Quand Québec solidaire veut réécrire l’histoire

L'auteur croit que «Québec solidaire a sciemment saboté la dernière tentative d’ériger une coalition indépendantiste».
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir L'auteur croit que «Québec solidaire a sciemment saboté la dernière tentative d’ériger une coalition indépendantiste».

Dans Le Devoir du samedi 4 janvier 2020, un des dirigeants de Québec solidaire, André Frappier, a gauchement tenté d’exonérer son parti de tout blâme pour l’échec de la tentative, en 2017, d’unir tous les partis souverainistes québécois autour d’une même démarche vers l’indépendance.

M. Frappier était membre du Comité de coordination de QS — l’instance suprême qui dirige le parti et donne ses consignes aux « porte-parole » — au moment où les négociateurs de son parti, d’Option nationale, du Bloc québécois et du Parti québécois signaient une feuille de route commune sur le mode d’accès à l’indépendance. Les négociateurs de QS, dont le porte-parole masculin, Andrès Fontecilla, faisaient valider leurs positions par leComité de coordination de QS à chacune des étapes de la négociation, qui a duré plusieurs mois.

Ce document commun allait donner un signal important de rassemblement des souverainistes et un élan nouveau au mouvement. Dans l’hypothèse où QS ou ON remportait l’élection de 2018, ils pourraient mettre en oeuvre immédiatement les éléments de la feuille de route, conformément à leurs programmes. Dans l’hypothèse où le PQ prenait le pouvoir, il s’engageait à préparer le terrain dans un premier mandat et à faire de l’élection suivante, de 2022, le point de départ de la feuille de route, conformément à son programme.

La veille de la conférence de presse prévue pour rendre publique cette entente de principe, M. Frappier et, on le suppose, la majorité des membres du Comité de coordination ont décidé de renier l’entente et de désavouer leur porte-parole Fontecilla, qui a dû patiner ferme devant les journalistes pour expliquer ce retournement.

L’ex-cheffe syndicale de la CSN, Mme Claudette Carbonneau, qui avait coordonné les négociations au nom du Oui Québec, a commenté comme suit les explications de M. Fontecilla : « Le porte-parole d’une organisation sent le besoin de dire à la presse qu’il a mal interprété son mandat et qu’il y a “des écarts”. Écoutez, c’est pas tous les jours qu’on voit ça ! »

La porte-parole féminine de QS, Manon Massé, qui n’avait joué aucun rôle dans les négociations, a pour sa part indiqué par voie de communiqué : « nous reconnaissons qu’il y a eu un certain imbroglio dont nous devons assumer la responsabilité dans ce dossier ».

Les faits sont têtus, et le révisionnisme historique de M. Frappier n’y changera rien.

Réussir l’indépendance réclame la construction d’une coalition large qui doit réunir plus de 50 % des Québécois, d’accord sur l’idée d’avoir un pays, mais souvent en désaccord sur d’autres sujets. C’est ce qui s’appelle additionner.

L’histoire du mouvement souverainiste retiendra qu’en 1995, Jacques Parizeau du PQ, Lucien Bouchard du Bloc et Mario Dumont de l’ADQ avaient su additionner. Qu’en 2016 le PQ, Option nationale et le Bloc avaient su additionner. Mais que Québec solidaire, lui, a sciemment saboté la dernière tentative d’ériger une coalition indépendantiste.

L’auteur a publié l’an dernier Qui veut la peau du Parti québécois ?, où il relate plus en détail ces événements et il produit des balados politiques et historiques à laboitealisee.com.

84 commentaires
  • Simon Grenier - Abonné 6 janvier 2020 04 h 25

    M. Lisée, vous avez complètement délaissé les questions sociales et ne vous concentrez plus que sur la politique partisane, n'est-ce pas? À qui la faute des chicanettes entre partis, ce n'est ni intéressant, ni pertinent pour la population.

