Mieux que le revenu minimum garanti

«Les efforts de construction d’un revenu minimum garanti doivent plutôt se concentrer sur ceux qui ne bénéficient pas des revenus minimums garantis actuels», pense l'auteur.
Photo: iStock «Les efforts de construction d’un revenu minimum garanti doivent plutôt se concentrer sur ceux qui ne bénéficient pas des revenus minimums garantis actuels», pense l'auteur.

La mise en place de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) a relancé le débat sur le revenu minimum garanti (RMG). D’ailleurs, la Commission Jeunesse du Parti libéral du Québec (CJPLQ) propose que le parti intègre un RMG dans son programme.

Heureusement, la CJPLQ ne propose pas un RMG qui offrirait un montant égal pour tous les citoyens. En plus de générer des coûts exorbitants, ce type de RMG serait inéquitable pour les citoyens les plus pauvres.

Par exemple, le Comité d’experts sur le revenu minimum garanti a établi en 2017 que regrouper l’ensemble des prestations offertes par le gouvernement du Québec représenterait 878 $ par année par habitant, un montant insuffisant pour les personnes sans emploi. Augmenter ce montant à 6000 $ (imposable) par année, soit moins que ce qui est pourvu par l’assistance sociale, coûterait plus cher que l’ensemble des sommes actuellement investies en éducation, qui constituent plus de 25 % du budget du gouvernement du Québec.

La réflexion sur le RMG doit donc proposer des solutions plus innovatrices. Pour ce faire, il faut reconnaître que certains groupes de la population sont déjà adéquatement protégés par nos politiques sociales et pallier les lacunes de notre filet social.

Les personnes âgées et les familles sont déjà admissibles à une forme de revenu minimum garanti. Une personne de plus de 65 ans qui n’a jamais occupé un emploi rémunéré recevra au minimum 18 348 $ par année grâce au Supplément de revenu garanti et à la Sécurité de la vieillesse. Du côté des familles, plusieurs programmes visant à réduire la pauvreté chez les enfants constituent une forme de revenu de base.

Par exemple, selon les calculs de la Chaire de recherche en fiscalité et finances publiques de l’Université de Sherbrooke, une personne célibataire avec un enfant en bas âge dont le revenu brut est de 35 000 $ par année recevra des allocations fédérales et provinciales de près de 16 700 $.

Nul besoin de faire table rase et de remplacer ces programmes qui réduisent davantage la pauvreté et les inégalités que la plupart des propositions de RMG, et ce, à coût moindre. Les efforts de construction d’un RMG doivent plutôt se concentrer sur ceux qui ne bénéficient pas des revenus minimums garantis actuels.

Pour ce faire, le gouvernement fédéral pourrait élargir la couverture de l’assurance-emploi, puisqu’à peine 42 % des Canadiens sans emploi y ont droit — à noter que, jusque dans les années 1990, une bien plus grande proportion des chômeurs était admissible au programme. D’ailleurs, le gouvernement n’aurait peut-être pas été contraint de créer la PCU en catastrophe si l’assurance-emploi avait couvert 80 ou même 100 % des chômeurs.

Coopération

Le mois dernier, le gouvernement Trudeau a indiqué qu’il comptait accroître l’admissibilité de l’assurance-emploi. Si la réforme est ambitieuse, elle pourrait offrir un revenu minimum garanti, même si temporaire, à toutes les personnes qui perdent leur emploi.

Mais puisque l’objectif d’un revenu de base vise à offrir un revenu décent à l’ensemble des citoyens, qu’ils travaillent ou non, un RMG ne peut reposer que sur l’assurance-emploi.

Kourtney Koebel et Dionne Pohler de l’Université de Toronto ont proposé une réforme intéressante à partir de l’assistance sociale et des suppléments de revenu déjà en place. Elle consiste à offrir un revenu de base à tous les Canadiens, équivalant à l’assistance sociale de chaque province (9300 $ par année au Québec), et à bonifier les salaires des moins fortunés.

Chaque dollar gagné est bonifié de 50 cents, jusqu’à ce que le revenu total atteigne le seuil de pauvreté. Puis, l’ensemble de l’aide diminue à mesure que le salaire augmente, pour devenir nulle quand le salaire atteint environ 40 000 $. Cette bonification aux suppléments de revenu augmenterait l’incitatif à travailler et éliminerait la pauvreté chez les travailleurs à faible revenu.

