Un test pour l’humanité

«Le sort de l’Inde, du Brésil, de l’Afrique du Sud doit nous interpeller au plus haut point», soutient l'auteure.
Photo: Mahesh Kumar A. Associated press «Le sort de l’Inde, du Brésil, de l’Afrique du Sud doit nous interpeller au plus haut point», soutient l'auteure.

Nous sommes en guerre contre un ennemi invisible. Ça nous rend inquiets même si nous nous efforçons de garder le moral. Nous sommes parfois impatients et intolérants. C’est humain : on cherche les coupables. Mais il n’y a d’autre coupable que ce virus microscopique qui attaque sans discernement. On ne sait pas combien de temps on va devoir s’enfermer chez soi quasiment à temps plein. On garde espoir, mais on soupçonne que ça pourrait être long.

Devant la guerre, n’importe quelle guerre, nous ne sommes pas égaux. Il y a celles et ceux qui disposent de plein de ressources… et les autres. Il y a chez nous des personnes pauvres, isolées, craintives. Mais nous avons de la chance : au Québec, notre population a résisté aux gouvernements qui ont tenté de décimer nos services publics. Heureusement, ils n’ont pas complètement réussi ! Nous constatons aujourd’hui que sans un système de santé gratuit, sans des services sociaux relativement bien organisés, sans des milliers d’organismes communautaires subventionnés, nous aurions d’immenses difficultés à combattre la COVID-19 et tous les dommages collatéraux qu’elle engendre — économie fragilisée, écoles fermées, organismes culturels sous respirateur artificiel.

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Françoise David

Fermons un instant nos yeux et imaginons la situation des millions de nos sœurs et frères humains dans les pays aux prises avec des guerres, des famines, une économie chancelante, des gouvernements dictatoriaux ou corrompus. Des femmes, des hommes, des enfants, des personnes âgées sont déjà et seront touchées par la pandémie dans des contextes favorables à une propagation à large échelle.

Ici, nous pouvons encore manger convenablement, nous loger décemment pour la majorité d’entre nous, faire appel à des organismes d’aide et de soutien, nous avons de l’eau, de l’électricité. Ailleurs, là où la guerre ou la famine a tout détruit, cette guerre complexe et sournoise contre le coronavirus risque de devenir apocalyptique.

Dans des pays en guerre, des millions de gens vivent dans des villes sinistrées, ou marchent sur des routes surpeuplées sans plus savoir où aller. C’est le cas, en ce moment, d’un million de Syriens désemparés et sans ressources. Que vont-ils devenir ?

Dans les camps de réfugiés, les conditions déplorables de logement et le manque d’infrastructures sanitaires mettent à risque des millions de personnes, surtout des enfants.

Tous concernés

Le coronavirus a fait plus de 50 000 décès dans le monde et plus d’un million de personnes sont infectées. Je suggère donc que nous prenions conscience de notre interdépendance avec l’humanité tout entière. Quand nous avons commencé à entendre parler de coronavirus, nous nous sommes dit : c’est loin, la Chine ! Et nous avons continué à voyager. Puis l’Italie a été lourdement affectée. Après un pincement au cœur — c’est plus proche, l’Italie —, nous avons vaqué à nos occupations. Puis le virus nous a attaqués de plein fouet en même temps que dans plusieurs pays, dont les États-Unis. La question aujourd’hui est : après nous, qui ?

La réponse : tout le monde, partout. Ça nous concerne, car nous ne fermerons pas nos frontières indéfiniment. Le sort de l’Inde, du Brésil, de l’Afrique du Sud doit nous interpeller au plus haut point. Celui aussi de nos voisins américains. Dans ce pays si riche, les injustices sociales sont persistantes et le système de santé scandaleusement inégalitaire. Que va-t-il arriver à la population américaine ?