    Votre boniment du jour me fait bien penser à mon ex, qui justifiait la nomination d'un Nicolas Girard, défaut aux élections, à la tête de l'AMT - bien que n'ayant aucune expérience ni compétence démontrée pour occuper cette fonction - par le fait que "les Libéraux l'ont fait tant de fois, le PQ peut bien le faire aussi!" Mais cet argument ne vaut rien: et la population, là-dedans, les utilisateurs du transport en commun? Leurs intérêts? Nulle part.

    Tout comme votre diatribe-qui-ne-veut-pas-mourir contre Québec Solidaire. Il faut être deux pour danser (ou pour s'enfarger) et le bon peuple n'a rien à voir dans vos disputes administratives partisanes et très puériles. Gardez les stratégies pour votre petite gang et utilisez plutôt vos nombreuses tribunes pour faire avancer des idées constructives. On en a bien besoin en cette ère de gouvernement comptable (technicien-comptable, pas CPA...) qui ne sait pas même pas compter.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 6 janvier 2020 08 h 35

      Merci beaucoup, M Lisée, pour un compte rendu clair et factuel. Vous, au moins, vous n'avez pas d'araignées dans le grenier.

    • Cyril Dionne - Abonné 6 janvier 2020 08 h 48

      Encore les questions sociales. Pardieu, le Québec forme la société la plus égalitaire qui soit dans un système démocratique sur la planète. Ce que veut Québec solidaire, c’est tout simplement un système communiste qu’ils appellent « progressiste ». Lorsqu'on parle de gratuité scolaire, d’ augmentation des prestations d'aide sociale, la réduction des tarifs de transport en commun, d’une assurance dentaire pour tout le monde, d’un système de retraite public, la construction de 12,000 logements sociaux, l'augmentation du nombre de paliers d'imposition subventionnée par la classe moyenne, la nationalisation des banques et des ressources naturelles et j’en passe, nous en sommes à l’aube d’un système communiste avec nos islamo-gauchistes de QS.

      Ce n’est pas une révolution communiste que les gens veulent, mais un pays qui inclut tout le monde, même ceux à droite de l’échiquier politique. Ce changement de système politique proposé par nos illuminés de QS a été essayé partout sur la planète et ont eu les mêmes résultats exécrables. Pensez au Venezuela,à Cuba, au Nicaragua, la Bolivie, la Corée du nord, la Russie et même la Chine avant que l’empire dictatorial communiste en devienne un capitaliste.

      Ceci dit, Québec solidaire n’a jamais été intéressé par l’indépendance. C’est un leurre qu’ils utilisent afin d’aller chercher le vote des francophones. Peine perdue, ils sont bons derniers dans les sondages présentement et leur support diminue comme une peau de chagrin. Les gens ont appris à les connaître et maintenant qu’ils sont devenus sérieux, ils sont rejetés par plus de 90% des Québécois.

      Alors, pour la p’tite lettre mélancolique d’André Frappier, qu’elle passe son chemin. QS n’a jamais voulu s’allier aux forces souverainistes. Ils veulent le pouvoir afin de créer leur régime autocratique de gauche. Les Québécois ne sont plus là. Sur cela, M. Lisée a bien raison. C’est eux le problème et ils sont contre l’émancipation du Québec aux pays des nations.

    • Louise Melançon - Abonnée 6 janvier 2020 09 h 10

      Permettez-moi de vous dire, Monsieur, que vous n’êtes pas du tout à la hauteur de la parole prise par Monsieur Lisée pour rapporter les faits.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 6 janvier 2020 09 h 44

      @ M. Grenier

      On parle ici d'une page d'histoire; et non pas de "questions sociales"."Les questions sociales", c'est un autre débat.

      L'auteur de cette lettre cite des noms et des faits.

    • Jean-François Trottier - Abonné 6 janvier 2020 11 h 29

      M. Grenier, la prochaine fois essayez donc de vous préoccuper un tout petit peu des faits énumérés plutôt que d'attaquer le messager.