Cette réforme coûterait 90 milliards de dollars par année. Pour la financer à coût nul, l’élimination de certains crédits d’impôt et du montant personnel de base, soit le montant du salaire de chacun exempt d’impôt, est privilégiée par les autrices de l’étude.

Un tel système n’est toutefois pas une panacée. À cause des diminutions des crédits d’impôt, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap en sortiraient perdantes. Il serait donc nécessaire de leur offrir une compensation, ce qui augmenterait les coûts du programme. De plus, le sort des personnes assistées sociales ne serait pas amélioré, puisqu’elles recevraient les mêmes prestations qu’à l’heure actuelle, ce qui, à mon avis, est insuffisant.

Finalement, en raison des responsabilités partagées en matière de protection sociale et d’imposition, la proposition de Koebel et Pohler implique une forte coopération fédérale-provinciale, un défi s’il en est un !


 
32 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 13 août 2020 03 h 17

    Les sociétés doivent payer leur juste part d'impôts comme tout le monde.

    Si les GAFAM et les multinationales de ce monde payaient leur juste part d'impôts, la pauvreté serait éliminée. C'est la fiscalité qui a besoin d'être réhabilitée pour faire payer les sociétés et les riches récalcitrants qui pratiquent l'évitement fiscal.
    De plus, il faudrait ralentir la générosité et la largesse du Québec en matière de subventions aux sociétés privées sans conditions préalables. Aussitôt qu'elles reçoivent les subventions, les sociétés ferment leurs portes ou elles délocalisent. Une trahison flagrante avec la bénédiction de nos gouvernements!

    • Francois Ricard - Abonné 13 août 2020 07 h 11

      Les plus grosses entreprises au Québec ne paient pas ou peu d'impôt. Ils ramassent 85% des revenus.
      La petite et la moyenne entreprise, bien que récoltant que 15% des revenus totaux d'entreprise, paient plus d'impôt que les grandes entreprises.
      Et quand on suggère de taxer plus la grosse entreprise, on nous dit, elles vont sacrer le camp.
      Je vois Bell laisser ici toutes ses infrastructures et nous quitter...
      Je vois la banque de Montréal, la Scotia, la RBC remettre tous les dépôts qu'ils ont à leurs client pour s’en aller....
      Avoir peur de pareilles balivernes, ça fait pitié

    • Nadia Alexan - Abonnée 13 août 2020 11 h 49

      À monsieur Ricard: Il faut arrêter d'avoir peur du chantage des multinationales qu'elles vont partir si elles sont obligées de payer leur juste part d'impôts.
      Selon une étude sérieuse publiée par le journal prestigieux The Guardian: «If you tax the rich, they won't leave: US data contradicts millionaires' threats».
      https://www.theguardian.com/inequality/2017/nov/20/if-you-tax-the-rich-they-wont-leave-us-data-contradicts-millionaires-threats

    • Jean-Yves Arès - Abonné 14 août 2020 12 h 38


      "Si les GAFAM et les multinationales de ce monde payaient leur juste part d'impôts, la pauvreté serait éliminée."

      Que d'illusion Mme. Alexan !

      Depuis quand fait-on tomber les masse d'argent du haut la pyramide des répartions de revenus pour les tomber directement dans les mains de la couche tout au bas des moins nantie ?

      Vous croyez vraiment que la classe moyenne-aisée vas laisser passer ces $ devant elle sans tous faire pour mettre les deux mains dessus ?

  • Christian Montmarquette - Abonné 13 août 2020 07 h 53

    L'urgence est à l'aide sociale

    Revenu minimum ou pas, la toute première priorité devrait être accordée à l'augmentation de l'aide sociale pour quiconque dispose d'un minimum de conscience sociale et d'un minimum d'humanisme.

    Les prestations d'aide sociale sont à 640$ par mois pour une personne seule au Québec. Soit deux à trois fois en dessous du seuil de pauvreté selon le MPC (Mesure du panier de consommation).

    https://cdn.iris-recherche.qc.ca/uploads/publication/file/Revenu_viable_2020_WEB.pdf

    En bon français, ça s'appelle de la «violence économique» étatisée.

    Une violence telle, qu'elle réduit l'espérance de vie de 11 années selon Oxfam et engendre des coûts de santé et de services sociaux évalués à plus de 17 millards par année au Québec*.