Vous me direz : qu’y pouvons-nous ? Et n’avons-nous pas assez de soucis comme ça ? Oui, nous avons des soucis, des inquiétudes, et plusieurs parmi nous éprouvent des difficultés réelles. Alors, oui à la solidarité entre nous, au Québec. Cette solidarité peut aussi inclure des populations plus mal prises. Pas seulement par humanité, répétons-le, mais par intérêt. Oui, intérêt ! Car si l’on s’imagine pouvoir recommencer à vivre tranquillement alors que la planète bascule dans une maladie meurtrière, en particulier dans les nombreux pays en manque de ressources sanitaires, nous nous illusionnons. Dans une pareille situation, le virus reviendra par la porte arrière, défiant frontières et armées.

Alors, on fait quoi ? On exige que nos gouvernements répondent à l’appel du secrétaire général de l’ONU qui demande un effort international de 2 milliards pour parer au plus pressé. Par exemple, fournir aux pays pauvres des équipements médicaux, des masques, des stations de lavage. Deux milliards, ce n’est rien pour les pays riches qui en dépensent bien plus, en ce moment, pour leur propre population. Seulement aux États-Unis : 2000 milliards ! On demande aussi aux gouvernements des pays riches une aide substantielle au développement des pays en développement où les inégalités sont insupportables. Une aide à l’agriculture de proximité, au développement des services publics, au développement d’emplois pour les jeunes.

Ici, chez nous, on a une pensée pour nos concitoyens et concitoyennes issus de l’immigration et dont les familles, laissées derrière, manquent souvent de ressources pour combattre la maladie. Un mot gentil, un geste amical, une réponse aux appels à l’aide qui viendront, c’est à notre portée.

Finalement, une fois la crise passée ici, nos gouvernements auront le devoir de se pencher sérieusement sur les conditions de vie des réfugiés dans des camps surpeuplés et sous-équipés. On devra aussi accueillir. En prenant des précautions sanitaires, nous pouvons offrir une place chez nous à des personnes qui ne veulent que vivre décemment et en paix. Ce serait la moindre des choses, un test pour nous, pour une solidarité réelle. Un test aussi pour l’humanité.

23 commentaires
  • Robert Bernier - Abonné 3 avril 2020 08 h 41

    On ne peut plus d'accord avec vous

    Vous écrivez: "Nous constatons aujourd’hui que sans un système de santé gratuit, sans des services sociaux relativement bien organisés, sans des milliers d’organismes communautaires subventionnés, nous aurions d’immenses difficultés à combattre la COVID-19 et tous les dommages collatéraux qu’elle engendre — économie fragilisée, écoles fermées, organismes culturels sous respirateur artificiel."

    Dans une lettre que j'ai envoyée au Devoir, mais que le journal n'a pas retenue pour publication, j'écrivais: "La crise de 2008 nous l’avait déjà montré. Ce qui se passe cette année à travers le monde nous le confirme de façon absolument magistrale. L’ÉTAT EST LÀ POUR RESTER. Les penseurs de l’école de Chicago et leurs émules à la Maxime Bernier ici n’ont qu’à aller se rhabiller. En 2008-2009, les banques nationales ont dû se saigner à blanc pour sauver les « too big to fail » et tant de magouilleurs de tous ordres. Cette année encore, les gouvernements, i.e. les contribuables, i.e. vous et moi, allons encore nous saigner à blanc pour empêcher l’économie mondiale de s’effondrer. J’espère que nous nous en rappellerons la prochaine fois qu’un Donald Trump ou un Boris Johnson ou un Maxime Bernier appellera au démantèlement de l’État."