      Facile de taper sur la tête d'une personne qui a perdu. Vous le faites en vrai champion de la petite méchanceté.
      Ce qu'on voit ici c'est surtout votre incapacité à accepter la diversité des points de vue, mais aussi votre grandiose condescendance envers "le bon peuple", dont vous décidez des besoins, sans parler de cette frilosité narcissique qui voudrait que vous soyiez parfa ou rien. Élitisme de foire caractéristique des embrigadés de QS qui se croient originaux-toutes-pareils-égal.

      L'équipe dirigeante QS est formé d'une bande de menteurs prétentieux et ignares, qui ne méritent que de démissionner. Ne voyez-vous pas votre poutre. pourtant pétaradante et urticante?

      Je ne vais pas vous demander l'honnêteté intellectuelle tout de même, alors un peu de retenue peut-être?

    • Jean-François Trottier - Abonné 6 janvier 2020 11 h 46

      Au sujet de Nicole Girard, M. Grenier, mon expérience en administration me dit que souvent il est plus important d'avoir en place une personne qui nous représentera et saura choisir ses collaborateurs, plutôt qu'un "petit génie" qui fait tout, tout seul, et ne communique rien. Ceux-là, on les range derrière leur bureau sans leur donner de responsabilités. Impossible d'avoir la moindre coordination avec eux.

      C'est du même ordre que les ministres qui n'ont aucune compétence particulière pour un domaine se retrouvent quand même à sa tête.
      Question de confiance. Quand on veut faire le ménage, on ne prend jamais quelqu'un du milieu, pour éviter les préjugés et accointances.
      Mais bon, vous préférez votre simplisme débilitant. Votre choix. Assumez-le.

      QS, si féru de représentativité qu'il est prêt à imposer le vote proportionnel pour des personnes qui n'auront même pas à se faire connaître, i.e. des apparatchiks, devrait comprendre en quoi ça peut avoir de l'importance d'avoir des contacts solides sur place, même pour une PM.

    • Jacques Houpert - Abonné 6 janvier 2020 12 h 06

      Le commentaire de Lisée n'a rien de partisan. Il ne fait que mettre en évidence la tactique suicidaire de QS dans sa démarche vers l'indépendance. Suicidaire autant pour QS que pour le Québec.

      En effet, pour QS, mieux vaut rester dans le Canada pour convaincre 50% des Québécois d'adhérer au programme de QS que de promouvoir une sortie du Canada suivie d'une mise en oeuvre du programme de QS.

      Le Canada serait, selon QS, un environnement plus propice à sa démarche politique qu'un Québec indépendant.

      Face à la réalisation de son programme, QS aurait intérêt à mieux évaluer l'obstacle que constitue le Canada et celui que constituerait un Québec devenu indépendant.

      Pour QS, une indépendance sans lendemains qui enchantent ne peut être qu'une indépendance qui déchante. C'est présumé de l'impossibilité pour QS de promovoir et de mettre en oeuvre son programme dans un Québec devenu "malencontreusement" indépendant. C'est présumé que le programme de QS ne peut s'élancer de son tremplin qu'en aval et non en amont de l'indépendance.

      L'attente risque d'être longue pour QS et pour le Québec. Une attente suicidaire.

    • Christian Montmarquette - Abonné 6 janvier 2020 12 h 08

      @Cyril Dionne,

      "La nationalisation des banques".. les gens veulent, mais un pays qui inclut tout le monde.."- Cyril Dionne

      Dans sa diatribe habituelle, Cyril Dionne dit encore n'importe quoi.

      Québec solidaire ne propose pas la nationalisation DES banques, mais la création D'UNE banque nationale d'État, plutôt que de laisser 100% des banques au privé.

      Et si vous tenez tant à un Québec qui inclut tous Québécois, ce n'est certainement pas en abandonnant dans l'exclusion sociale le million de citoyens qui vivent sous le seuil de pauvreté au Québec que vous allez le faire.

      " Québec solidaire n’a jamais été intéressé par l’indépendance. C’est un leurre..." - Cyril Dionne

      En 50 ans d'existence, le PQ a toujours refusé d'investir un seul denier d'argent public dans l'indépendance en prétendant du même souffle que c'est sa priorité. Alors que Québec solidaire propose d'y investir 560 millions. 560 millions d'argent public pour un "leurre". Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça fait beaucoup d'argent pour un leurre.