    - Quand allons-nous enfin nous décider à mettre fin à cette hécatombe qui perdure depuis des décennies dans un Québec qui se targue encore d'être une société sociale-démocratie et qui n'est finalement ni l'une ni l'autre.

    * Référence :

    Centre d'Étude sur la Pauvreté et l'Exclusion (CEPE) :

    LES COÛTS DE LA PAUVRETÉ AU QUÉBEC
    SELON LE MODÈLE DE NATHAN LAURIE

    5. Conclusion : Nous avons ici appliqué pour le Québec le modèle d’estimation des coûts de la pauvreté, développé par Laurie (2008). L’application du modèle tient compte des sources de données disponibles. Les résultats de l’analyse suggèrent que, sur les dimensions évaluées, la pauvreté coûte à l’ensemble de la société québécoise entre 15,7 et 17,0 milliards de dollars annuellement..

    https://www.mtess.gouv.qc.ca/publications/pdf/CEPE_Cout_pauvrete.pdf

    • Patrice Soucy - Abonné 13 août 2020 16 h 57

      On se calme le pompom avec la violence. En bon français le mot a un sens. Les prestation sont insuffisantes et obligent à tricher, on le sait. L'aide est chiche mais ce n'est pas une "violence". Pour le reste, hormis une poignée de fraudeur, ce sont par définitions des gens incapables de travailler et il n'est pas si surprenant que l'espérance de vie soit plus basse. Moi aussi j'aimerai une société plus juste et je me ferais très bien à l'idée scandaleuse d'un revenu maximal "garanti". Pour faire avaler la pilule, l'excédent serait versé dans un fondation aux choix du contribuable touché par cette mesure, mais tirée d'une liste officielle de causes profitables à l'ensemble de la communauté.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 août 2020 22 h 27

      @ Patrice Soucy,

      "L'aide est chiche mais ce n'est pas une "violence". - Patrice Soucy

      Calmez-vous le pompon vous-même.

      Je n'ai que faire de votre condescendance.

      Si la pauvreté engendre plus de 5 milliards par année en coûts de santé au Québec, c'est qu'elle attaque l'individu autant dans sa santé mentale, physique que sociale tant et si bien qu'elle réduit même l'espérance de vie de 11 ans.

      Et il n'y a qu'à peine 3% de fraude à l'aide sociale.

      Cessez de colporter vos préjugés et informez-vous avant de vous ouvrir la trappe et de dire n'importe quoi.

      À peine 3% de «fraudes» à l’aide sociale - Le Devoir

      https://www.ledevoir.com/politique/quebec/417843/a-peine-3-de-fraudes-a-l-aide-sociale

    • Jean-Yves Arès - Abonné 14 août 2020 13 h 10

      Je suis parfaitement d'accord monsieur Momtmarquette.

      Je ne suis pas un fan des arguments du type "coûts de la pauvreté" puisqu'il qu'il fait miroité "que cela coûterait moins cher", et stimule le maintient des présentes façons d'aborder le sujet. Au prix que sont rendu les loyers un revenu 700$ par mois offre au mieux une vie de misère et marginalise fortement.

      Pour ceux qui doutent il faut rappeler que "Bon an mal an, la société d’État fait parvenir plus de 120 000 avis d’interruption de courant à ses clients mauvais payeurs."

    • Christian Montmarquette - Abonné 14 août 2020 15 h 29

      Heureux de constater que nous sommes au moins d'accord là-dessus M. Arès.

      Venant de votre part, je salue votre geste bien bas,

  • Cyril Dionne - Abonné 13 août 2020 09 h 10

    Non merci, on passe

    Après avoir relu cette lettre, il semble qu’on prend les gens pour des idiots. Pensez pour une seconde qu’en redistribuant l’aide sociale et en augmentant le revenu associé que cela ne coûtera pas plus cher aux contribuables, est d’une frivolité et d’une inconscience digne d’une missive d’un département des sciences sociales. Les revenus moyens garantis sont la meilleure façon d’encourager l’oisiveté chez les prestataires. On l’a vu avec la PCU, la plupart des gens préfèrent rester chez eux à ne rien faire que de travailler. Élargir la couverture de l’assurance-chômage serait aussi une autre façon de s’assurer à des gens préférant vivre sur le BS que d’aller travailler. Et il s'agit d'une assurance-chômage et non une assurance d'emploi.