    Michel David a publié une belle chronique, hier, intitulée: "Un moment charnière". L'épreuve que nous traversons présentement, dans laquelle on nous montre que les États PEUVENT s'organiser et trouver l'argent qu'il faut quand il le faut, pourrait ... devrait ... se transformer en occasion de prise de conscience de notre interdépendance planétaire, et nous pousser à devenir le meilleur de ce que nous pouvons être. Et, pour rebondir sur le texte de Françoise David, peut-être que le commencement serait d'empêcher NOS entreprises, ici, d'entretenir les conflits ailleurs. C'était d'ailleurs le coeur de la politique étrangère sous Mulcair mais, malheureusement, nous avons eu Trudeau et les contrats de livraison pour l'Arabie Saoudite.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 avril 2020 10 h 03

      Vous êtes peut-être d'accord avec Françoise David, mais pas la grande majorité des Québécois qui m'inclut. Personne n'aura à appeler ua démantelement de l'État, il n'en restera plus grand chose après les crises.

      Bon, cecit dit, mère Théresa vient nous faire la morale. Le mot « solidarité », qui rime avec Québec solidaire, revient partout, on imagine, pour nous culpabiliser. Misère.

      Avec cette pandémie qui frappe partout et qui ne vient que débuter, on nous parle déjà de faire un effort international alors que les ressources viendront à manquer ici. Nous sommes présentement sur un Titanic mondial et les vœux pieux contribueront à faire plus de victimes que d’en sauver. On parle des Nations unies qui ne sont qu’une collection de pays qui vivent aux dépens de ceux qui sont plus riches. En plus, les Nations unies qui sont corrompues jusqu’à la moelle, ne manque jamais une occasion pour nous traiter de tous les noms lorsque nous mettons en place des lois qui font la promotion de la laïcité, vous savez, ce moteur progressiste qui nous propulse hors des sentiers des fables et fabulation des idéologies politico-religieuses.

      A posteriori, nous ne pourrons pas contribuer des milliards à la planète puisque nous devrons nous sortir de la crise économique qui sévira lorsque nous allons avoir un meilleur contrôle sur cette pandémie. L’inflation, le chômage et les dettes exorbitantes gouvernementales seront au rendez-vous. Le filet social en prendra pour son rhume. Pardieu, il ne restera plus grand-chose dans la Caisse de dépôt du Québec, le bas de laine des Québécois.

      En fait, la solidarité n’existe pas dans la réalité humaine. Ce n’est qu’une assemblée d’égoïstes ou chacun reste avec les autres pour sauver sa peau. Et aujourd’hui, avec la distension sociale nécessaire pour enrayer un virus d’une ampleur sans précédent, le mot « solidarité » perd toutes ses plumes lorsque vous voyez des idiots se réunir dans les parcs ou faire des assemblées religieuses pour prier.

    • Robert Bernier - Abonné 3 avril 2020 11 h 56

      @ Cyril Dionne

      Vous écrivez très justement: "A posteriori, nous ne pourrons pas contribuer des milliards à la planète puisque nous devrons nous sortir de la crise économique qui sévira lorsque nous allons avoir un meilleur contrôle sur cette pandémie. L’inflation, le chômage et les dettes exorbitantes gouvernementales seront au rendez-vous. Le filet social en prendra pour son rhume."

      Mais c'est justement là qu'il faudrait un effort de "solidarité" internationale. Tout comme on appelle présentement à une position internationale face aux GAFAM de ce monde pour qu'ls paient honnêtement leurs taxes et impôts, il semble qu'il serait judcieux de travailler en solidarité internationale pour s'opposer au "dumping fiscal" de certains pays, dumping qui limite la puissance de manoeuvre des États.

      Vous écrivez: "En fait, la solidarité n’existe pas dans la réalité humaine. Ce n’est qu’une assemblée d’égoïstes ou chacun reste avec les autres pour sauver sa peau." On peut se contenter d'être défaitistes ici ou, au contraire, décider de saisir cette occasion pour faire ce que nous savons depuis longtemps devoir faire. Et je ne parle pas de révolution anticapitaliste, à quoi je suis aussi allergique que vous semblez l'être. Lisez les (trop) longs livres de Thomas Piketty et vous verrez que le capitalisme n'a pas toujours été le capitalisme financier prédateur qu'il est en ce moment. Et que, même au moment où les États providence fleurissaient, i.e. d'environ 1945 aux années Thatcher-Reagan (les années 80), malgré des niveaux d'impôts élevés affectant les plus riches, il y avait forte croissance économique partout et sortie de la pauvreté d'un nombre important de personnes partout dans le monde.