      "Québec solidaire prévoit 560 M$ pour une assemblée constituante et un référendum" - TVA

, 9 septembre 2018

      https://www.tvanouvelles.ca/2018/09/09/qs-cesserait-de-contribuer-au-fonds-des-generations

      D'autre part, UN sondage ne prouve rien du tout. Par exemple, l'assurance dentaire de QS est appuyée par 76% des Québécois et l'augmentation des impôts des plus riches endossée par 65% des Québécois selon un sondage Léger diffusé sur TVA.

      « La proposition de Québec solidaire d’augmenter les revenus du Québec de 12 milliards en adoptant un nouveau régime fiscal pour augmenter les impôts des riches a été appuyée par 65 % des personnes interrogées. »- TVA, 6 septembre 2018

      https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1119129/populaires-slogan-electoral-quebec-solidaire

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 6 janvier 2020 19 h 11

      @ J P Marcoux Votre " caricature" écrite d'aujourd'hui ...vous vaut mille " bravos " de ma part.
      L'araignée dans le grenier. ;-) Vraiment bien placée... dans votre commentaire.
      Et on dira que la caricature est à la baisse... On en veut encore...

      Et aussi un bon papier de JF Lisée....si seulement ce dernier avait fait fi des ses conseeillirs du temps..

    • Anne Arseneau - Abonné 6 janvier 2020 21 h 37

      M. Grenier, La division du vote indépendantiste depuis la venue de QS a permis aux Libéraux d'être au pouvoir pratiquement pendant 15 ans. Difficile de plus malmener les «questions sociales» - notamment la santé, l'éducation et les soins aux aînés - que ça ! Les Solidaires ne sont solidaires que de leur petite clique totalement inconsciente que l'enfer, pour bien du monde, est pavé de leurs bonnes intentions..

      C'est pathétique...et révoltant !

    • Simon Grenier - Abonné 7 janvier 2020 06 h 12

      Je comprends surtout qu'il faut cesser de regarder l'arbre partisan et considérer la forêt québécoise - le monde, les gens, ceux qui, contrairement à vous, ne réfléchissent pas à ces questions. Le bon peuple. Pour amener les gens à s'intéresser à son discours, il faut garder les chicanes de famille en famille. Les commentaires (et quolibets - encore une fois puérils même si raffinés) déclinés ici, en plus d'être usés, tournent autour des mêmes thèmes récurrents: la mécanique électoraliste, les calculs politiques, les doigts accusateurs et les ré-explications historiques de ré-explications historiques. Qu'on m'explique en quoi cela est intéressant pour quiconque préfère les discussions constructives et - justement - collectives et inclusives, pour quiconque préfèrerait, par exemple, tenter un nouveau rapprochement avec QS puisque toute la détresse du monde semble en dépendre ou, surtout, pour le citoyen lambda qui ne sait même pas c'est quoi, Québec Solidaire. Celui qui "veut juste travailler et être avec sa famille (ou pas)" - mais qui doit voter, lui aussi. Il y a loin de la coupe aux lèvres avant qu'on puisse parler d'indépendance en tant que telle, ne trouvez-vous pas? Observation aussi éloquente qu'ironique: les défenseurs de M. Lisée semblent reprocher à ses détracteurs des traits de personnalité qu'ils ont en commun avec lui... à méditer.

    • Simon Grenier - Abonné 7 janvier 2020 06 h 32

      @M. Trottier: Je suis entièrement d'accord avec vous que les qualités personnelles d'une personne sont amplement plus importantes que son expérience en reproduction de modèles théoriques lorsque vient le choix d'un dirigeant. Mais si c'est le cas, une nomination importante n'est pas justifiée parce que "d'autres personnes ont fait cette chose discutable alors nous nous arrogeons ce droit bien que nous le condamnions", elle est justifiée parce que c'est une personne compétente. Voilà un argumentaire court mais pertinent. J'attaquais plus tôt le discours entourant la nomination et non la nomination elle-même.