    Toutes ces mesures proposées coûtent des argents que nous n’avons pas, en tout cas la classe moyenne parce que c’est elle qui subventionne tous ces généreux programmes. Avec la PCU, le gouvernement fédéral s’endette par centaines de milliards. Il en serait de même avec une assurance-chômage élargie et un revenu moyen garanti. Cela coûterait bien plus que 90 milliards si on chaque dollar gagné serait bonifié de 50 cents, jusqu’à ce que le revenu total atteigne le seuil de pauvreté et que l’ensemble de l’aide diminue à mesure que le salaire augmente, pour devenir nulle quand le salaire atteint environ 40 000 $. Ce qu’on propose carrément, c’est un système communiste où tous on à près le même revenu même si certains ne font rien et d’autres se démènent comme des diables dans l’eau bénite pour améliorer leur situation. Cela n’a fonctionné nulle part.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 août 2020 11 h 32

      @ Cyril Dionne

      "Les revenus moyens garantis sont la meilleure façon d’encourager l’oisiveté chez les prestataires." - Cyril Dionne

      Il m'apparait bien téméraire parler de l'oisiveté des autres, quand on passe le plus clair de son temps à inonder les pages du Devoir de ses commentaire à l'année longue.

    • Cyril Dionne - Abonné 13 août 2020 15 h 51

      Bien mon cher M. Montmarquette, je suis à la retraite sans dépendre de qui que ce soit. Je n'ai jamais collecté d'assurance chômage ou bien de bien-être social tout en payant des tonnes d'impôts et de taxes pour subventionner les autres.

      En passant, vous inondiez le Devoir de vos commentaires avant que les gens vous disent ce qu'ils en pensaient. Vous vous faites très discret ces temps-ci. lol

    • Marc Therrien - Abonné 13 août 2020 17 h 50

      M. Montmarquette,

      N’avez-vous pas déjà entendu comme moi que les personnes défavorisées ou démunies sont pauvres en argent, mais riches en temps libre qu’elles pourraient rendre disponible à la société? M. Dionne, comme enseignant retraité, a sûrement ce privilège d’être moyennement riche en argent en plus d’être riche en temps libre qu'il offre à la communauté des lecteurs du Devoir.

      Marc Therrien

    • Nadia Alexan - Abonnée 13 août 2020 19 h 41

      À monsieur Cyrille Dionne: Les vrais paresseux de ce monde, les vrais parasites de la société sont ceux et celles qui passent leur temps à jouer à la bourse et à ne pas payer leur juste part d'impôts. C'est le gourou des investissements, Warren Buffet, qui le dit: «Aujourd'hui, les 10% les plus riches du monde possèdent 85% de la richesse mondiale, selon le Global Wealth Report 2018 du Credit Suisse. Et à mesure que le système de marché continue de se spécialiser, «les riches deviendront encore plus riches», a déclaré Buffett.» «Les riches sont définitivement sous-taxés par rapport à la population générale.»
      Brigitte Alepin, fiscaliste de renommée dit la même chose dans son livre: «Bill Gates, Pay Your Fair Share of Taxes Like We Do.»
      S'appuyant sur sa connaissance approfondie des systèmes fiscaux au Canada, aux États-Unis, en France et ailleurs, Alepin fournit une explication en coulisse de ce qui s'est produit pour créer un écart énorme dans les recettes publiques: «Au cours des vingt dernières années, les grandes entreprises, les super-riches et les fondations privées ont trouvé de nombreux moyens d'éviter d'être imposés. Ce trou noir dans les revenus du gouvernement, ... représente chaque année des milliards de dollars de pertes de revenus. Comme Alepin le démontre à l’aide de données provenant d’organisations internationales de premier plan, ces milliards de milliards manquants contribueraient grandement à permettre aux gouvernements du monde d’équilibrer leurs comptes.»

    • Cyril Dionne - Abonné 13 août 2020 22 h 05

      Alors Mme Alexan, personne ne vous empêche de payer plus d'impôts parce que c'est de cela qu'il s'agit dans ce billet. Personne. Si vous voulez qu’on augmente vos impôts, on est tous persuadés que Revenu Québec se fera un plaisir de puiser des argents dans votre compte.