      On n'est pas obligés d'être défaitistes. On peut voir dans ce moment planétaire une bifurcation qu'on peut rendre profitable.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 avril 2020 13 h 04

      *IMPORTANT*

      Pour ajouter, après avoir écouté conférence de presse de l’Ontario sur la COVID-19, voici les faits saillants :

      Ils prévoient que la pandémie durera de 18 à 24 mois. Elle serait probablement suivie d’une 2e vague et possiblement d’une 3e.

      Ils prévoient, et ceci dans le meilleur des scénarios possibles avec la distension sociale et que les citoyens y adhèrent, entre 5 000 et 15 000 morts en Ontario.

      Ils prévoient aussi que les services de santé en Ontario, et encore ceci dans le meilleur des scénarios, seront submergés à la fin du mois d’avril et au début du mois de mois de mai et ne pourront pas suffire aux nombres de personnes atteints de la COVID-19.

    • Hélène Paulette - Abonnée 3 avril 2020 13 h 11

      Quelle tristesse, monsieur Dionne, que la grande majorité des québécois soient d'accord avec vous...

    • Cyril Dionne - Abonné 3 avril 2020 16 h 57

      Il y aura l'avant et l'après COVID-19. Et l’après devra attendre puisque nous en avons pour au moins 18 mois avec cette pandémie. Nous embarquons dans un monde nouveau présentement et personne ne peut prédire l'avenir. Ceci étant dit, un renouveau mondial inclus les GAFAM et toutes les multinationales aux abris fiscaux. Elles ne seront plus tolérées par qui que ce soit. Apple devra produire ses p’tits téléphones chez nous ou aux USA.

      C'est le retour des nations et les frontières comme les bonnes clôtures, font toujours les meilleurs voisins. Nous allons retourner à produire ce que nous avons de besoin pour notre société chez nous. Fini le mondialisme qui nous a apporté rien de bon pour la classe moyenne avec la délocalisation des industries et maintenant, un virus mortel et destructeur. Je suis aussi persuadé que l’Union européenne vit ses derniers moments.

      Nous devons revenir au capitalisme rhénan où les entreprises ont une responsabilité envers l’état et la société. Là-dessus M. Bernier, nous sommes d’accord.
      Mais non au socialisme et au communisme à la Québec solidaire qui ont été très néfaste pour la majorité de leurs citoyens partout sur la planète. Le mondialisme a été l’héritage des néolibéralistes qui ont imposé un capitalisme sauvage où tous on été perdants sauf une infime minorité à la hauteur du 1%.

      Vous savez, il y a une hécatombe qui se prépare en Suède avec un gouvernement socialiste qui a emprunté la voie de l’immunité de groupe sans penser que l’immunité était peut-être temporaire puisqu’il y aura selon les experts médicaux de l’Ontario, au moins une 2e vague peut-être suivie d’une 3e. Ils n’ont pris encore mesure de distension sociale et les écoles sont ouvertes avec les restaurants. Misère. Le vaccin et ou les vaccins à venir sont encore loin pour inoculer toutes les populations.

    • Cyril Dionne - Abonné 3 avril 2020 17 h 28

      Chère Mme Paulette,

      La majorité des Québécois vivent dans le même espace-temps que moi et non pas au pays des licornes mondialistes à gauche toute. C’est bien beau la solidarité internationale qui rime avec le communisme international, mais les gens ne sont plus là. Et ne le seront certainement pas d’ici deux ans lorsqu’on essaiera de rapiécer notre économie et qu’il faudra faire toute sorte de coupures dans les services sociaux. Si vous pensez que l’austérité sous le régime de Philippe I dit de Couillard était grave, vous n’avez rien vu.