      Je profite de cette réplique pour souligner que mon opinion à l'endroit de Québec Solidaire ou de ses dirigeants n'est pas plus tendre, ce qui aurait clairement changé la teneur de nombreux commentaires. Je m'en prends ici au geste de M. Lisée de publier cette lettre maintenant. Constatez que je ne me suis attaqué à aucun "fait historique", que ni moi ni personne n'a remis en question.

      Profitez aussi de cette occasion d'entendre sans la rejeter une rare voix du bon peuple ouvrier qui se fait entendre dans un milieu qui souhaite agir en son nom, tiens.

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 janvier 2020 14 h 10

      @Anne Arseneau,

      "La division du vote indépendantiste depuis la venue de QS a permis aux Libéraux d'être au pouvoir pratiquement pendant 15 ans. Difficile de plus malmener les «questions sociales» - notamment la santé, l'éducation et les soins aux aînés - que ça !" - Anne Arseneau

      Le PQ n'a jamais eu besoin de personne pour perdre le pouvoir.

      Le PQ a perdu le pouvoir au profit des libéraux en 2003 et Québec solidaire n'existait même pas.

      Et pour la question sociale au PQ, on repassera.

      Dès son arrivée au pouvoir, le PQ, sous la direction de Jacques Parizeau, a commencé à mettre la hache dans la santé en annonçant la fermeture de plusieurs hôpitaux à Montréal et en région. Sept seront fermés sur l'île de Montréal. Le gouvernement du Québec a aussi introduit la fameuse réforme ambulatoire, débutée parmi les patients psychiatriques et étendue à tout le réseau de la santé.

      Le PQ c'est donc : Coupures dans l'aide sociale; déduction des pensions alimentaires aux enfants des prestations d'aide sociale; désinstitutionnalisation et mise à la rue des malades mentaux; 10 milliards par année de cadeaux aux banques et aux multinationales; 800 millions en cadeaux pour les multinationales minières étrangères en 2013; Appui au passage du pétrole sale bitumineux d'Enbrige; rejet de Pharma-Québec; éternels louvoiements sur la question nationale; augmentations records des tarifs d'électricité; dogme du déficit zéro; politiques d'austérité; attaques aux services publics par le retrait de 17,000 employés en Santé et en Éducation; attaque aux syndicats et coupures de 20% salaires de la fonction publique par René Lévesque ; développement du gaz de schiste à Anticosti; 5.6 millions de fraudes électorales; système de prête-noms avec SNS-Lavalin; rejet du scrutin proportionnel en 2011; trahisons d’engagements électoraux : maintien de la taxe-santé; augmentation des frais de scolarité.

    • Simon Grenier - Abonné 7 janvier 2020 16 h 50

      Mme Melançon: je ne me suis attaqué à aucun fait, plutôt à une attitude et à un comportement. Veuillez reformuler votre propos d'une façon qui me soit adressée.

    • Simon Grenier - Abonné 7 janvier 2020 16 h 53

      @M. Granchamp: Un jour, M. Denis Coderre, alors maire de Montréal, est allé casser une dalle de béton fraîchement coulée par Postes Canada pour protester contre une initiative de la Société de la Couronne. C'est un fait. Est-ce une page d'histoire?

      Oui, une petite page de la petite histoire. Autrement, c'est de l'enflure de vocabulaire.

    • Simon Grenier - Abonné 7 janvier 2020 16 h 59

      @Mme Sévigny: en tout respect, la caricature n'est pas celle que vous pensez. Ou du moins, il y en a de multiples versions.

      Avez-vous déjà entendu parler du stéréotypique militant du PQ vieillissant, à la tête grise, dogmatique et déconnecté des changements sociaux des 10, 15 dernières années et qui empêche le Parti Québécois d'adopter des positions ou une plateforme qui interpellerait suffisamment de gens pour, par exemple, remporter ne serait-ce qu'une seule élection? Ce n'est qu'une caricature, un préjugé.