      Le revenu minimum garanti serait subventionné par la classe moyenne tout simplement. Lâchez-nous avec les 10% les plus riches du monde qui possèdent 85% de la richesse mondiale. On appelle cela les traités de libre-échange des biens, services et la libre circulation des personnes. Ce sont les mondialistes, vous savez, les citoyens du monde et de nulle part, qui ont causé ces milliards de milliards de manque à gagner dans les caisses des différents gouvernements et la relocalisation des bons emplois dans des pays du tiers monde. On parle du Québec et de mettre en place un système qui s'apparente plutôt à un régime communiste avec le RMG tout en augmentant les taxes de la classe moyenne. Pardieu, les taxes provinciales au Québec sont les plus élevées de toutes les provinces au Canada et pourtant le filet social n’a pas pu empêché le désastre de la COVID-19 et le 675 décès par million de population, un des totaux les plus haut du monde. Essayez maintenant Montréal qui approche le cap des 2 000 morts par million. Et où est l’enquête promise sur le désastre des CHSLD qu’on appelle aujourd’hui des mouroirs avec vos anges avec des ailes de tôle M. Legault? Elle est où cette enquête?

      En passant, j'ai fait mes études en Ontario et on paie le double sinon le triple pour les frais de scolarité. Je connais cela être un étudiant pauvre et je me suis jamais plains ou apitoyé sur mon sort tout comme les autres étudiants ontariens qui avaient d’autre chose à faire que des grèves inutiles.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 août 2020 22 h 16

      Un passage de l'article que Cyril Dionne devrait lire (et qu'il n'a sans doute pas lu par paresse) pour être aussi peu informé du sujet de la pauvreté et dont il ose parler sans rien n'y connaitre.

      Car la pauvreté est si vile qu'elle ne permet pas de s'intégrer et de travailler, puisqu'il est très difficile de s'intégrer quand on est en constant état d'urgence et dépourvu de tout, et ce, contrairement aux préjugés entretenus par ce genres de réactionnaires qui ne trouvent rien de mieux à faire que de s'attaquer aux plus démunis de notre société.

      Comme le mentionne cet article sur "Le revenu viable 2020", c'est le trop bas niveau de revenu, et donc, la pauvreté en elle-même qui constitue un obstacle au travail, et un obstacle qu'il faut justement briser par une importante bonification de notre filet social désuet depuis des décennies et qui engendre une pauvreté qui nous coûte collectivement plus de 17 milliards par année par dessus le marché:

      «La loi québécoise définit la pauvreté à son article 2 comme la «condition dans laquelle se trouve un être humain qui est privé des ressources, des moyens, des choix et du pouvoir nécessaires pour acquérir et maintenir son autonomie économique ou pour favoriser son intégration et sa participation à la société ».

      https://cdn.iris-recherche.qc.ca/uploads/publication/file/Revenu_viable_2020_WEB.pdf

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 août 2020 22 h 59

      "Je suis à la retraite sans dépendre de qui que ce soit."- Cyril Dionne

      Si je comprends bien, comme enseignant, vous avez tété les mamelles de l'État, et donc, notre richesse collective autant que les BS et les chômeurs finalement. Et on ne parlera pas de votre fameuse "femme médecin", elle-même engraissée à raison de 350,000$ par année minimum de deniers publics.

    • Nadia Alexan - Abonnée 13 août 2020 23 h 15

      Une fois de plus, vous n'avez pas compris ce que je dis, monsieur Dionne. On veut faire payer les entreprises qui ne payent pas leur juste part d'impôts, pas les citoyens qui payent déjà.
      Lisez le livre de Brigitte Alepin: «Ces riches qui ne paient pas d'impôts.»
      «Alors qu’un simple citoyen verse en moyenne 60 % de ses revenus pour payer ses impôts et les taxes à la consommation, tandis que les plus riches ont accès à une panoplie d’outils fiscaux pour contourner, voire annuler des milliards de dollars d’impôts à payer, il y a tout lieu de parler d’un scandale de société.»

    • Christian Montmarquette - Abonné 14 août 2020 04 h 07

      "Vous vous faites très discret ces temps-ci..." - Cyril Dionne

      Je constate que vous me suivez de près.

      Merci de m'accorder autant d'attention.

      Mais j'ai autre chose à faire que de tourner en rond autour du débat sur le port du masque quand il fait 30o ensoleillé.

    • Cyril Dionne - Abonné 14 août 2020 08 h 34

      Non M. Montmarquette, comme enseignant, je n’ai pas « tété » les mamelles de l'État québécois. J’ai enseigné en Ontario et notre plan de pension en est un privé qui ne tête pas la mamelles de n’importe lequel état, Teachers’ oblige. En d’autres mots, nous nous sommes payés nous-mêmes notre pension, pas le gouvernement.