      Ceci dit, il faudrait porter attention sur ce qui s’est dit par les responsables du ministère de la santé de l’Ontario aujourd’hui. Ils ont été francs et honnêtes avec les gens durant la conférence de presse. Nous allons vivre ce cauchemar épidémiologique pendant quelques années encore et les vagues de ce virus se suivront les unes aux autres. Il y aura beaucoup de décès au sein de notre population et les services de santé risquent de déborder très rapidement. J’espère que tous vont prendre au sérieux cette crise maintenant et suivre à la lettre les directions du gouvernement pour mieux se protéger. En Ontario, sans les mesures qu’ils ont prises a priori, on parlait de plus de 100 000 morts en moins de deux ans.

      Et j’espère sincèrement que vous ne vivez pas sur l’île de Montréal puisque c’est une hécatombe en préparation. Disons poliment qu’à la fin de cet exercice, ils n’auront plus rien à envier aux citoyens de New York. SVP, la quarantaine pour Montréal tout de suite.

    • Hélène Paulette - Abonnée 3 avril 2020 21 h 52

      Non, monsieur Dionne, les gens ne sont plus là et c'est justement pourquoi nous en sommes là aujourd'hui... Je suis habituée aux ricanements de gens comme vous. Vous auriez dû entendre ce dont on nous affublait en tant qu'indépendantistes début "60. Si les gens que vous admirez obtiennent vraiment ce qu'ils veulent, vous allez déchanter. Si rien ne change pour le mieux ce sera pour le pire... Vous croyez vraiment qu'il n'y a que la Chine pour contrôler les populations? Vous ne croyez tout de même pas qu'on ne vous lave pas le cerveau... Pourquoi, en période de pandémie, est-on à installer la 5G croyez-vous? Pourquoi laisse-t-on Israël violer impunément les droits humains et voler chaque jour un peu plus de territoire palestinien? Pourquoi la France, l'allemagne et le Canada se sont-ils opposés à une enquête du CPI et laissé Israël expulser les observateurs de l'ONU? Parce qu'ils sont les grands spécialiste du contrôle des populations, reconnaissance faciale et tout le tintouin. C'est ça qui est ça!
      En passant, je ne vis pas sur l'île, je suis peinarde mais pas assez cinique pour parler du sort des montréalais comme vous le faites. Et les newyorkais, qui ont généralement beaucoup d'empathie, ne méritent certainement pas leur sort non plus. Quel cynisme monsieur Dionne...

    • Hélène Paulette - Abonnée 3 avril 2020 22 h 07

      Et j'ajouterai, monsieur Dionne, que si le Québec et Montréal ont été si laxistes en ne mettant pas les cas posiitifs en quarantaine fermée, en ne testant pas les voyageurs, pour ne pas entraver le traffic aérien. On a pris le temps que votre bien-aimée économie et Wall Street en prennent bien la mesure.
      En passant, le virus n'est pas chinois, il a éclos à peu près en même temps aux usa...

  • Gilbert Troutet - Abonné 3 avril 2020 09 h 02

    Ce sera difficile

    Excellente réflexion, Madame David. Cependant, ce sera difficile de penser aux populations éloignées quand il y aura déjà tant à faire ici.

    Cela dit, comme l'écrivait Victor Hugo, « c'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches.» Exemple : quand nos minières canadiennes, toutes inscrites à la Bourse de Toronto, exploitent sans vergogne des pays sans défense, il y a lieu de se poser des questions. Et quand Alain Deneault tire la sonnette d'alarme (Noir Canada), une riche minière canadienne s'arrange pour le faire taire.

    Il faut espérer que la crise actuelle permette une prise de conscience, à bien des niveaux, notamment penser à d'autres armes que les ogives et les bombes pour assurer la sécurité de tous. Sécurité alimentaire, humaine et sociale. Si l'on admet aujourd'hui que tous les humains sont égaux, par ailleurs il y a toujours des pays qui se croient plus égaux que les autres. C'est encore Victor Hugo qui disait : « On fait la charité quand on n'a pas su imposer la justice.»