      Mais tsé. Empiriquement, les observations concordent pas mal.

  • Yvon Montoya - Inscrit 6 janvier 2020 06 h 43

    Amusant surtout pas convaincant.

    • Jean-François Trottier - Abonné 6 janvier 2020 10 h 23

      M. Montoya, je suppose que vous n'écrivez ceci qu'en vertu de l'auteur, l'une des cibles les plus faciles du Québec.
      Bin quin! Il a pardu, on peut varger!

      Les faits étalés restent la réalité. Difficile de trouver des arguments contre ça. Lors, vous visez le messager. Pathétique.

      C'est aux cris de "racistes" que les membres de QS ont voté non. Stupidité à base de préjugés à vomir. QS fait dans l'ordure.

      Les meneurs de QS n'ont même pas pris leurs distance avec ces cris débiles! C'est en partie pourquoi je sais maintenant jusqu'à quel point leur "inclusivité" est de la pure frime, qui fait pendant à une exclusivité totale en matière d'opinion.
      Les ceusses qu'ont pas la "bonne" opinion, on peut les traiter n'importe comment. C'est l'Ennemi, de classe si vous voulez, mais surtout de la Grande Kause.
      Leur argument, "respecter la démocratie"? En vraie démocratie on a non seulement le droit mais l’obligation de s'exprimer.

      Ça ne s'arrête pas là.
      Dans son discours de clôture du congrès de Longueuil, Massé a cru bon de souligner que l'indépendantisme de QS est différent de l'ancien parce qu'il n'était pas "z'identitaire"!!

      Venant d'un Parti qui déteste la diversité d'opinion, qui ose même se vanter de cohérence tant verticale, dans l'idéologie, qu'horizontale, dans la parfaite unanimité de ses troupes, de gens qui ont besoin de se coller à leurs pareils et d'avoir les mêmes ennemis commun pour se croire parfas, partageant une novlangue bariolée de moralisme aigu et une volonté exacerbée de tout contrôler...

      La définition que Massé a donnée de l'indépendance est la même que celle du PQ, en plus borné. Du moralisme tendancieux.

      Au même moment QS a promis une "force de paix" mixte, civilo-militaire, comme dans les pires dictatures du monde. Faut vraiment se croire "les bons" pour pondre des monstruosités pareilles!
      Contrôlite bourrée de condescendance de QS pour la masse tout juste bonne à être "conscientisée".

    • Guy Ducharme - Abonné 6 janvier 2020 14 h 05

      @ Yvon Montoya. Amusant surtout pas convaincant? C'est un peu court, comme critique. Il est trop facile de qualifier négativement un texte, comme vous le faites, sans apporter aucun argument. M. Lisée n'a fait que rappeler les faits pour répondre à André Frappier qui a essayé de défendre l'indéfendable, soit le reniement, par QS, de sa propre signature. Le texte de M. Lisée montre bien que les porte-paroles de QS ont bien peu de pouvoir et que leur signature vaut ce qu'elle vaut, c'est-à-dire pas grand chose. Il ressort de tout cela que QS, en refusant de s'allier aux autres indépendantistes, place l'indépendance au bas de sa liste de priorités et est même prêt à saboter toute tentative d'union des forces souverainistes, surtout si le PQ est dans le décor. Alors en quoi est-ce amusant? En quoi les FAITS indéniables exposés par M. Lisée ne sont-ils pas convaincants? Vous devriez développer un peu votre pensée à ce sujet au lieu de lancer des qualificatifs, comme vous le faites, à la légère.

    • Simon Grenier - Abonné 7 janvier 2020 16 h 20

      @M. Trottier: force est de constater que vous opposez le même contre-argument à chaque opinion exprimée, sans égard à sa teneur. À une seule phrase, vous répondez par 8 paragraphes relativement étoffés mais sans lien avec l'affirmation initiale. Et surtout, de vagues commentaires sur le comportement de M. Lisée, vous passez immédiatement à des critiques pointues et spécifiques sur les dirigeants d'autres partis qui ne sont jamais mentionnés dans les quatre mots du commentaire qui vous fait réagir.