      Et pensez-vous que les enseignants québécois sont des « têteux » qui dépendent de la manne du gouvernement? Comment expliquer alors que plus de 25% d’entre eux quittent la profession dans les premières 5 années? Après, on se demande pourquoi Québec solidaire ne vole pas plus haut que 9% dans les sondages.

      Et non, je ne vous suis certainement pas, mais vous n’êtes plus à commenter dans les articles où je commente. De toute façon, lorsque je vois votre nom, j’aime bien rire. Vous savez, l’humour, c’est bon pour la santé.

    • Christian Montmarquette - Abonné 14 août 2020 12 h 57

      @Cyril Dionne,

      "Comme enseignant, je n’ai pas « tété » les mamelles de l'État.."

      - Cyril Dionne

      Après un p'tit calcul et en vous accordant le minimum, soit, 50,000$ par année comme enseignant et 350,000 $ par année pour votre "fameuse femme médecin".. Vous vous serez engraissé de 10 millions en 25 ans sur le bras de l'État et des taxes et des impôts des contribuables.

      Faut être un méchant Séraphin pour traiter les chômeurs de paresseux et prétendre qu'ils abusent de l'État, quand on s'est gavé de la sorte soi-même à même les deniers publics.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 14 août 2020 13 h 27

      @ Dionne, " j'ai enseigné en Ontario et notre plan de pension en est un privé qui ne tête pas la mamelles de n’importe lequel état, Teachers’ oblige "

      Désolé mais la Teachers aussi s'est attablé aux mamelles de l'État pour balancer son régime de retraite en manque d'argent. Je sais que la Teacher a longtemps signalé a ses cotisants que le régime se devsait d'être balancé, soit par des cotisations supplémentaires, soit par des diminutions de rentres. L'intention était bonne, mais c'était sans compter qu'en cas de crise le lobbysme syndicale serait très actif... et pas trop visible.

      Le principe de rente a prestation déterminées ne peut pas être équitable. Même pas pour des régimes public comme celui de la RRQ.

      Cela ne peut pas être équitable puisque cela implique un principe économique ou la stabilité économique d'une part des individus soit de la responsabilité de tous, incluant des gens qui n'y ont pas droit, ou alors qui n'y auront pas droit.

    • Cyril Dionne - Abonné 14 août 2020 14 h 56

      @ Arès

      « Désolé mais la Teachers aussi s'est attablé aux mamelles de l'État pour balancer son régime de retraite en manque d'argent. »

      C’est totalement faux. Pardieu que vous êtes mal renseigné. Teachers’ ne passe pas son temps à donner de l’argent à des compagnies comme Bombardier ou le Cirque du soleil. Une grande partie du succès de Teachers’ depuis sa création en 1990 peut être attribuée à une gestion intelligente et à une perspicacité financière plutôt qu’aux contributions du gouvernement, qui n’ont représenté que 12% de son financement. 77% de la croissance de ses actifs, soit environ 99,7 milliards de dollars, provient de rendements toujours impressionnants sur ses investissements.

      Enfin, à la fin de l'exercice de 2019, le plan retraite de Teachers’ avait plus de 209 milliards en actif pour environ 329 000 enseignants retraités ou travaillant encore (c’est probablement plus en août 2020). En comparaison, la Caisse de dépôt et placement du Québec avait un actif de 333 milliards en août 2020 pour tous les travailleurs publics du Québec, soit 552 000 cotisants et 282 000 retraités pour un total de 824 000 dépendants pour le Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics, 164 000 cotisants et 98 000 retraités ou conjoints survivants pour un total de 262 000 pour le Régime supplémentaire de rentes pour les employés de l’industrie de la construction du Québec et 28 000 cotisants et 32 000 retraités pour le Régime de retraite du personnel d’encadrement qui fait un total de 60 000 cotisant et retraités. Si on additionne tous les cotisants et retraités, cela fait plus de 1 146 000 de personnes qui dépendent du 333 milliards de la Caisse de dépôt. Et des 333 milliards, il faut soustraire le Fonds de la santé et de la sécurité du travail, le Fonds d’assurance automobile du Québec et le Fonds des générations qui représentent plus de 40 milliards de moins pour les retraités.

