ??

  • Suzanne-G Chartrand - Abonné 1 octobre 2020 09 h 18

    Moi, non plus, je ne comprends pas

    Merci pour votre texte que j'en dosse totalement. Cette décision est inacceptable, mais pourquoi a-t-elle été prise ???

    • Louise Collette - Abonnée 1 octobre 2020 17 h 12

      Parce que la culture c'est pas important, le bouc émissaire idéal dès que ça va mal, dans le cas qui nous occupe on ferme.
      Quant à l'argent destiné à la culture c'est s'il en reste.

      Du n'importe quoi. Du <<gouvernage>> à la petite semaine, disons au 28 jours.....