      Il est difficile de comprendre ce que vous tentez de nous dire sur les "bonnes" opinions et surtout, ce que vous pensez du texte de Lisée - qui est l'unique sujet dont il est question ici. Pour le bénéfice de tous, pourriez-vous recentrer votre commentaire?

    • Simon Grenier - Abonné 7 janvier 2020 16 h 38

      @M. Ducharme: ce qui est "amusant", c'est la ferveur avec laquelle beaucoup se lancent dans cette dispute de cour d'école. Pour citer une artiste acadienne beaucoup plus proche de la philosophe que de la ménestrel, Angèle Arsenault disait que: "Ce n'est pas à parler contre qu'on fait pour."

      Des "faits", il y en a une infinité qui est produite à chaque seconde. Tous ne sont pas cruciaux. Pendant que M. Lisée, ou quiconque, accuse encore et toujours Québec Solidaire - possiblement à raison, qu'en sais-je? - d'avoir volontairement, consciemment, ratoureusement, méchamment et comploteusement saboté la "convergence souverainiste", elle ne se fait pas, la dite convergence. Étonnant, n'est-ce pas? Elle était décrite comme primordiale, logique et innovatrice, quelques semaines avant les élections.

      Pis encore: rejeter entièrement et publiquement le blâme sur l'autre partie, que ce soit justifié ou non, c'est la meilleure façon de s'assurer que la collaboration que l'on prétend souhaiter ne se produise pas - à moins que l'objectif réel soit de créer des circonstances dans lesquelles on juge légitime de se plaindre et de crier son auto-victimisation? Dans tous les cas, ce genre de réflexion ne mène nulle part.

      Question ouverte: que veulent les gens qui commentent ici? Une convergence des forces souverainistes ou créer de toutes pièces un affrontement vindicatif basé sur des attaques personnelles et sans lien avec l'intérêt commun?

  • Denis Paquette - Abonné 6 janvier 2020 07 h 01

    peut être que le monde est trop complexe pour que nous en fassions un objectif précis

    il est évident que nous devons apprendre a retenir notre gout d'un pays , qui dans le fond semble une approche raisonnable l'histoire du monde n'est pasune approche que l'on peut manipuler comme bon nous semble

  • Raymond Labelle - Abonné 6 janvier 2020 07 h 02

    Le désaccord profond: l'indépendance comme but ou l'indépendance comme moyen.

    "Réussir l’indépendance réclame la construction d’une coalition large qui doit réunir plus de 50 % des Québécois, d’accord sur l’idée d’avoir un pays, mais souvent en désaccord sur d’autres sujets. C’est ce qui s’appelle additionner." JFL

    Le désaccord profond: pour l'un, le but premier est l'indépendance et pour l'autre, l'indépendance est un moyen pour appliquer un programme, le but premier étant l'application du programme.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 6 janvier 2020 08 h 37

      L'indépendance est un objectif pour tous ceux qui y croient comme un moyen de gérer librement le destin du peuple québécois.

    • Raymond Labelle - Abonné 6 janvier 2020 11 h 53

      Je référais à un programme plus précis d'orientation des politiques, quant auxquelles il est normal que des indépendantistes divergent - c'est pour cela que certains indépendantistes parlent de coalition.

    • Simon Grenier - Abonné 7 janvier 2020 16 h 41

      Probablement le point de vue le plus lucide qui ait été énoncé aujourd'hui. La nature humaine étant ce qu'elle est, aucun moyen n'est une fin en soi.

  • Marc Therrien - Abonné 6 janvier 2020 07 h 06

    Les faits n'appartiennent tous qu'au problème, non à sa solution- Ludwig Wittgenstein


    Ainsi, Québec Solidaire « a sciemment saboté la dernière tentative d’ériger une coalition indépendantiste » dont un des membres, le Parti Québécois ne voulait pas parler d’indépendance. On a donc deux versions de l'histoire selon que l'on s'attarde à la cause ou à l'effet.