    • Christian Montmarquette - Abonné 14 août 2020 15 h 37

      "Ce qu’on propose carrément, c’est un système communiste.." - Cyril Dionne

      Il est assez hilarant de voir Cyril Dionne crier encore... Au communisss!!! ...alors que lui-même et sa "fameuse femme médecin" se sont eux-mêmes gavés à même les systèmes étatisés de santé et d'éducation publics directement inspirés du modèle socialiste. ...lol!...

    • Christian Montmarquette - Abonné 14 août 2020 22 h 10

      @Cyril Dionne,

      "Après, on se demande pourquoi Québec solidaire ne vole pas plus haut que 9% dans les sondages." - Cyril Dionne

      Il est assez cocasse de voir Cyril Dionne mépriser la sociologie d'un bord de la gueule et se référer aux statistiques (un élément majeur de la sociologie) de l'autre pour soutenir son propre argumentaire.

      Ceci dit, depuis que nous débattons l'un contre l'autre sur cette tribune, son parti, le PQ, est passé de 54 députés en 2012, à 9 députés en 2018. Alors que Québec solidaire est passé 2 députés en 2012 à 10 députés en 2018.

      Si j'étais Cyril Dionne, je me garderais une p'tite gène avant de m'accuser de faire du tord à mon parti.

      Parce que, selon les résultats, ce serait plutôt le contraire qui se produit.

    • Cyril Dionne - Abonné 14 août 2020 23 h 19

      @ Montmarquette

      Donc à Québec solidaire, on est contre ceux qui font des études. Wow!

      Et désolé encore si Teachers' est 250% plus efficace que la Caisse de dépôt et placement du Québec en fait de rendement pour leurs membres respectifs. C'est ce qui arrive lorsque tout est socialisé; l'incompétence et la bureaucratie vont de pair. On l'a vu avec les systèmes de santé et d'éducation au Québec. Ils ont failli lamentablement durant la pandémie avec leur nombre record de décès chez les plus vulnérables (3e au monde après la Belgique et le Pérou) et une éducation en ligne tout à fait absente ou inadéquate.

      Alors vous pouvez imaginer un système communiste tel que QS propose. C'est la pauvreté assurée pour tous. Là, ils auront l'égalité qu'ils recherchent. Tout le monde sera dans la @$%#&.

      Misère.

  • Gilles Théberge - Abonné 13 août 2020 09 h 31

    Que va-t'on faire des milliers voire des centaines de milliers de personnes dont on aura plus besoin en raison de la mécanisation du secteur industriel ? Il faudra bien qu'ils aient des revenus...

    • Brigitte Garneau - Abonnée 14 août 2020 02 h 07

      Très bonne question.

    • Christian Montmarquette - Abonné 14 août 2020 21 h 57

      @ Gilles Théberge,

      "Que va-t'on faire des milliers voire des centaines de milliers de personnes dont on aura plus besoin en raison de la mécanisation du secteur industriel ? Il faudra bien qu'ils aient des revenus..." - Gilles Théberge

      C'est le premier questionnement intelligent que vous posez depuis que je vous entend déblatérer vos sottises partisanes sur Québec solidaire depuis des années.

      Alors que la gauche de Québec solidaire (et même de l'UFP son ancêtre), est "LE SEUL" parti au Québec qui propose un revenu minimum garanti, et ce, depuis 2002 (18 ans!).

      Alors que "votre parti", le PQ, qui se prétend toujours social-démocrate a toujours abandonné les plus démunis.es avec une aide sociale deux fois en dessous du seuil de pauvreté durant les 22 ans où il a été au pouvoir et aurait pu changer les choses.

      Et pour qui donc allez-vous voter aux prochaines élections ?

      C'est bien beau de se poser des questions.

      Mais ça demeure du blabla et des voeux pieux si les bottines ne suivent pas les bottines.

    • Christian Montmarquette - Abonné 14 août 2020 22 h 44

      .. si les bottines ne suivent pas les babines.. évidemment.

  • Philippe Mérel - Inscrit 13 août 2020 16 h 07

    Vision simpliste du revenu de base

    L'auteur se contente d'examiner le coût brut d'un revenu de base (tant de $ par personne) alors qu'une telle réforme se doit d'être accompagnée d'un changement majeur de l'impôt sur le revenu des particuliers pour la financer, le revenu de base devient alors un impôt négatif.

    Voir ce billet pour une ébauche des calculs: https://philippemerel.wordpress.com/2017/04/02/1000-par-mois-non-imposable-ca-vous-tente/