  • André Savard - Abonné 3 avril 2020 10 h 13

    L'envers de ladite "solidarité"

    La perspective de madame David entre dans la logique d'un monde qui rouvrira ses frontières pour mieux fluidifier les hommes, les ressources et l'argent. Il y a de l'humanisme béat dans son appel à recevoir des réfugiés qui ne souhaiteraient que vivre en paix. Les gens arrivent avec leurs schémas culturels et dans un univers communautariste, ils cherchent à en imposer la légitimité. Les exemples de frontières intérieures que produit l'hétérogénéité culturelle dans les pays hôtes sont légions. Aider oui d'accord, mais cessons de penser que dans une grande symbiose on vient chercher naturellement chez nous une conception de l'égalité des sexes, du français langue commune, etc. En traitant le pays hôte comme un terrain vague où des canards migrants viennent faire leur nid et qui aboutit à la considération égale des pratiques et habitudes des uns et des autres, le communautarisme produit un réflexe défensif bien compréhensible chez les peuples.

  • Réal Boivin - Inscrit 3 avril 2020 10 h 21

    ATTENDONS DE SAVOIR SE QU'IL RESTERA POUR NOUS APRÈS LA PANDÉMIE.

    Nos gouvernements dépensent d'énormes sommes d'argent pour essayer de maintenir les canadiens et les québécois la tête hors de l'eau.
    Restera-t-il quelque chose après la pandémie qui devrait durer plusieurs mois? Nul ne le sait.

    Françoise David et ses consoeurs qui préfèreraient laisser mourir les nôtres pour aller au secours de populations étrangères qui se fouttent carrément de nous, ne méritent pas notre solidarité nationale.

    Allez-y donc en Inde, en Afrique et où vous voulez, mais foutez la paix aux canadiens et aux québécois qui ont et auront pour longtemps de gros problèmes de survie.

  • Loyola Leroux - Abonné 3 avril 2020 10 h 42

    Sauver le monde, au pays de ‘’L’amour du pauvre’’ !

    Tout au long des XIXe et XXe siècles, le Québec catholique a envoyé des milliers de sœurs, frères, pères, missionnaires, tres religieux, répandre la bonne nouvelle dans tous les pays du monde. Les petits francophones ne savaient ni lire, ni écrire, qu’à cela ne tienne, il était plus important de sauver les Chinois avec la ‘’Sainte-enfance’’. J’ai acheté en 1955, des cartes avec la photographies d’une petite chinoise, $0.25, pour qu’elle soit baptisée.
    Madame David, que Pierre Falardeau appelait affectueusement ‘’Mère Thérèsa David’’, nous enjoint de sauver le monde, rien de moins. Ne serait-il pas temps qu’elle laïcise sa vision du monde ? Il est bien dommage que le ‘’Loi sur la laïcité de l’État’’ adoptée par la CAQ en 2019, n’inclut pas la laïcisation des visions du monde, des pratiques hygiéniques moderner de nos ‘’hommes tres pieux’’, de l’AMM, des taxes religieuses sur la nourriture, de toute la gauche en général, anti-frontières, etc.
    Ici même au Québec, nous avons connu le décès d’Aurore la ‘’Martyre de Granby’’ et plus récemment celui d’un jeune garçon de 2 ans, autochtone, qui ‘’avait des champignons et du pu dans le visage.’’ Ne pourrions-nous pas garder le meilleur de la religion catholique, pour qui ‘’La charité bien ordonnée, commence par soi-même.’’

    • Marc Pelletier - Abonné 3 avril 2020 15 h 30

      Le penser, passe encore, mais le dire comme vous le faites dépasse l'entendement.

      Comme le dit M. Dionne, si une majorité de québecois pense comme vous, le Québec, pays libre en devenir pour plusieurs, ne serait pas sorti du bois !