    Se pourrait-il que pour espérer survivre une élection de plus, le PQ et son chef se soient piégés eux-mêmes en essayant de maintenir cette promesse de ne pas parler de référendum avant un deuxième mandat du PQ en 2022 tout continuant à dire que ceux qui sont encore intéressés par l’idée d’indépendance devaient sauter dans le train du PQ à l’élection de 2018? Probablement que c’est parce que les indépendantistes ont mal compris qu’ils ont alors manqué ce train. Et d’être mal comprises est souvent ce qui arrive aux personnes dites d’intelligence supérieure.

    Marc Therrien

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 6 janvier 2020 08 h 39

      Le PQ n'a jamais cessé de parler d'indépendance. C'est sa stratégie de la faire après un premier mandat qui n'a pas fonctionné.

    • Marc Therrien - Abonné 6 janvier 2020 12 h 24

      Et il semble que Jean-François Lisée, bien qu'il soit à ce qu'on en dit un redoutable stratège, à son grand regret, ne fasse plus partie de la solution.

      Marc Therrien

    • Raymond Labelle - Abonné 6 janvier 2020 13 h 13

      Les accusations contre JFL comme quoi sa stratégie constituait un abandon de la Cause étaient mal fondées.

      Depuis 1995, le PQ a toujours proposé une variation de la position des conditions gagnantes. Exceptions: les élections où André Boisclair (qui sollicitait de faire un référendum au premier mandat) était chef et celle où JFL était chef.

      Or, la position des conditions gagnantes mène presque nécessairement à ne pas faire de référendum. On peut le comprendre, car il serait irresponsable d'initier un référendum perdant. Et la population n'en veut pas - il a suffi que PKP lève le poing pour que l'erre d'aller du PQ aille dans l'autre sens et qu'il perde les élections de 2014.

      Curieusement, on aurait dit que plusieurs indépendantistes préféraient entendre "on va p'têt' ben en faire un" si des conditions improbables se présentent plutôt que - on va promettre de ne pas en faire dans un premier mandat et à l'élection suivante, on sollicitera un mandat de faire un référendum pendant ce mandat. Petite, en ce sens que le PQ n'aurait probablement pas été élu en disant qu'il ferait un référendum pendant le mandat qu'il sollicite. Mais JFL était à prendre le risque que si assez de gens votaient pour le PQ sachant cela au deuxième mandat, qu'il y aurait une base sur laquelle asseoir une campagne référendaire. Dans ce dernier scénario, bien qu'encore petite, la probabilité d'un référendum aurait été plus grande que dans les variations sur les "conditions gagnantes".

      Mais bon, du point de vue de la population, vue par la candidate ou le candidat qui fait du porte-à-porte en campagne électorale, ces préoccupations peuvent sembler ésotériques.

    • Gilles Théberge - Abonné 6 janvier 2020 17 h 15

      Le PQ n'est pas un parti suicidaire monsieur Therrien.

      Si le « deal » avait fonctionné, autrement dit si QS n'avait pas trahi sa parole, nous serions peut-être à un cheveu de l'Indépendance...

    • Simon Grenier - Abonné 7 janvier 2020 16 h 48

      Pour répondre aux commentaires au commentaire de M. Therrien sans répondre à M. Therrien... est-ce que la tentative ratée de convergence a eu la moindre influence dans les résultats des élections, est-ce que la question du référendum dans un premier ou deuxième mandat a réellement fait une différence?

      Au-delà du noyau dur, je n'ai entendu parler de ces considérations nulle part. Ni dans les médias, ni dans mon entourage - sauf dans les chambres d'écho souverainistes où je mets parfois les oreilles, évidemment. Bien que mon expérience soit anecdotique, j'ai peine à croire qu'il s'agissait d'une question importante.

      On a répété ad nauseam que la dernière élection fédérale en était une "écologiste", ce dont je ne suis vraiment pas convaincu. Idem pour la question de la convergence: il était principalement question de chasser les Libéraux, et rien d'autre.